Author: geert

  • Coronavirus. De Lijn : ‘‘Ne pas attendre les mesures de la direction’’

    Divers experts et médias recommandent fréquemment d’éviter les transports publics, en particulier aux heures de pointe. En combinaison d’une gestion de crise où la confiance fait défaut, cela provoque beaucoup d’anxiété chez les chauffeurs et le reste du personnel.

    Par un chauffeur

    De Lijn s’est vanté dans la presse que les véhicules seraient nettoyés quotidiennement. Beaucoup de collègues ont entendu ça avec colère. C’est faux. Au mieux, les véhicules sont rapidement balayés. Il est impossible d’effectuer un nettoyage adéquat après toutes les économies réalisées et le manque de personnel que cela implique dans les services de soutien et les services techniques.

    Un comité Covid19 a été créé à De Lijn, mais il ne comporte que des représentants de la direction et des médecins d’entreprise. Les représentants du personnel, les syndicats, en sont exclus ! La communication est principalement effectuée via l’intranet, ce qui est largement insuffisant. En outre, les mesures sont prises trop tard et reposent sur des considérations autres que la santé du personnel et des voyageurs.

    Le jeudi 12 mars, plusieurs CPPT (Comité pour la prévention et la protection au travail) ont demandé que plus aucun trajet ne soit vendu sur les véhicules, de ne plus accepter de paiements en espèces, de laisser les passagers monter à l’arrière des véhicules et de protéger le chauffeur, afin qu’une distance d’au moins 1 mètre ou 1,5 mètre puisse être respectée.

    Jeudi soir, un certain nombre de mesures ont été annoncées, telles que la distribution de gels ou de lingettes désinfectantes,… Ces mesures sont nécessaires, mais insuffisantes. Les questions soulevées par les CPPT n’ont suscité aucune réaction.

    Le front commun syndical a demandé l’organisation d’une réunion d’urgence en exigeant l’adoption immédiate de mesures supplémentaires. Parallèlement, des initiatives ont été prises en divers endroits par les délégations syndicales. Les syndicats ont distribué des affiches aux chauffeurs de bus anversois avec le message ‘‘montez à l’arrière du bus’’ et ‘‘pas de vente de billets’’. Des rubans ont également été tendus dans les bus pour assurer qu’une distance soit respectée. Si la direction refuse de prendre soin de notre santé et de notre sécurité, à nous de le faire !

    En fin de compte, la direction n’a pas eu d’autre choix que d’adopter ces mesures. Mais elle a tout d’abord refusé d’autoriser les rubans de démarcation. À Anvers, la direction les a faits enlever des bus. Un nouveau collègue faisait remarquer : ‘‘C’est comme une guerre entre les cadres et les chauffeurs’’. Finalement, la mesure de protection a été imposée. Mais il est typique que cela n’ait pu être le cas que sous pression de la base.

    Heureusement, la solidarité entre collègues est très grande. Mais beaucoup se demandent combien de temps ils devront rouler ainsi. Ne ferions-nous pas mieux de passer à un service minimum avec des équipes plus restreintes ? Ce système a déjà été testé lors d’une grève (pour les lignes prioritaires), cela peut donc être appliqué assez rapidement (cela permettrait que le système soit utilisé à l’avantage du personnel au moins une fois au lieu de servir à briser les grèves).

    En tout cas, il est clair que nous ne devons pas rester assis à attendre que la direction prenne des mesures. C’est une honte qu’aucun représentant du personnel ne figure dans le comité Covid19. C’est de notre santé qu’il s’agit ! C’est exactement pour cela qu’un CPPT existe, avec des représentants du personnel ! La direction veut profiter de cette situation de crise pour établir une nouvelle norme dans le processus décisionnel en excluant toute participation des représentants syndicaux.

    Il est scandaleux que nos droits démocratiques soient ainsi bafoués. Et également scandaleux que la direction refuse de se réunir avec les délégués en raison des risques pour la sécurité : ces mêmes délégués circulent chaque jour avec des bus et des trams pleins. Et il existe aujourd’hui des possibilités technologiques suffisantes pour tenir des réunions à distance.

    Une fois de plus, il est évident que nous ne devons pas compter sur le gouvernement ou la direction pour la protection du personnel. Sur les lieux de travail, nous savons mieux que quiconque ce qui doit être fait pour notre protection. Nous l’avons démontré une fois de plus. Nous ne devons pas nous arrêter aux initiatives spontanées, mais mieux nous organiser. Pourquoi ne pas créer nos propres comités pour discuter des mesures à prendre et, si la direction n’est pas prête à les accepter, les mettre en œuvre nous-mêmes ?

    Les mesures en faveur de notre sécurité, de notre santé et de nos intérêts sociaux ne doivent pas dépendre de la direction. C’est nous qui faisons tourner la boutique, nous devons pouvoir participer aux décisions qui nous concernent !

  • Coronavirus. SNCB : ‘‘Il y a eu chez nous comme ailleurs une sous-estimation du danger’’

    Alors que le pays est petit à petit mis à l’arrêt, nous constatons que ce sont les fonctionnaires, régulièrement pointés du doigt par les politiciens de droite pour leurs soi-disant « privilèges », qui sont appelés à la rescousse. Les hôpitaux et les services de secours sont sur le pied de guerre, les enseignants sont en première ligne, et les agents des transports en commun sont appelés à continuer de travailler malgré les risques.

    Par un cheminot

    Bien qu’il soit encore trop tôt pour tirer des conclusions, il semble clair pour de plus en plus de cheminots que les mesures prises en interne dans la lutte contre le coronavirus sont insuffisantes. Il y a eu chez nous comme ailleurs une sous-estimation du danger que représente cette pandémie. La prise de conscience s’est rapidement développée ces derniers jours, mais la direction semble être toujours un temps en retard.

    L’argent en liquide continue à être manipulé aux guichets alors qu’il semble être un facteur important de contamination. Comme à la TEC, la direction annonce des mesures de nettoyage spéciales depuis plusieurs jours mais nous ne les constatons pas sur le terrain. Dans certains services, les gels hydroalcooliques n’ont toujours pas été distribués, même aux nettoyeurs. L’ordre fait aux accompagnateurs de train d’effectuer un « contrôle visuel » des titres de transports manque manifestement de clarté et constitue donc un risque. Certaines mesures positives ont bel et bien été prises – lorsqu’elles sont appliquées –, comme la suppression des trains qui ne possèdent pas de toilettes en service équipées d’eau et de savon. Mais face à l’urgence et aux mesures radicales qui semblent nécessaires, nous constatons surtout des actions de communication et des « préconisations ».

    Les managers ont cultivé ces dernières années une culture du « présentéisme ». La mise en place de la nouvelle procédure de contrôle des malades basée sur l’indice de Bradford, et l’introduction prévue dans les prochaines semaines d’ « entretiens maladies » entre la hiérarchie et les agents considérés comme « trop souvent malades » est en contradiction totale avec les mesures de précaution sanitaires nécessaires. Les nouvelles directives indiquant de rester chez soi lorsqu’on se sent malade, publiées tardivement et laissant toujours planer la menace de la visite d’un médecin contrôle, commencent seulement à faire leurs effets. La suspension immédiate de toutes les mesures de répression des agents malades est une nécessité absolue si nous voulons limiter la propagation du virus au sein de la société.

    La SNCB s’apprête à mettre en place dans les prochains jours un « service alternatif des trains » si elle n’a plus à sa disposition suffisamment d’agents en bonne santé pour assurer le service habituel. L’opportunité d’activer ce scénario le plus tôt ou le plus tard possible fait débat, car la diminution du nombre de trains en circulation aurait pour conséquence une augmentation de l’occupation des rames alors que la distanciation sociale est conseillée par les experts. Dans le même temps, de nombreux agents qui sont en permanence au contact des usagers évoquent leurs craintes d’être contaminés et de contaminer à leur tour leurs proches malades, âgés, ou des voyageurs.

    Certains parents sont toujours à la recherche d’une solution pour faire garder leurs enfants qui n’auront plus école : les garderies, lorsqu’elles acceptent les enfants des cheminots, ne seront ouvertes que pendant les horaires d’écoles, alors qu’il y a des cheminots au travail à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. La revendication qui pourrait naître de cette situation serait la mise sur pied d’un service alternatif des trains sur base volontaire et accompagnée de mesures sanitaires renforcées.

    Les transports publics sont un service structurel dans la société, et de nombreuses personnes travaillant dans des services essentiels comme les soins de santé les utilisent. Dans quelle mesure devrait-on pouvoir suspendre ou non le trafic des trains pour limiter la propagation d’une épidémie ? Cette question n’avait jamais été abordée auparavant, nous manquons de recul et elle fait donc toujours débat. La réponse devrait être tranchée sur base d’une discussion démocratique à propos des besoins sociaux absolument nécessaires. Une chose est sûre : un gouvernement capitaliste, pour qui le profit des grandes sociétés a été la priorité durant les 6 dernières années, n’est pas capable de faire cela. Les travailleurs et leurs organisations, en étant organisés et déterminés, le pourraient.

    La direction des chemins de fer a son avis sur la question : en annulant toutes les réunions paritaires avec les représentants élus des travailleurs comme les CPPT, elle entend bien faire à sa manière. La santé des travailleurs a pourtant rarement été mise autant en danger, et des alternatives respectant les mesures de distanciation sociale sont possibles. Plus que jamais, la participation démocratique du personnel aux mesures de santé est nécessaire ! Non à l’affaiblissement des droits démocratiques !

  • Une grève des cheminots bien suivie et qui appelle à d’autres actions

    Les partis de droite espéraient que l’introduction du service minimum permettrait de révéler à quel point les grèves ne bénéficient pas de soutien parmi le personnel. C’est tout l’inverse qui a été démontré ce 19 décembre. La direction a fait valoir que près d’un tiers des trains circulaient, mais a dû reconnaître en même temps qu’une grande majorité du personnel était en grève. Il n’y avait pas de différence fondamentale dans la volonté d’agir entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Ainsi, à Anvers, près de 80% des accompagnateurs de train étaient en grève. Le personnel des guichets et le service de sécurité Securail y étaient également en grève.

    Après des années d’économies sur le rail, la colère est profonde. Avec 30 % de personnel en moins, comment peut-on offrir un service décent avec 50% de voyageurs en plus ? L’été dernier, les accompagnateurs de train ont même dû faire grève parce qu’ils ne parvenaient pas à prendre le congé qui leur revenait de droit ! Et maintenant, la direction veut encore plus réduire le personnel. Dans le cadre des négociations d’un accord social, la direction souhaite supprimer progressivement le statut et employer de nouveaux travailleurs à des conditions moins favorables, notamment en prolongeant la semaine de travail. Selon la direction, il est ors de question d’augmentation le salaire minimum, ce qui serait pourtant une première depuis 10 ans. L’argent ne manquait cependant pas pour augmenter le nombre de membres du conseil d’administration.

    La pénurie de personnel se fait sentir dans toutes les catégories professionnelles. Au piquet de grève d’Anvers-Berchem, un des sujets abordés était la situation désastreuse des guichetiers, qui souvent ne savent pas à l’avance quand ils devront travailler et ne sont parfois que deux pour tenir les guichets. Les conducteurs de train sont « hors série » quelques mois par an, durant lesquels ils ne savent pas non plus quand ils doivent travailler, mais contrairement au passé, ils n’y a pas de place pour quelques jours de repos. Et tant pis pour la vie sociale. Mais la direction s’en moque. D’une logique de service à la communauté, le management va de plus en plus loin dans la logique d’une entreprise privée.

    Le soutien dont qu’on reçu les grévistes aux piquets de grève démontre que les voyageurs se rendent bien compte de la situation. Lorsque des passagers passaient pour prendre les quelques trains qui roulaient, essentiellement aux heures de pointe, les réactions négatives étaient extrêmement minimes, surtout en comparaison des politiciens et des médias traditionnels. C’est logique, n’importe quel voyageur sait que les problèmes sont nombreux. Les passagers sont eux aussi fatigués du manque d’investissements dans de bons services.

    La question par excellence sur les piquets étaient de savoir comment continuer. Il n’y a pas eu de réponses concrètes, sauf que le plan d’action sera poursuivi en janvier. Lors du point d’information à la gare d’Anvers-Berchem, un militant a proposé de formuler des revendications offensives qui ne se limitaient pas aux salaires, mais qui comprenaient aussi, par exemple, la demande de 3.000 recrues statutaires supplémentaires afin de remédier à la pénurie de personnel et d’améliorer le service. Ce serait une excellente revendication à défendre lors des réunions du personnel des différentes catégories professionnelles, là où un plan d’action peut être proposé et voté. Lors de ces réunions, les revendications spécifiques des différentes catégories professionnelles peuvent également être élaborées. De cette façon, la participation aux actions peut être accrue.

    Il était très clair hier que la volonté d’agir ne manque pas, y compris en allant au-delà des frontières syndicales, mais aussi avec l’implication d’autres secteurs. Les problèmes s’accumulent partout : la politique d’austérité suscite le mécontentement dans tous les domaines. Il est grand temps de se battre !

    Bruxelles.

    Anvers

    Namur

    Namur

  • Le gouvernement flamand détruit les transports en commun. Et tant pis pour le climat…

    Les médias sont prompts à dénigrer le personnel de la société flamande de transport en commun De Lijn lorsque celui-ci dénonce tout ce qui n’y tourne pas rond. Il a fallu que le malaise atteigne des proportions telles que la direction a publiquement parlé d’un ‘‘navire en perdition’’ pour que le problème soit reconnu. L’évidence est d’augmenter les moyens publics pour améliorer la qualité du service et en élargir la portée. C’est d’ailleurs une urgence climatique. C’est aussi, bien évidemment, à l’exact opposé des projets du gouvernement flamand.

    Le gouvernement austéritaire arrogant de Jan Jambon (N-VA) a fait savoir on ne peut plus clairement qu’il ne saurait y avoir de protestations contre la politique menée. La jeunesse doit arrêter de manifester pendant les heures de cours. Quant à la société civile, elle voit ses subsides réduits, même la chaîne de télévision publique VRT est touchée. Il ne faudra pas s’attendre à des reportages critiques de ce côté-là, le manque de moyens rendra difficile d’aller au-delà de la simple répétition des déclarations des autorités.

    Le gouvernement n’entend pas changer de logique concernant De Lijn : chaque voix dissidente doit être réduite au silence. Ainsi, l’annonce des nouvelles mesures d’économies a immédiatement été liée à l’intention d’augmenter le niveau de service minimum en cas de grève. Toute l’absurdité de la situation tient au fait que le déficit de moyens humains et matériels est si criant que le service minimum est souvent impraticable en temps normal. Le niveau de service minimum requis en cas de grève signifiera bientôt que plus de personnel sera au travail les jours de grève qu’un jour normal !

    Il y aura des recrutements, c’est certain, essentiellement en raison du taux élevé de rotation du personnel. Les horaires rendus compliqués par le trafic de plus en plus dense et la limitation des périodes de repos ainsi que les salaires bien peu attractifs font que le nombre de travailleurs prêts à partir reste élevé. La pénurie de personnel permet d’ailleurs souvent de masquer le manque d’équipement. Un chauffeur de bus nous a raconté qu’un jour, un voyage sur quatre n’a pas été effectué à son dépôt, faute de chauffeur ! Difficile de rendre les transports publics fiables dans ces conditions, tandis que grandit la frustration des passagers et du personnel. Ce cocktail toxique est imposé par le gouvernement flamand et la direction de De Lijn.

    Aujourd’hui, même des cadres supérieurs jettent l’éponge ! Selon le quotidien flamand De Standaard, trois à cinq managers (sur un total de 55) quittent leurs fonctions tous les mois. Le journal a notamment relayé les propos d’un membre de la direction technique de la société, qui a déclaré sous le couvert de l’anonymat : ‘‘Un navire en perdition, on le quitte.’’ Un autre ancien directeur de De Lijn expliquait: ‘‘Avec les ressources qu’on m’a données, il m’était impossible de faire ce que j’avais à faire.’’

    Le pire est encore à venir. C’est à peine si l’accord de coalition flamand envisage d’investir dans De Lijn. Le gouvernement prévoit de laisser davantage pourrir la situation. Dans l’une des régions de transport (la Flandre est divisée en 15 de ces régions), un appel d’offres doit être lancé d’ici la fin de la législature pour que De Lijn ne soit plus la seule société de transport public. Tout ce qui fait barrage à l’arrivée d’opérateurs privé doit disparaître. Au profit de l’usager ? Nous en doutons. La libéralisation du marché de l’énergie a considérablement alourdi nos factures et il n’en ira pas autrement ici. Le gouvernement flamand a déjà annoncé que De Lijn ‘‘continuera à atteindre un degré plus élevé de recouvrement des frais’’, un jargon qui signifie que l’usager devra payer de plus en plus cher.

    Il y a des années, Noam Chomsky avait expliqué le mécanisme de privatisation de cette manière : ‘‘Comment détruire un service public ? Commencez par réduire son financement. Il ne fonctionnera plus. Les gens s’énerveront, ils voudront autre chose. C’est la technique élémentaire pour privatiser un service public.’’ A moins que nous résistions ensemble. L’appel grandissant en faveur de mesures climatiques peut être concrétisé par des actions offensives des jeunes en faveur de transports publics plus nombreux, meilleurs et gratuits. Associons cela aux protestations du personnel et des usagers en faveur de meilleurs services et donc de meilleures conditions de travail.

  • Débarrassons-nous des sous-traitants, pas de leur personnel !

    nepasembarquerAux chemins de fer, la privatisation est préparée depuis longtemps déjà. Cet article n’aborde pas des cas flagrants et connus comme la vente d’ABX, l’ex-filiale de la SNCB spécialisée dans la livraison de petits colis, ou encore de Logistics, la filiale de transport de marchandises de la SNCB. Nous voulons parler ici des activités et contrats passés en douce à des sous-traitants.

    Depuis longtemps les travaux d’infrastructure sont effectués par des firmes privées, dans le cas des travaux concernant la signalisation, les voies ferrées et les installations électriques par exemple. Plus récemment, la direction a rendu publique sa volonté de laisser la gestion des restaurants de la compagnie au secteur privé, ce qui a rencontré l’opposition des syndicats. Il est évident que toutes ces mesures attaquent les emplois statutaires. Les travailleurs des sous-traitants reviendront bien moins chers.

    Les contrats publics engendrent une situation de concurrence interne. Une entreprise désireuse de recevoir un contrat essaye de baisser son prix au plus bas face à la concurrence. Cette course vers le bas instaure une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail, une spirale négative inhérente à l’idéologique de concurrence. Les patrons font tous pour remporter un contrat, y compris en recourant au service d’indépendants. Cela entraîne des situations où certains travailleurs n’ont plus de jours de repos sur le mois et doivent eux-mêmes payer leurs contributions sociales pour à peine bénéficier d’un salaire net en fin de mois.

    Une chaîne se brise à son maillon le plus faible et les syndicats doivent aussi organiser la résistance des travailleurs les plus vulnérables. Ne rien faire et ne pas partir à l’action, cela équivaut à laisser cette chaîne nous étrangler. La meilleure manière de protéger l’emploi statutaire, c’est de lutter pour tous les cheminots, y compris pour le personnel des sous-traitants. Avec la grève de 24 heures des travailleurs d’Infrabel, le gestionnaire d’infrastructure du réseau ferroviaire belge, affiliés à la CGSP le 27 juin dernier, l’opportunité était présente d’aller chercher la solidarité du personnel du secteur privé. La grève aurait eu plus d’impact si eux aussi avaient rejoint la lutte avec leurs revendications.

    Ensemble, on est plus fort!

  • TEC, STIB: Suppression de la gratuité pour les seniors

    Ce n’est pas à nous de payer leur crise!

    Il y a un an, tous les politiciens, promettant de ne pas s’en prendre “aux plus faibles”, désavouaient les propos de Kris Lauwers (le patron de la STIB) qui, lors d’une interview au quotidien flamand DeMorgen, envisageait ‘‘de traire le client’’ en s’en prenant particulièrement au abonnés qui pouvaient se déplacer à pied ou à vélo plutôt que de faire de courtes correspondances. Pensait-il déjà aux pensionnés qui font quelques arrêts avec leurs caddies pour se rendre au marché ?

    “Traire” nos ainés?

    Aujourd’hui, ceux-là mêmes qui jureraient encore tous en chœur il y a peu que les mesures budgétaires des gouvernements régionaux allaient être ‘‘indolores’’ mettent fin à la gratuité des transports en commun pour nos ainés. Des dizaines de milliers de personnes âgées de 65 ans et plus doivent désormais payer 60€ leur abonnement annuel à la STIB et 36 euros celui des TEC. Ce coût supplémentaire frappe nos ainés alors qu’ils disposent de pensions parmi les plus basses d’Europe et alors que 20,3 % d’entre eux vivent déjà sous le seuil de pauvreté.

    En Wallonie, sur les 320.000 seniors qui bénéficiaient de la gratuité, on estime que 110.000 d’entre eux prendront l’abonnement à 36€ rapportant ainsi 3,9 millions €, que 60.000 pourront bénéficier d’un statut BIM-Omnio et que la moitié renonceront à prendre un nouvel abonnement. Cette offensive antisociale accroit l’isolement des personnes âgées et entraine une diminution de leur mobilité et donc également de leurs activités physiques. Toutes choses positives pour leur santé et leur bien-être.

    Solidaires des jeunes?

    Comble de l’ironie, le ministre Ecolo de la mobilité Philippe Henry a attribué le nom de ‘‘Contribution de solidarité’’ au nouvel abonnement TEC payant pour les +65 ans. L’argument est le même qu’à Bruxelles : puisque la Communauté Française a arrêté de financer les réductions sur les abonnements scolaires, la région doit le faire sur le dos des séniors. Cette rhétorique hypocrite est récurrente : ‘‘c’est la faute à un autre niveau de pouvoir’’, mais ce sont pourtant bien les mêmes partis (PS, Cdh et Ecolo) qui se retrouvent aux diverses majorités. Tous les partis traditionnels défendent une politique d’austérité particulièrement dramatique pour les plus fragilisés. Ils refusent de faire payer la crise aux véritables responsables.
    Pour des transports en commun publics, gratuits et de qualités

    La déclaration gouvernementale régionale bruxelloise de 2009 affichait la volonté de viser à la gratuité des transports publics et avait fait de la mobilité une priorité face aux embouteillages et à la pollution. C’est le chemin inverse qui est suivi avec les nouvelles coupes budgétaires. Ces désinvestissements sont aux frais des usagers qui subissent, année après année, des hausses de tarifs incessantes (deux fois l’inflation en moyenne sous les deux dernières législatures Picqué). Ce sont aussi les conditions de travail et de sécurité du personnel qui sont mises à mal. Même partis, mêmes promesses électorales non tenues et même politique en Wallonie. Le pire, c’est que ce sous-financement crée des problèmes qui serviront à terme de prétexte pour expliquer que la privatisation est la solution aux dysfonctionnements et aux pénuries.

    Aujourd’hui, on nous dit que la gratuité n’est plus possible, qu’il s’agit d’un choix politique. Nous ne pouvons pas compter sur ces politiciens ! Luttons pour défendre des services publics de qualités et pour réaliser un plan radical d’investissements publics pour les transports en commun mais aussi pour les écoles, les maisons de repos, les crèches, les logements sociaux,…

    Par Boris Malarme

     

  • 14 avril : Meeting International des Cheminots

    Nous attendons que le tract nous parviennent de chez l’imprimeur et sommes prêt pour la prochaine étape de la mobilisation !

    Chers collègues,

    VOUS AUSSI VOUS EN AVEZ MARRE de sentir que nous ayons à lutter seuls contre les assainissements, contre la libéralisation et contre la privatisation des chemins de fer ? La réponse de la direction contre cette résistance – vous aussi avez très probablement déjà participé à des grèves – est systématiquement la même : ‘cela doit être fait, l’Europe nous y oblige’. Vous aussi vous vous demandez comment les luttes se déroulent ailleurs en Europe et comment nous pouvons réunir toute cette énergie ?

    CE DIMANCHE 14 AVRIL, nous voulons essayer de répondre à ces questions. Le Parti Socialiste de Lutte ouvre son weekend annuel de débat ‘‘Socialisme 2013’’ à Libre Parcours, qui y organise une commission ‘‘Les cheminots en lutte contre la libéralisation et la privatisation en Europe’’. Différent orateurs internationaux ont déjà confirmé leur participation, et ce ne sont pas n’importe qui. Alex Gordon était jusqu’à tout récemment encore le président du syndicat britannique des transports RMT (National Union of Rail, Maritime and Transport Workers). Grâce à son caractère combatif et militant, ce syndicat est le syndicat qui connaît la plus forte croissance en Grande-Bretagne. Après des années de déclin du secteur ferroviaire, le RMT revendique la renationalisation de tout le secteur. De France, nous accueillerons Christian Mahieux, l’un des fondateurs du syndicat combatif Sud-Rail. Des Pays-Bas, il y aura Peter Den Haan, qui a vécu toute la privatisation du fret, y compris la reprise par DB-Schenker. Nous aurons aussi un machiniste allemand du GDL: Harald Sommer. Il y a quelques années, ce syndicat a obtenu une hausse de salaires après une lutte longue et âpre. Nous aurons bien entendu également un orateur belge. Ces différentes expériences ouvriront la discussion.

    Il y aura bien assez de matière pour remplir une journée, de 10h à 16h. Un repas est prévu à prix démocratiques. Cette rencontre aura lieu lors de la seconde journée de ‘‘Socialisme 2013’’ au centre Kriekelaar, à proximité de la gare Bruxelles-Nord (Rue Gallait, n°86, à Schaerbeek). S’inscrire pour cette journée est possible via le site Libreparcours.net, l’entrée revient à 8 euros en prévente (pour les frais de l’infrastructure et le voyage des orateurs).

    Nous voulons évidemment vous proposer d’assister à l’événement dans sa totalité. Le samedi, une commission sera notamment consacrée à la lutte chez Ford et ArcelorMittal sur base de témoignages. Mais le must absolu, ce sera le meeting du soir ‘‘Contre l’austérité et les pertes d’emplois : quelle alternative politique ?’’ Parmi les orateurs figurerons des délégués syndicaux, mais aussi Daniel Piron, le secrétaire général de la FGTB de Charleroi Sud-Hainaut, ainsi que Felipe Van Keirsbilck, secrétaire général de la centrale des employés de la CSC, la CNE. Tous deux appellent à la création d’une formation à la gauche du PS et d’Ecolo. Alex Gordon sera aussi orateur à ce meeting, en tant qu’ancien candidat d’une liste unitaire de syndicalistes et de militants marxistes.

    Cordialement, Libre Parcours soutenu par le groupe 3800.

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    Voici la version digitale:

    (en bas le PDF)

    PDF

     

  • STOP aux attaques contre nos services publics ! Organisons la résistance !

    En Flandre, après déjà deux ans de restriction budgétaires pour la société de transports en commun De Lijn, 60 millions d’économies sont encore à opérer. Ce que cela signifie concrètement pour les différentes provinces a maintenant été dévoilé, et la riposte doit suivre. Cette austérité implique une sérieuse limitation des services, elle nous conduit tout droit à la destruction pure et simple de la logique de transports en commun au moment même où la rénovation des routes revient de plus en plus chère et où le prix de l’essence monte en flèche. Ironie suprême, la ministre flamande de l’environnement Joke Schauvliege (CD&V) vient de déclarer qu’elle voulait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici 2020 avec un plan basé sur… la mobilité !

    A Gand, le service de nuit est pratiquement éliminé et, dans les zones plus rurales, le service est limité aux bus scolaires et aux transports de banlieue (mais il faut avoir un horaire de 9 à 17h pour en profiter !). A Malines, toutes les lignes devront s’arrêter en bordure de la ville, une seule navette assurant ensuite le transport des passagers. A Anvers, c’est jusqu’à 1000 trajets par jour qui disparaissent…

    Pour la première fois, le nombre de passagers n’a pas augmenté en 2011, la hausse des coûts n’a donc pas pu être compensée. La société De Lijn est basée sur un modèle de croissance des usagers et, de plus, un certain nombre de compensations (notamment liées à l’augmentation du nombre d’abonnements sociaux) n’a pas été payé par le gouvernement flamand. A cela s’ajoute encore une erreur de calcul pour le coût lié à l’implication d’opérateurs privés : la facture du travail sous-traité n’a pas diminué, mais a augmenté de 6%. La privatisation de la moitié des lignes n’a donc pas entraîné plus d’efficacité, ni même un moindre coût.

    La croissance du nombre de passagers a donc été stoppée en 2011, surtout en conséquence des économies antérieures, et les nouvelles ne vont certainement pas rendre les transports en commun plus attractifs. Il faut très probablement s’attendre à une baisse du nombre d’usagers, ce qui sera utilisé comme prétexte pour de nouvelles attaques et ainsi de suite. Cette spirale négative entraîne nos transports publics dans un véritable tourbillon destructeur. Pour avoir de bons services publics, il faut mettre l’argent sur la table, mais ce n’est pas l’option choisie par le gouvernement flamand.

    A De Lijn, les syndicats ont un accord pour une sorte de pacte social qui comprend des dispositions locales, la garantie d’un certain revenu et le rejet des licenciements secs. Cet accord ne signifie toutefois pas d’accepter ces économies. Il nous faut organiser une résistance efficace, ce qui nécessite un plan d’action bien élaboré, porté par le personnel et les usagers.

    A Anvers, la campagne d’affichage de la CGSP et la pétition du front commun syndical constituent un bon début. En organisant des réunions de travailleurs, le personnel peut être activement impliqué dans la riposte, et l’organisation de comités de quartier peut faire de même pour les voyageurs. Ainsi, à Termonde, un comité d’action a été lancé. Pourquoi les syndicats et le personnel ne soutiendraient- ils pas de telles initiatives, en s’y impliquant si nécessaire ? Obtenir un véritable front uni des usagers et du personnel représenterait une grande force. Nous n’avons rien à attendre des partis traditionnels ou d’organisations comme l’association flamande des usagers de train, de trams et de bus (BTTB) qui ne sont pas fondamentalement opposés aux économies, sauf sur quelques nuances.

  • Grève à la STIB: plus de sécurité, cela passe par plus de service public

    article de Myriam Djegham d’ Usagers et Travailleurs pour le Développement de Transport Public

    Les travailleurs de la STIB sont partis en grève ce samedi 7 avril suite à l’assassinat d’un de leur collègue durant l’exercice de son travail. Réunis en assemblée le jour même pour interpeller la direction sur les questions de sécurité, les travailleurs ont fait preuve d’une grande maturité. Leur préoccupation première pourrait être résumée par une phrase criée par l’un d’eux « Nous travaillons pour vivre, pas pour mourir ». Ils mettent en évidence les raisons structurelles de la violence dont ils sont victimes. En effet, les causes sont multiples et profondes. Certaines sont directement liées à la gestion de la STIB (Alors qu’il faudrait plus de personnel, les choix budgétaires  privilégient le remplacement des hommes par des machines, contribuant à déshumaniser le service public et à isoler les travailleurs.  Des moyens  utilisés pour contrôler les chauffeurs mais pas pour les protéger,…). 

    D’autres causes proviennent du (sous-) financement par la région et le fédéral. Et plus globalement, les travailleurs remettent en cause une société qui génère de la violence par l’exclusion, le déterminisme social et l’austérité. Les travailleurs des services publics se retrouvent piégés. Alors qu’ils/elles remplissent une mission importante pour répondre au droit à la mobilité, ils deviennent les représentants d’une politique que ni les travailleurs ni les usagers ne cautionnent, une politique qui utilisent les services publics pour mieux les privatiser et qui accroît les inégalités sociales.

    Le problème de la sécurité a souvent été mis en avant par les travailleurs. Comme dans les autres entreprises de transports publics belges. Le tout sécuritaire n’est pas une solution, les travailleurs en sont conscients. Il faut une remise en cause beaucoup plus globale. Pour la mener efficacement,  il est essentiel de lutter ensemble, travailleurs et usagers des transports publics, ensemble STIB, SNCB, TEC, De Lijn, pour défendre une autre société qui passe par des services publics de qualité, avec des travailleurs et des usagers fiers d’avoir collectivement extrait de la logique de marché des secteurs essentiels pour toutes et tous.

  • Appel : mercredi 28 mars 2012 manifestation européenne contre la privatisation du transport

    Nous reprenons ici l’appel du syndicat britannique ‘National Union of Rail, Maritime en Transport Workers’ (RMT) :

    PAS DE PRIVATISATION : NATIONALISATION !

    Le 28 mars 2012, le RMT manifestera avec d’autres syndicats du transport de divers pays européens à Bruxelles contre un texte de l’Union Européenne qui prévoit la privatisation de tous les secteurs du transport.

    Cette manifestation fera partie d’une semaine d’action du 26 au 31 mars contre la politique de libéralisation de l’UE. Durant cette semaine, les syndicats du transport organiseront des manifestations et des activités nationales partout en Europe afin de sousligner que l’UE favorise la privatisation, la fragmentation, le dumping social, la sous-traitance et les attaques contre les conditions de travail et les droits des travailleurs.

    Le point culminant de la semaine sera constitué par une manifestation de masse à Bruxelles le 28 mars. Il est essentiel que les membres du RMT jouent le plus grand rôle possible dans cette manifestation.

    Nous appelons tous les syndicats du transport et les organisations qui défendent le transport public et l’environnement à s’opposer à la destruction systématique des sociétés ferroviaires nationales, des postes de travail et de la sécurité, conséquences de l’application des paquets ferroviaires de l’UE.

    affiche pour le 28 mars 2012

    appel en anglais sur le site de RMT

    Libre Parcours appelle les syndicats belges  CSC Transcom, CGSP Cheminots, SLFP, SIC, SACT, UBOT,… à prendre exemple sur l’ACOD TBM, à signer cet appel et à mobiliser pour le 28 mars !