Author: geert

  • Appel : mercredi 28 mars 2012 manifestation europĂ©enne contre la privatisation du transport

    Nous reprenons ici l’appel du syndicat britannique ‘National Union of Rail, Maritime en Transport Workers’ (RMT) :

    PAS DE PRIVATISATION : NATIONALISATION !

    Le 28 mars 2012, le RMT manifestera avec d’autres syndicats du transport de divers pays europĂ©ens Ă  Bruxelles contre un texte de l’Union EuropĂ©enne qui prĂ©voit la privatisation de tous les secteurs du transport.

    Cette manifestation fera partie d’une semaine d’action du 26 au 31 mars contre la politique de libĂ©ralisation de l’UE. Durant cette semaine, les syndicats du transport organiseront des manifestations et des activitĂ©s nationales partout en Europe afin de sousligner que l’UE favorise la privatisation, la fragmentation, le dumping social, la sous-traitance et les attaques contre les conditions de travail et les droits des travailleurs.

    Le point culminant de la semaine sera constitué par une manifestation de masse à Bruxelles le 28 mars. Il est essentiel que les membres du RMT jouent le plus grand rÎle possible dans cette manifestation.

    Nous appelons tous les syndicats du transport et les organisations qui dĂ©fendent le transport public et l’environnement Ă  s’opposer à la destruction systĂ©matique des sociĂ©tĂ©s ferroviaires nationales, des postes de travail et de la sĂ©curitĂ©, consĂ©quences de l’application des paquets ferroviaires de l’UE.

    affiche pour le 28 mars 2012

    appel en anglais sur le site de RMT

    Libre Parcours appelle les syndicats belges  CSC Transcom, CGSP Cheminots, SLFP, SIC, SACT, UBOT,
 Ă  prendre exemple sur l’ACOD TBM, Ă  signer cet appel et Ă  mobiliser pour le 28 mars !

  • Action contre la hausse des prix de la STIB Ă  Bruxelles

    Ce mercredi 1er fĂ©vrier, les nouveaux tarifs entraient en vigueur Ă  la STIB (la sociĂ©tĂ© de transport en commun bruxelloise). Une vingtaine d’usagers s’Ă©taient donnĂ©s rendez-vous devant les portes de la station Parvis de Saint Gilles afin de protester contre cette Ă©niĂšme hausse, une action soutenue par le PSL/LSP et EGA/ALS.

    Cette nouvelle hausse couplée aux coupes budgétaires du gouvernement Picqué à Bruxelles pour la STIB est une tentative scandaleuse de faire payer les pénuries aux usagers et aux travailleurs.

    En effet dans les coupes budgĂ©taires, 5 millions ont Ă©tĂ© retirĂ©s du budget salarial. Le gouvernement Di Rupo ainsi que le gouvernement PicquĂ© veulent faire payer la crise aux travailleurs, aux jeunes et Ă  leur famille. Les mesures d’austĂ©ritĂ© au niveau fĂ©dĂ©ral s’accompagnent de toute une sĂ©rie d’assainissements aux niveaux rĂ©gional ou communal.

    A chaque fois les acquis sociaux, les services publics sont attaquĂ©s. “Ils prĂȘtent aux banques avec un taux d’intĂ©rĂȘt nul et ensuite ils nous disent qu’il n’y a pas d’autres solutions que l’austĂ©ritĂ©” nous a expliquĂ© un passant.

    Voici le texte du tractque nous avons distribuĂ© lors de cette action. Nous invitons toutes les personnes qui veulent continuer cette campagne, prendre des initiatives pour rĂ©sister Ă  ces mesures de prendre contact avec nous. Usagers travailleurs solidaritĂ©!  Nous luttons pour des transports publics gratuits et de qualitĂ©, ce n’est pas Ă  nous de payer pour leur crise!

  • TEC, STIB, De Lijn : Personnel et usagers, dĂ©fendons nos transports en commun !

    Le 1er fĂ©vrier, les tarifs des transports en commun seront plus Ă©levĂ©s dans tout le pays. A Bruxelles, l’augmentation est de 4,5% en moyenne, avec des titres de transport Ă  bord de 2,50€ ! Le nouvel abonnement scolaire coĂ»tera notamment 40 euros en plus. En Wallonie, l’augmentation est en moyenne de 5,52%, les abonnements annuels Ă©tant particuliĂšre touchĂ©s : + 7,5% ! En Flandre, les tarifs de De Lijn sont majorĂ©s de 2,7% et l’abonnement rĂ©servĂ© aux plus de 60 ans disparaĂźt.

    Le sous-financement public dont souffrent nos transports en commun à travers tout le pays est payé cash par les usagers, qui subissent chaque année des hausses de tarifs incessantes. Mais ce sont aussi les conditions de travail du personnel qui sont mis à mal par ce désinvestissement.

    A Bruxelles, les coupes budgĂ©taires de 46 millions d’euros appliquĂ©es par la coalition Olivier (PS, CDH et ECOLO) pour la STIB comportaient ainsi des attaques salariales Ă  hauteur de 5,5 millions d’euros. La mobilitĂ©, prioritĂ© de l’Olivier ? C’est tout Ă  fait le chemin inverse qui est suivi.

    En Flandre, aprĂšs dĂ©jĂ  deux ans de sĂ©vĂšres Ă©conomies, la sociĂ©tĂ© De Lijn doit Ă  nouveau sabrer 60 millions d’euros de son budget. Le service sera fortement rĂ©duit et, en plus des 400 emplois passĂ©s Ă  la trappe ces deux derniĂšres annĂ©es, 600 autres vont suivre le mĂȘme chemin. Le gouvernement flamand estime encore que 500 millions d’euros d’économies supplĂ©mentaires devront ĂȘtre trouvĂ©s pour 2012. Jan Peunmans (N-VA), prĂ©sident du parlement de la communautĂ© flamande, avait dĂ©jĂ  donnĂ© le ton en disant que la ‘‘politique de gratuité’’ n’est plus tenable. Finalement, dans les faits, la logique de la N-VA et celle des partis francophones soi-disant ‘‘progressistes’’ se rĂ©vĂšlent fortement similaires une fois au pouvoir.

    La logique est partout la mĂȘme, et conduit Ă  un cercle vicieux : il n’y a pas assez de rentrĂ©es, donc on Ă©conomise sur l’offre de service (suppression ou compression de lignes,
) et on augmente les tarifs. Du coup, les transports en commun sont moins attractifs pour les usagers, ce qui entraĂźne une nouvelle tournĂ©e de mesures d’assainissements et ainsi de suite. Ce sous-financement crĂ©e donc tous les problĂšmes qui servent ensuite Ă  expliquer que la privatisation est la seule solution face aux dysfonctionnements et aux pĂ©nuries.

    Ce dont nous avons besoin, c’est d’une opposition basĂ©e sur un plan d’action concret visant Ă  unir usagers et personnel dans la lutte pour la dĂ©fense de nos transports publics, primordiaux dans le cadre de la lutte contre la pollution et les embouteillages. Dans cet esprit, deux rĂ©unions concernant les problĂšmes de la SNCB ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© organisĂ©es Ă  Bruxelles, Ă  l’initiative des syndicats de cheminots. Pourquoi ne pas faire de mĂȘme dans les services de mĂ©tros, de trams et de bus ? Parvenir Ă  un vĂ©ritable service public de qualitĂ©, abordable et avec de bonnes conditions de travail ne peut s’obtenir que par un refinancement public massif et par un contrĂŽle exercĂ© sur la gestion du service par les travailleurs et les usagers. Pour l’instant, c’est l’inverse qui se construit. On se dirige notamment vers la privatisation des mĂ©tros bruxellois, reconnus trĂšs rentables.

  • GrĂšve gĂ©nĂ©rale : Rapport et photos des cheminots liĂ©geois

    Pour les cheminots, cette grĂšve gĂ©nĂ©rale a commencĂ© le 29 Ă  22h. Au piquet, les mots sont trĂšs durs pour dĂ©noncer la politique d’austĂ©ritĂ© du gouvernement bien entendu, mais aussi plus largement contre la chertĂ© de la vie, contre le syndicalisme de nĂ©gociation et plus fondamentalement contre le systĂšme capitaliste lui-mĂȘme, un ”serpent qui se mord la queue”, comme nous le disait un dĂ©lĂ©guĂ©.

    Alain Maes est dĂ©lĂ©guĂ© CGSP-Cheminots. Nous avons discutĂ© avec lui de cette grĂšve, en partant de celle du 22 dĂ©cembre dernier, oĂč les services publics Ă©taient dĂ©jĂ  partis en grĂšve gĂ©nĂ©rale, faisant du gouvernement Di Rupo 1er le gouvernement Ă  avoir Ă©tĂ© le plus vite confrontĂ© Ă  une grĂšve gĂ©nĂ©rale de l’histoire du pays. ”Le 22, la grĂšve avait Ă©tĂ© lancĂ©e, avec succĂšs, trĂšs rapidement contre les mesures portant sur les pensions. La mobilisation s’Ă©tait beaucoup faite par sms, coups de fils,… LĂ , notre travail en front commun a pu prendre plus de temps pour renforcer la mobilisation, discuter avec les travailleurs. Il y a des arguments chocs : le chĂŽmage coĂ»te 7 milliards d’euros par an, les cadeaux fiscaux 10 milliards! Et ils ne crĂ©ent mĂȘme pas les emplois promis. Qui sont les voleurs?”

    Il enchaine de suite, ”Mais nous plaçons cette lutte trĂšs clairement dans un cadre plus large, celui du capitalisme. L’austĂ©ritĂ© ne s’arrĂȘtera pas, c’est comme un serpent qui se mord la queue.” Alain est donc persuadĂ© que la lutte devra se poursuivre. ”Il y a encore beaucoup de boulot Ă  faire. Tout le monde n’est pas sensibilisĂ©, et on voit mĂȘme des idĂ©es racistes ressortir Ă  la faveur de la crise, moins ouvertement que ce qu’on a pu connaĂźtre dans le passĂ© toutefois, plus insidieusement.” Cette question est directement liĂ©e Ă  celle de la crĂ©ation d’un rapport de force ”et pour cela, on doit sortir des explications techniques, revenir Ă  la base, au marxisme, Ă  la gauche. Ce systĂšme de spĂ©culation existe sur base d’une production que nous produisons, qui nous appartient. On m’a parfois pris pour un drĂŽle d’oiseau de dire ça, mais lĂ  de plus en plus de gens en sont convaincus.”

    Un autre cheminot arrive alors, et fustige les prĂ©tendus efforts du gouvernements, comme cette fameuse diminution de 5% du salaire des ministres. ”Il leur reste encore combien de milliers d’euros avec ça ? On se moque de nous, c’est uniquement pour tenter de nous faire passer la pilule. Qu’est-ce qu’on doit payer nous ?”

    Un peu plus tard, nous discutons avec Michel, un ancien militant communiste qui a connu les grĂšves de ’60-’61. ”A l’Ă©poque, j’avais 17 ans. On a vu de ces manifestations Ă©normes! Mais le contexte Ă©tait diffĂ©rents, avec les grands bastions ouvriers. Et puis moi, on m’avait appris l’histoire syndicale dĂšs tout petit. Aujourd’hui, l’histoire des luttes, ça ne s’apprend plus largement. On reviendra Ă  de grands mouvements, mais il faut reconstruire cela. Ceci dit, les jeunes gĂ©nĂ©rations bougent. On l’a vu avec le mouvement contre la mondialisation il y a quelques annĂ©es, maintenant avec les IndignĂ©s par exemple.” Son camarade Serge renchĂ©rit: ”Avant, on avait un syndicalisme de combat, on est passĂ© Ă  un syndicalisme de service. Il faut en revenir Ă  ce syndicalisme de combat, de toutes ces luttes, il y avait de vĂ©ritables dirigeants syndicaux de lutte qui ressortaient. Il ne faut pas avoir peur de se battre pour aller plus loin. Le capitalisme ne sait plus rien apporter, c’est fini, il faut aller ailleurs. La crise n’est pas terminĂ©e, et le message Ă  faire passer, c’est de reprendre le chemin de la lutte.”

  • Van Quickenborne Ă  l’offensive contre les cheminots !

    Van Quickenborne part Ă  la chasse contre les retraites au Parlement. Que signifie ce projet de Loi pour le personnel du rail ?

    Comme pour beaucoup d’autres, cela signifie de travailler plus longtemps, pour une pension plus petite.

    Le personnel roulant pourra partir Ă  57 ans, aprĂšs 32 ans de service. Aujourd’hui, on peut partir Ă  55 ans, aprĂšs 30 ans de services. Le personnel sĂ©dentaire pourra quitter le travail Ă  62 ans, aprĂšs avoir eu une carriĂšre de 40 ans, contre 60 ans actuellement, aprĂšs 35 ans de carriĂšre. Le problĂšme, c’est plus principalement ce second point. Quelqu’un qui, par exemple, a travaillĂ© 7 ans dans l’Horeca et 25 ans aux guichets peut, selon le systĂšme actuel, partir Ă  60 ans. Si cette rĂ©forme des pensions rĂ©ussi Ă  passer, il ne pourra partir qu’à 65 ans.

    Aujourd’hui, notre pension calculĂ©e sur le ‘’salaire final’’. Le gouvernement veut prendre pour base la moyenne des dix derniĂšres annĂ©es, un Ă©norme retour en arriĂšre, alors que nous perdons dĂ©jĂ  en pouvoir d’achat malgrĂ© l’index et la pĂ©rĂ©quation. Par ailleurs, l’interruption volontaire de carriĂšre ne sera plus comprise que pour un an maximum dans le calcul de la pension.

    Outre les Ă©conomies dĂ©jĂ  prĂ©vues dans la SNCB, 300 millions d’euros vont Ă  nouveau ĂȘtre coupĂ©s. Cela, en plus des 650 postes qui vont dĂ©jĂ  ĂȘtre supprimĂ©s dans les ateliers, des prĂšs de 2000 postes consĂ©cutifs Ă  la centralisation des aiguillages, aux 200 dus Ă  la fermeture de guichets, et de la suppression de 130 trains. Et encore en plus de la prĂ©paration de la vente au privĂ© du fret.

    La rĂ©action des cheminots et cheminotes doit faire boule de neige dans le reste du secteur public. Elle doit aussi s’étendre au privĂ©. C’est une bonne impulsion Ă  la mobilisation pour la grĂšve gĂ©nĂ©rale du 30 janvier 2012.

    Informer, sensibiliser, mobiliser
 pour préparer la grÚve générale du 30 janvier !

    Van Quickenborne parle d’un train d’assainissements. Il s’y connait pourtant peu en matiùre ferroviaire, c’est trùs clair au vu de sa proposition visant à s’attaquer aux pensions des machinistes. Avec lui au volant, pas besoin de signalisation, il y va franchement.

    Les syndicats des services publics, cheminots en tĂȘte, entrent en rĂ©sistance, peut-ĂȘtre mĂȘme pour plusieurs jours. EspĂ©rons que les choses n’en resteront pas lĂ  et qu’une nouvelle date arrivera pour Ă  nouveau mobiliser les services publics, plus de 3 jours Ă  l’avance. Ce serait une excellente prĂ©paration pour la grĂšve gĂ©nĂ©rale, secteurs privĂ© et public confondus, du 30 janvier.

    Avant le 2 dĂ©cembre, les mĂ©tallos FGTB Wallonie-Bruxelles avaient communiquĂ© un plan d’action capable de stopper l’avalanche d’assainissements. Par la voix de leur prĂ©sident Nico CuĂ©, cette proposition comprenait une grĂšve gĂ©nĂ©rale de 24 heures en janvier et, si le gouvernement n’écoute pas, de 48 heures en avril et si nĂ©cessaire de 72 heures en juin. C’était encore avant que Van Quickenborne aie ouvert les hostilitĂ©s. Il faudra probablement revoir le calendrier, mais le principe reste valable, bien qu’il faille probablement dĂ©jĂ  planifier la grĂšve de 48 heures en fĂ©vrier ou mars et celle de 72 heures non pas juste avant l’étĂ©, mais beaucoup plus tĂŽt.

    Les syndicats doivent nĂ©gocier, mais pas sans tenir un bon bĂąton derriĂšre leur dos, avec une campagne d’information dans les entreprises afin de discuter des consĂ©quences des mesures gouvernementales pendant des arrĂȘts de travail et oĂč on peut dĂ©mocratiquement prĂ©parer les actions. Avec des journĂ©es d’actions, des grĂšves et des manifestations rĂ©gionales et sectorielles, en prĂ©paration d’une sĂ©rie de grĂšves gĂ©nĂ©rales allant crescendo. Nous pensons que le message central Ă  faire passer devrait ĂȘtre : nous n’avons pas provoquĂ© la crise, nous ne la payerons pas!

     
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  • Les chemins de fer sous pression – le personnel Ă  l’offensive !

    Ces derniers temps, le personnel de la SNCB a lancĂ© plusieurs actions et appels Ă  la grĂšve. Les mesures d’assainissement se multiplient et menacent tous les domaines, mais la rĂ©sistance se dĂ©veloppe. Pour contrer ces mesures antisociales, le personnel ne se contente pas toujours de suivre les directives des syndicats; la colĂšre est grande parmi la base, et cette colĂšre s’exprime dans des actions spontanĂ©es. Lutte Socialiste a interviewĂ© deux militants combatifs.

    Quelle est la situation Ă  la SNCB ? D’oĂč proviennent toutes ces actions ?

    ‘‘Actuellement, il y a des prĂ©parations d’attaques contre le personnel de la SNCB, et ce Ă  chaque niveau. Tant les politiciens traditionnels que la direction s’y prĂ©parent. Ces plans menacent non seulement les conditions de travail et les emplois des cheminots, mais aussi l’existence de la SNCB en tant que service public abordable. Tout est fait pour que la SNCB devienne une entreprise rentable et concurrentielle, ce qui va directement Ă  l’encontre des intĂ©rĂȘts du personnel et des passagers.’’

    ‘‘Les mesures d’austĂ©ritĂ© les plus drastiques visent actuellement surtout le transport de marchandises. Il est donc logique que c’est ce secteur que nous dĂ©fendons le plus en ce moment. Une partie de la direction syndicale considĂšre le transport de marchandises comme une cause perdue, nous savions donc trĂšs bien que si nous voulions que les choses bougent, il fallait les prendre en main nous-mĂȘmes.’’

    Comment avez-vous mis la lutte en route ?

    ‘‘Cela a Ă©tĂ© un travail de longue haleine. Durant la pĂ©riode calme, nous nous sommes prĂ©parĂ©s pour cette lutte qui apparaissait inĂ©vitable. Nous avons organisĂ© des rĂ©unions avec des militants de tous les syndicats durant lesquelles nous avons constamment mis l’accent sur la nĂ©cessitĂ© de lutter. C’était important afin que ces rĂ©unions aient vraiment un sens et ne conduisent pas simplement Ă  des renĂ©gociations. C’était aussi de bonnes occasions pour discuter avec nos collĂšgues et nous prĂ©parer ainsi au combat Ă  venir.’’

    ‘‘La SA Logistics a organisĂ© des sĂ©ances d’information dans des hĂŽtels pour prĂ©senter ses nouvelles mesures. En fait, le but Ă©tait de prendre les travailleurs individuellement et de leur mettre la pression pour qu’ils acceptent ces nouvelles conditions de travail impraticables. Ces sĂ©ances ont mis le feu aux poudres. La colĂšre parmi la base Ă©tait Ă©norme, et le dĂ©veloppement des actions s’est alors accĂ©lĂ©rĂ©.’’

    ‘‘Les actions et les piquets de grĂšve ont Ă©tĂ© l’occasion de constater la grande combativitĂ© et l’implication de chacun. A l’un des piquets, des reprĂ©sentants de la direction se sont dĂ©placĂ©s afin d’avoir une conversation avec quelques responsables. Nous avons refusĂ© et leur avons demandĂ© de s’adresser Ă  tout le monde. Leurs positions et leurs discours ont encore renforcĂ© la dĂ©termination au piquet.’’

    Envisagez-vous de poursuivre la lutte?

    ‘‘Absolument. Lorsque nous sommes confrontĂ©s Ă  des attaques de cette ampleur, nous n’avons pas d’autre choix que de lutter. Nous sommes au pied du mur. Les piquets et les actions que nous avons organisĂ©s nous ont donnĂ© l’occasion de discuter avec nos collĂšgues des mesures et de leurs consĂ©quences.’’

    ‘‘Mais il est crucial d’établir un plan d’action. Il faut avoir des perspectives pour la lutte. Si nous sentons que les actions ne servent qu’à laisser Ă©chapper un peu de vapeur pour nous faire finalement accepter les mesures d’austĂ©ritĂ©, alors elles n’ont pas lieu d’ĂȘtre. Beaucoup de travailleurs ont maintenant le sentiment d’avoir leur propre lutte en main et de pouvoir pousser la direction syndicale dans la bonne direction.’’

    ‘‘Pour obtenir des rĂ©sultats, nous devons discuter de la meilleure façon de mener la lutte. Nous croyons qu’il sera Ă©galement nĂ©cessaire de regarder au-delĂ  de nos frontiĂšres. La Belgique n’est pas le seul pays oĂč les chemins de fer sont attaquĂ©s, et elle n’est pas non plus le seul pays oĂč la rĂ©sistance s’organise. Les grĂšves gĂ©nĂ©rales dans d’autres pays montrent l’exemple, nous avons besoin d’une rĂ©sistance unifiĂ©e en Europe contre les mesures imposĂ©es par les autoritĂ©s europĂ©ennes. Il n’y a que de cette façon que nous pourrons obtenir des rĂ©sultats.’’

    Quelles sont vos demandes spécifiques sur le long terme ? Quels résultats voulez-vous obtenir ?

    ‘‘Bien sĂ»r, nous nous opposons aux projets d’assainissements proposĂ©s. Nous ne voulons pas d’assainissements dans nos emplois et nos conditions de travail, ni dans les services aux usagers. Nous voulons inverser la tendance actuelle de la libĂ©ralisation pour que la SNCB puisse devenir un vrai service public.’’

    ‘‘Pour cela, il faut se concentrer sur ce qui est nĂ©cessaire dans la sociĂ©tĂ© et ensuite faire correspondre l’offre aux besoins, afin d’ĂȘtre plus efficaces. Par exemple, pendant l’étĂ©, les locomotives et leurs conducteurs pourraient ĂȘtre affectĂ©s au transport de personnes. Durant cette pĂ©riode, il y a moins de marchandises et davantage de touristes. Ces mesures on ne peut plus logiques sont inapplicables Ă  l’heure actuelle, en consĂ©quence directe de la libĂ©ralisation.’’

    ‘‘Le fractionnement infini des services d’organisation (ateliers, transport de marchandises,
) conduit Ă  des pertes importantes. Il faut comprendre que la politique libĂ©rale consistant Ă  faire plus avec moins n’est pas seulement absurde mais aussi dangereuse. C’est une menace pour les conditions de travail et aussi pour la qualitĂ© des services et leur sĂ©curitĂ©. Il faut Ă  tout prix s’y opposer.’’

    Quel rĂŽle les militants individuels peuvent-ils jouer dans la lutte ?

    ‘‘Ils peuvent jouer un trĂšs grand rĂŽle. C’est pour cela que nous voulons rĂ©introduire certaines traditions du mouvement ouvrier. Les piquets par exemple sont l’occasion idĂ©ale pour discuter avec les collĂšgues et dĂ©cider de l’avenir de la lutte. Cela nous donne aussi l’occasion de discuter avec d’autres travailleurs.’’

    ‘‘La tradition de solidaritĂ© avec d’autres secteurs doit aussi ĂȘtre rĂ©introduite. Nous ne sommes pas les seuls Ă  ĂȘtre menacĂ©s. Jetez un coup d’Ɠil Ă  l’enseignement, aux soins de santĂ©,
 LĂ  aussi, il y aura des luttes. EspĂ©rons que des mouvements se dĂ©velopperont de façon combative. Car c’est uniquement par la lutte qu’on peut espĂ©rer gagner. Une lutte unifiĂ©e sera d’une importance cruciale pour mettre fin Ă  tous les assainissements.’’

    Merci pour l’interview, et bon succùs dans la lutte !

  • GrĂšve Ă  la SNCF : Message de solidaritĂ©

    Ce mardi 8 novembre, diffĂ©rents syndicats français avaient appelĂ©s les travailleurs de la SNCF Ă  partir en grĂšve dans le cadre d’une journĂ©e d’action europĂ©enne contre la libĂ©ralisation du rail Ă  l’appel de la FĂ©dĂ©ration europĂ©enne des travailleurs des transports (ETF). Le Parlement europĂ©en doit aborder Ă  la mi-novembre la poursuite de l’ouverture Ă  la concurrence du rail europĂ©en. Les cheminots ont tout intĂ©rĂȘt Ă  dire “NON Ă  la libĂ©ralisation” des chemins de fer et Ă  lutter pour la dĂ©fense de ce service public.

    “Chers collĂšgues, le 27 octobre, les conducteurs de trains belges sont entrĂ©s spontanĂ©ment en grĂšve. Cette action a Ă©tĂ© suivie massivement dans tout le pays. Dans les jours Ă  venir, des actions vont avoir lieu dans les ateliers et chez le personnel de triage. La politique de libĂ©ralisation signifie pour nous un dĂ© tricotage complet de notre statut, une grande incertitude quant au travail dans le secteur marchandises et des conditions de travail trĂšs pĂ©nibles. Par ex. pour les conducteurs : 15 Ă  20 jours de moins de repos par an, des services de 13 heures avec des coupures. Egalement la possibilitĂ© pour la direction d’écarter d’un coup de crayon tout qui les gĂȘnerait dans le secteur marchandises : les malades, les femmes enceintes, les gens combattifs


    “Afin de faire passer ces mesures de restructurations, la direction met une pression individuelle sur chaque conducteur, alors que nous sommes de plus en plus convaincus qu’il s’agit d’un combat collectif en Europe. Regroupons nos forces Ă  l’avenir, prenons des contacts en vue d’une lutte europĂ©enne contre cette politique de libĂ©ralisation. Par ce biais, nous voulons dĂ©jĂ  affirmer notre solidaritĂ© avec vos actions. Nous vous souhaitons beaucoup de succĂšs, de la part des 99% de cheminots belges qui sont victimes de la libĂ©ralisation, en partant des conducteurs de trains d’Anvers Nord”.

  • Ne croyez pas aux mensonges de Logistics !

    La direction de Logistics va expliquer ses conditions de travail lors de diffĂ©rentes rĂ©unions. Celles-ci n’ont pas Ă©tĂ© nĂ©gociĂ©es avec les syndicats. La direction nous approche individuellement ; il faut lui donner une rĂ©ponse collective. Ensemble, on est plus fort !

    SNCB Logistics impose des conditions de travail de maniÚre unilatérale, sans consulter les syndicats

    • Les conducteurs du trafic intĂ©rieur travaillent maximum 10h.
    • Les conducteurs internationaux travaillent 13h, dont 3h de “pause”. Le but est clairement de limiter le nombre de dĂ©couches et de prestations.
    • Une prolongation du temps de travail de 36 Ă  38h par semaine est prĂ©vue, avec en consĂ©quence la perte de 13 jours de compensation.
    • Une augmentation de salaire brute de  2%.
    • Une prime mensuelle brute de 100 euros pour les conducteurs internationaux, qui ne compensera pas la perte des primes de dĂ©couche.
    • Une voiture d’entreprise avec carte essence (Skoda Break ou Sedan) pour commencer le service dans d’autres dĂ©pĂŽts. Au maximum, une demi-heure de trajet sera considĂ©rĂ©e comme du temps de travail. Deplus, nous serons taxĂ©s sur la voiture d’entreprise.

    Maintien du statut en cas de détachement externe ?

    Selon la loi, cela doit ĂȘtre temporaire. Seules deux pĂ©riodes de 6 mois sont permises. AprĂšs, le statut expirera. MĂȘme si l’on inscrit le maintien du statut dans le contrat de travail, ou si l’on allonge le dĂ©tachement, ce n’est pas conforme Ă  la loi. La possibilitĂ© est rĂ©elle qu’un operateur privĂ© porte plainte. La direction syndicale doit dissiper cela au plus vite.

    Pas de reprise par un operateur étranger ?

    Une fois que suffisamment de contractuels travailleront chez Logistics, la vente est possible. Avec une nouvelle crise qui arrive, et la menace d’une faillitte, ce sera prĂ©sentĂ© comme inĂ©vitable.

    Ne pas signer = ne plus conduire ?

    On vous rĂ©utilisera au sein du groupe SNCB, mais vous perdrez votre ancien emploi, et tous les avantages qui vont avec. Pour ceux qui n’ont pas assez d’annĂ©es d’anciennetĂ©, cela signifie mĂȘme une perte de salaire. C’est du chantage ! Mais ça ne fonctionne que si les autres signent.

    SĂ©curitĂ© de l’emploi ?

    L’insĂ©curitĂ© des dĂ©tachĂ©s est presque aussi Ă©lĂ©vĂ©e que celle des contractuels. Que fait-on en cas de maladie de longue durĂ©e ou de conflits sur des conditions de travail ou la sĂ©curitĂ© ? Il suffit d’une signature pour que le Holding te rĂ©quisitionne. Fini les indemnitĂ©s de sommeil et fini la voiture d’entreprise dans ce cas-lĂ . On tombe sur un barĂšme plus bas. Avec la croissance du nombre de contractuels, la position des dĂ©tachĂ©s s’afaiblit. La sĂ©curitĂ© de l’emploi, c’est justement le grand atout du statut.

    Ce n’est pas clair si SNCB Logistics dispose de suffisamment d’argent pour former les contractuels. De plus, c’est possible que ce ne soit pas moins cher que ‘louer’ des conducteurs statutaires. Logistics ne peux pas nous contourner; dans ce sens, nous sommes forts. A nous de rĂ©fuser collectivement. Si Logistics se dĂ©barasse du transport diffusĂ© non lucratif, elle aura besoin de beaucoup moins de conducteurs.

    Le transport de marchandise ferroviaire devrait ĂȘtre transfĂ©rĂ© au privĂ©, mais en mĂȘme temps le gouvernement veut bien donner 4 milliards d’euros pour sĂ©curiser les profits privĂ©s de Dexia. Pendant qu’ici, on continue le chemin de la libĂ©ralisation et de la privatisation, en Grand-Bretagne, les demandes de renationalisation du secteur ferroviaire en entier se font plus fortes. Le personnel et les voyageurs revendiquent une nationalisation sous le contrĂŽle des travailleurs et des usagers.

  • Action de protestation des cheminots devant le bĂątiment de la SNCB

    Vendredi derniers, quelques centaines de cheminots ont manifestĂ© devant le bĂątiment de la SNCB, prĂšs de la gare du Midi Ă  Bruxelles. Il Ă©tait question de protester contre le plan d’austĂ©ritĂ© discutĂ© lors du conseil d’administration de la sociĂ©tĂ© de chemins de fer. Les syndicats protestent contre la menace de la suppression de plus de 300 trains par jour, en plus de la fermeture de plusieurs gares et points d’arrĂȘts. Pour Dexia, l’argent public est immĂ©diatement disponible sous forme de garanties pour une ‘‘bad bank’’. Les profits privĂ©s sont prioritaires dans cette sociĂ©tĂ©, contre les intĂ©rĂȘts, par exemple, du personnel ferroviaire et des usagers. Nous sommes pour une sociĂ©tĂ© renversera ces prioritĂ©s.

  • TEC : Il faut un plan d’action qui unisse travailleurs et usagers!

    Les derniĂšres journĂ©es de grĂšve qui ont touchĂ© le TEC en rĂ©gion liĂ©geoise, au sujet d’un problĂšme relatif au statut des chefs d’Ă©quipes techniques, ont fait beaucoup de bruit. Tandis qu’un groupe facebook appelait Ă  une manifestation pour ce samedi contre ces grĂšves et pour le service minimum, une fois de plus, ce fut aussi l’occasion de constater Ă  nouveau Ă  quel point la presse traditionnelle est bien peu ‘‘objective’’ dans sa maniĂšre de traiter l’information.

    Pour RTL-TVI – qui s’est fait une certaine rĂ©putation en trainant dans la boue le moindre conflit social – c’était l’occasion Ă  ne pas louper ! Un de ses reportages annonçait : des ‘‘LiĂ©geois pris en otage par la TEC’’ veulent voir les TEC privatisĂ©s. Et le journaliste de poursuivre en parlant des chauffeurs de lignes privĂ©es qui, eux, n’arrĂȘtent pas de travailler, mĂȘme quand ils reçoivent des pavĂ©s sur les bus. Tout juste est-il briĂšvement expliquĂ© que, quand mĂȘme, dans le privĂ©, on roule 12, parfois 14 heures d’affilĂ©e
 Et oui, faire grĂšve, c’est utile, et ça permet de dĂ©fendre les droits des travailleurs, mais bon, ça, on prĂ©fĂšre ne pas trop en parler Ă  RTL.

    Quant au quotidien-feuille-de-choux liĂ©geois La Meuse, il n’a pas non plus hĂ©sitĂ© et a de son cĂŽtĂ© et notamment titrĂ© : ‘‘Les chauffeurs et les syndicats font-ils “la grĂšve du cerveau”? Ce n’est pas avec le mĂȘme ton et la mĂȘme arrogance qu’ils parlent de l’austĂ©ritĂ© ou des profits des grands actionnaires, loin de là
 En fait, la couverture mĂ©diatique de la grĂšve fut unilatĂ©ralement utilisĂ©e comme une campagne de propagande destinĂ©e Ă  pousser l’idĂ©e du service minimum et de la privatisation des transports en commun.

    Autre Ă©lĂ©ment, cet appel Ă  manifester contre les grĂšves au TEC et pour l’instauration du service minimum lancĂ© par deux Ă©tudiants liĂ©geois (tous deux prĂ©cisent toutefois bien qu’ils sont contre la privatisation du TEC et qu’ils croient au service public). Bien entendu, nous comprenons bien que cette grĂšve, survenue en pleine pĂ©riode d’examen, a entraĂźnĂ© de nombreuses complications. Mais pour rĂ©ellement parvenir Ă  une solution, l’instauration du service minimum n’est pas une aide, que du contraire. Pour la direction du TEC, ce serait l’occasion de faire passer des mesures d’austĂ©ritĂ©, d’attaquer les conditions de travail et de salaire,
 et les travailleurs ne seront pas les seuls Ă  en pĂątir ! Comme les usagers des transports en commun ne le savent que trop bien, le manque de moyens, de personnel,
 cela a comme rĂ©sultat des retards, des suppressions de ligne,
 Au final, dĂ©fendre le droit de grĂšve, c’est dĂ©fendre un moyen destinĂ© Ă  lutter pour un service public de qualitĂ©.

    On ne fait jamais grĂšve par plaisir, contrairement Ă  ce que certains mĂ©dias tentent de nous faire avaler. Souvent, quand la raison officielle d’une grĂšve semble infime, c’est qu’elle est la goutte d’eau qui a fait dĂ©border le vase. Il s’agit dĂšs lors plus d’un contexte d’accumulation de frustration et de colĂšre face Ă  une accumulation de problĂšmes. Mais, tant au TEC qu’à la SNCB et ailleurs, ces problĂšmes s’accumulent sans qu’un plan d’action syndical ne soit discutĂ© et sans que les directions syndicales ne s’en soucient de trop. Anne Demelenne, la secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de la FGTB, s’est d’ailleurs publiquement dĂ©douanĂ©e de ces actions de grĂšve lorsqu’elle Ă©tait en visite auprĂšs du trĂšs (trĂšs) patronal ‘‘Cercle de Lorraine’’, en prĂ©cisant que la grĂšve avait d’abord Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e par la CSC
 On fait mieux comme soutien aux luttes des travailleurs !

    Imaginons l’impact qu’aurait une campagne de sensibilisation des syndicalistes du TEC Ă  destination des usagers, expliquant en dĂ©tail les problĂšmes auxquels les travailleurs font face, Ă  quel point cela nuit Ă  la prestation d’un service de qualitĂ©,
 avec distribution de tracts, affiches aux arrĂȘts de bus,


    Il serait non seulement possible de barrer la route Ă  la propagande patronale dans les mĂ©dias en s’en prenant Ă  l’incomprĂ©hension des usagers, mais aussi d’appeler ces derniers Ă  la solidaritĂ©. Une telle lutte, prĂ©parĂ©e suffisamment longtemps Ă  l’avance, aurait un puissant impact, non seulement dans ce secteur prĂ©cis, mais Ă©galement dans d’autres, en illustrant comme gagner l’opinion publique et l’impliquer dans la lutte.