Author: geert

  • Action contre la hausse des prix de la STIB à Bruxelles

    Ce mercredi 1er février, les nouveaux tarifs entraient en vigueur à la STIB (la société de transport en commun bruxelloise). Une vingtaine d’usagers s’étaient donnés rendez-vous devant les portes de la station Parvis de Saint Gilles afin de protester contre cette énième hausse, une action soutenue par le PSL/LSP et EGA/ALS.

    Cette nouvelle hausse couplée aux coupes budgétaires du gouvernement Picqué à Bruxelles pour la STIB est une tentative scandaleuse de faire payer les pénuries aux usagers et aux travailleurs.

    En effet dans les coupes budgétaires, 5 millions ont été retirés du budget salarial. Le gouvernement Di Rupo ainsi que le gouvernement Picqué veulent faire payer la crise aux travailleurs, aux jeunes et à leur famille. Les mesures d’austérité au niveau fédéral s’accompagnent de toute une série d’assainissements aux niveaux régional ou communal.

    A chaque fois les acquis sociaux, les services publics sont attaqués. “Ils prêtent aux banques avec un taux d’intérêt nul et ensuite ils nous disent qu’il n’y a pas d’autres solutions que l’austérité” nous a expliqué un passant.

    Voici le texte du tractque nous avons distribué lors de cette action. Nous invitons toutes les personnes qui veulent continuer cette campagne, prendre des initiatives pour résister à ces mesures de prendre contact avec nous. Usagers travailleurs solidarité!  Nous luttons pour des transports publics gratuits et de qualité, ce n’est pas à nous de payer pour leur crise!

  • TEC, STIB, De Lijn : Personnel et usagers, défendons nos transports en commun !

    Le 1er février, les tarifs des transports en commun seront plus élevés dans tout le pays. A Bruxelles, l’augmentation est de 4,5% en moyenne, avec des titres de transport à bord de 2,50€ ! Le nouvel abonnement scolaire coûtera notamment 40 euros en plus. En Wallonie, l’augmentation est en moyenne de 5,52%, les abonnements annuels étant particulière touchés : + 7,5% ! En Flandre, les tarifs de De Lijn sont majorés de 2,7% et l’abonnement réservé aux plus de 60 ans disparaît.

    Le sous-financement public dont souffrent nos transports en commun à travers tout le pays est payé cash par les usagers, qui subissent chaque année des hausses de tarifs incessantes. Mais ce sont aussi les conditions de travail du personnel qui sont mis à mal par ce désinvestissement.

    A Bruxelles, les coupes budgétaires de 46 millions d’euros appliquées par la coalition Olivier (PS, CDH et ECOLO) pour la STIB comportaient ainsi des attaques salariales à hauteur de 5,5 millions d’euros. La mobilité, priorité de l’Olivier ? C’est tout à fait le chemin inverse qui est suivi.

    En Flandre, après déjà deux ans de sévères économies, la société De Lijn doit à nouveau sabrer 60 millions d’euros de son budget. Le service sera fortement réduit et, en plus des 400 emplois passés à la trappe ces deux dernières années, 600 autres vont suivre le même chemin. Le gouvernement flamand estime encore que 500 millions d’euros d’économies supplémentaires devront être trouvés pour 2012. Jan Peunmans (N-VA), président du parlement de la communauté flamande, avait déjà donné le ton en disant que la ‘‘politique de gratuité’’ n’est plus tenable. Finalement, dans les faits, la logique de la N-VA et celle des partis francophones soi-disant ‘‘progressistes’’ se révèlent fortement similaires une fois au pouvoir.

    La logique est partout la même, et conduit à un cercle vicieux : il n’y a pas assez de rentrées, donc on économise sur l’offre de service (suppression ou compression de lignes,…) et on augmente les tarifs. Du coup, les transports en commun sont moins attractifs pour les usagers, ce qui entraîne une nouvelle tournée de mesures d’assainissements et ainsi de suite. Ce sous-financement crée donc tous les problèmes qui servent ensuite à expliquer que la privatisation est la seule solution face aux dysfonctionnements et aux pénuries.

    Ce dont nous avons besoin, c’est d’une opposition basée sur un plan d’action concret visant à unir usagers et personnel dans la lutte pour la défense de nos transports publics, primordiaux dans le cadre de la lutte contre la pollution et les embouteillages. Dans cet esprit, deux réunions concernant les problèmes de la SNCB ont déjà été organisées à Bruxelles, à l’initiative des syndicats de cheminots. Pourquoi ne pas faire de même dans les services de métros, de trams et de bus ? Parvenir à un véritable service public de qualité, abordable et avec de bonnes conditions de travail ne peut s’obtenir que par un refinancement public massif et par un contrôle exercé sur la gestion du service par les travailleurs et les usagers. Pour l’instant, c’est l’inverse qui se construit. On se dirige notamment vers la privatisation des métros bruxellois, reconnus très rentables.

  • Van Quickenborne à l’offensive contre les cheminots !

    Van Quickenborne part à la chasse contre les retraites au Parlement. Que signifie ce projet de Loi pour le personnel du rail ?

    Comme pour beaucoup d’autres, cela signifie de travailler plus longtemps, pour une pension plus petite.

    Le personnel roulant pourra partir à 57 ans, après 32 ans de service. Aujourd’hui, on peut partir à 55 ans, après 30 ans de services. Le personnel sédentaire pourra quitter le travail à 62 ans, après avoir eu une carrière de 40 ans, contre 60 ans actuellement, après 35 ans de carrière. Le problème, c’est plus principalement ce second point. Quelqu’un qui, par exemple, a travaillé 7 ans dans l’Horeca et 25 ans aux guichets peut, selon le système actuel, partir à 60 ans. Si cette réforme des pensions réussi à passer, il ne pourra partir qu’à 65 ans.

    Aujourd’hui, notre pension calculée sur le ‘’salaire final’’. Le gouvernement veut prendre pour base la moyenne des dix dernières années, un énorme retour en arrière, alors que nous perdons déjà en pouvoir d’achat malgré l’index et la péréquation. Par ailleurs, l’interruption volontaire de carrière ne sera plus comprise que pour un an maximum dans le calcul de la pension.

    Outre les économies déjà prévues dans la SNCB, 300 millions d’euros vont à nouveau être coupés. Cela, en plus des 650 postes qui vont déjà être supprimés dans les ateliers, des près de 2000 postes consécutifs à la centralisation des aiguillages, aux 200 dus à la fermeture de guichets, et de la suppression de 130 trains. Et encore en plus de la préparation de la vente au privé du fret.

    La réaction des cheminots et cheminotes doit faire boule de neige dans le reste du secteur public. Elle doit aussi s’étendre au privé. C’est une bonne impulsion à la mobilisation pour la grève générale du 30 janvier 2012.

    Informer, sensibiliser, mobiliser… pour préparer la grève générale du 30 janvier !

    Van Quickenborne parle d’un train d’assainissements. Il s’y connait pourtant peu en matière ferroviaire, c’est très clair au vu de sa proposition visant à s’attaquer aux pensions des machinistes. Avec lui au volant, pas besoin de signalisation, il y va franchement.

    Les syndicats des services publics, cheminots en tête, entrent en résistance, peut-être même pour plusieurs jours. Espérons que les choses n’en resteront pas là et qu’une nouvelle date arrivera pour à nouveau mobiliser les services publics, plus de 3 jours à l’avance. Ce serait une excellente préparation pour la grève générale, secteurs privé et public confondus, du 30 janvier.

    Avant le 2 décembre, les métallos FGTB Wallonie-Bruxelles avaient communiqué un plan d’action capable de stopper l’avalanche d’assainissements. Par la voix de leur président Nico Cué, cette proposition comprenait une grève générale de 24 heures en janvier et, si le gouvernement n’écoute pas, de 48 heures en avril et si nécessaire de 72 heures en juin. C’était encore avant que Van Quickenborne aie ouvert les hostilités. Il faudra probablement revoir le calendrier, mais le principe reste valable, bien qu’il faille probablement déjà planifier la grève de 48 heures en février ou mars et celle de 72 heures non pas juste avant l’été, mais beaucoup plus tôt.

    Les syndicats doivent négocier, mais pas sans tenir un bon bâton derrière leur dos, avec une campagne d’information dans les entreprises afin de discuter des conséquences des mesures gouvernementales pendant des arrêts de travail et où on peut démocratiquement préparer les actions. Avec des journées d’actions, des grèves et des manifestations régionales et sectorielles, en préparation d’une série de grèves générales allant crescendo. Nous pensons que le message central à faire passer devrait être : nous n’avons pas provoqué la crise, nous ne la payerons pas!

     
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  • Les chemins de fer sous pression – le personnel à l’offensive !

    Ces derniers temps, le personnel de la SNCB a lancé plusieurs actions et appels à la grève. Les mesures d’assainissement se multiplient et menacent tous les domaines, mais la résistance se développe. Pour contrer ces mesures antisociales, le personnel ne se contente pas toujours de suivre les directives des syndicats; la colère est grande parmi la base, et cette colère s’exprime dans des actions spontanées. Lutte Socialiste a interviewé deux militants combatifs.

    Quelle est la situation à la SNCB ? D’où proviennent toutes ces actions ?

    ‘‘Actuellement, il y a des préparations d’attaques contre le personnel de la SNCB, et ce à chaque niveau. Tant les politiciens traditionnels que la direction s’y préparent. Ces plans menacent non seulement les conditions de travail et les emplois des cheminots, mais aussi l’existence de la SNCB en tant que service public abordable. Tout est fait pour que la SNCB devienne une entreprise rentable et concurrentielle, ce qui va directement à l’encontre des intérêts du personnel et des passagers.’’

    ‘‘Les mesures d’austérité les plus drastiques visent actuellement surtout le transport de marchandises. Il est donc logique que c’est ce secteur que nous défendons le plus en ce moment. Une partie de la direction syndicale considère le transport de marchandises comme une cause perdue, nous savions donc très bien que si nous voulions que les choses bougent, il fallait les prendre en main nous-mêmes.’’

    Comment avez-vous mis la lutte en route ?

    ‘‘Cela a été un travail de longue haleine. Durant la période calme, nous nous sommes préparés pour cette lutte qui apparaissait inévitable. Nous avons organisé des réunions avec des militants de tous les syndicats durant lesquelles nous avons constamment mis l’accent sur la nécessité de lutter. C’était important afin que ces réunions aient vraiment un sens et ne conduisent pas simplement à des renégociations. C’était aussi de bonnes occasions pour discuter avec nos collègues et nous préparer ainsi au combat à venir.’’

    ‘‘La SA Logistics a organisé des séances d’information dans des hôtels pour présenter ses nouvelles mesures. En fait, le but était de prendre les travailleurs individuellement et de leur mettre la pression pour qu’ils acceptent ces nouvelles conditions de travail impraticables. Ces séances ont mis le feu aux poudres. La colère parmi la base était énorme, et le développement des actions s’est alors accéléré.’’

    ‘‘Les actions et les piquets de grève ont été l’occasion de constater la grande combativité et l’implication de chacun. A l’un des piquets, des représentants de la direction se sont déplacés afin d’avoir une conversation avec quelques responsables. Nous avons refusé et leur avons demandé de s’adresser à tout le monde. Leurs positions et leurs discours ont encore renforcé la détermination au piquet.’’

    Envisagez-vous de poursuivre la lutte?

    ‘‘Absolument. Lorsque nous sommes confrontés à des attaques de cette ampleur, nous n’avons pas d’autre choix que de lutter. Nous sommes au pied du mur. Les piquets et les actions que nous avons organisés nous ont donné l’occasion de discuter avec nos collègues des mesures et de leurs conséquences.’’

    ‘‘Mais il est crucial d’établir un plan d’action. Il faut avoir des perspectives pour la lutte. Si nous sentons que les actions ne servent qu’à laisser échapper un peu de vapeur pour nous faire finalement accepter les mesures d’austérité, alors elles n’ont pas lieu d’être. Beaucoup de travailleurs ont maintenant le sentiment d’avoir leur propre lutte en main et de pouvoir pousser la direction syndicale dans la bonne direction.’’

    ‘‘Pour obtenir des résultats, nous devons discuter de la meilleure façon de mener la lutte. Nous croyons qu’il sera également nécessaire de regarder au-delà de nos frontières. La Belgique n’est pas le seul pays où les chemins de fer sont attaqués, et elle n’est pas non plus le seul pays où la résistance s’organise. Les grèves générales dans d’autres pays montrent l’exemple, nous avons besoin d’une résistance unifiée en Europe contre les mesures imposées par les autorités européennes. Il n’y a que de cette façon que nous pourrons obtenir des résultats.’’

    Quelles sont vos demandes spécifiques sur le long terme ? Quels résultats voulez-vous obtenir ?

    ‘‘Bien sûr, nous nous opposons aux projets d’assainissements proposés. Nous ne voulons pas d’assainissements dans nos emplois et nos conditions de travail, ni dans les services aux usagers. Nous voulons inverser la tendance actuelle de la libéralisation pour que la SNCB puisse devenir un vrai service public.’’

    ‘‘Pour cela, il faut se concentrer sur ce qui est nécessaire dans la société et ensuite faire correspondre l’offre aux besoins, afin d’être plus efficaces. Par exemple, pendant l’été, les locomotives et leurs conducteurs pourraient être affectés au transport de personnes. Durant cette période, il y a moins de marchandises et davantage de touristes. Ces mesures on ne peut plus logiques sont inapplicables à l’heure actuelle, en conséquence directe de la libéralisation.’’

    ‘‘Le fractionnement infini des services d’organisation (ateliers, transport de marchandises,…) conduit à des pertes importantes. Il faut comprendre que la politique libérale consistant à faire plus avec moins n’est pas seulement absurde mais aussi dangereuse. C’est une menace pour les conditions de travail et aussi pour la qualité des services et leur sécurité. Il faut à tout prix s’y opposer.’’

    Quel rôle les militants individuels peuvent-ils jouer dans la lutte ?

    ‘‘Ils peuvent jouer un très grand rôle. C’est pour cela que nous voulons réintroduire certaines traditions du mouvement ouvrier. Les piquets par exemple sont l’occasion idéale pour discuter avec les collègues et décider de l’avenir de la lutte. Cela nous donne aussi l’occasion de discuter avec d’autres travailleurs.’’

    ‘‘La tradition de solidarité avec d’autres secteurs doit aussi être réintroduite. Nous ne sommes pas les seuls à être menacés. Jetez un coup d’œil à l’enseignement, aux soins de santé,… Là aussi, il y aura des luttes. Espérons que des mouvements se développeront de façon combative. Car c’est uniquement par la lutte qu’on peut espérer gagner. Une lutte unifiée sera d’une importance cruciale pour mettre fin à tous les assainissements.’’

    Merci pour l’interview, et bon succès dans la lutte !

  • Grève à la SNCF : Message de solidarité

    Ce mardi 8 novembre, différents syndicats français avaient appelés les travailleurs de la SNCF à partir en grève dans le cadre d’une journée d’action européenne contre la libéralisation du rail à l’appel de la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF). Le Parlement européen doit aborder à la mi-novembre la poursuite de l’ouverture à la concurrence du rail européen. Les cheminots ont tout intérêt à dire “NON à la libéralisation” des chemins de fer et à lutter pour la défense de ce service public.

    “Chers collègues, le 27 octobre, les conducteurs de trains belges sont entrés spontanément en grève. Cette action a été suivie massivement dans tout le pays. Dans les jours à venir, des actions vont avoir lieu dans les ateliers et chez le personnel de triage. La politique de libéralisation signifie pour nous un dé tricotage complet de notre statut, une grande incertitude quant au travail dans le secteur marchandises et des conditions de travail très pénibles. Par ex. pour les conducteurs : 15 à 20 jours de moins de repos par an, des services de 13 heures avec des coupures. Egalement la possibilité pour la direction d’écarter d’un coup de crayon tout qui les gênerait dans le secteur marchandises : les malades, les femmes enceintes, les gens combattifs…

    “Afin de faire passer ces mesures de restructurations, la direction met une pression individuelle sur chaque conducteur, alors que nous sommes de plus en plus convaincus qu’il s’agit d’un combat collectif en Europe. Regroupons nos forces à l’avenir, prenons des contacts en vue d’une lutte européenne contre cette politique de libéralisation. Par ce biais, nous voulons déjà affirmer notre solidarité avec vos actions. Nous vous souhaitons beaucoup de succès, de la part des 99% de cheminots belges qui sont victimes de la libéralisation, en partant des conducteurs de trains d’Anvers Nord”.

  • Action de protestation des cheminots devant le bâtiment de la SNCB

    Vendredi derniers, quelques centaines de cheminots ont manifesté devant le bâtiment de la SNCB, près de la gare du Midi à Bruxelles. Il était question de protester contre le plan d’austérité discuté lors du conseil d’administration de la société de chemins de fer. Les syndicats protestent contre la menace de la suppression de plus de 300 trains par jour, en plus de la fermeture de plusieurs gares et points d’arrêts. Pour Dexia, l’argent public est immédiatement disponible sous forme de garanties pour une ‘‘bad bank’’. Les profits privés sont prioritaires dans cette société, contre les intérêts, par exemple, du personnel ferroviaire et des usagers. Nous sommes pour une société renversera ces priorités.

  • TEC : Il faut un plan d’action qui unisse travailleurs et usagers!

    Les dernières journées de grève qui ont touché le TEC en région liégeoise, au sujet d’un problème relatif au statut des chefs d’équipes techniques, ont fait beaucoup de bruit. Tandis qu’un groupe facebook appelait à une manifestation pour ce samedi contre ces grèves et pour le service minimum, une fois de plus, ce fut aussi l’occasion de constater à nouveau à quel point la presse traditionnelle est bien peu ‘‘objective’’ dans sa manière de traiter l’information.

    Pour RTL-TVI – qui s’est fait une certaine réputation en trainant dans la boue le moindre conflit social – c’était l’occasion à ne pas louper ! Un de ses reportages annonçait : des ‘‘Liégeois pris en otage par la TEC’’ veulent voir les TEC privatisés. Et le journaliste de poursuivre en parlant des chauffeurs de lignes privées qui, eux, n’arrêtent pas de travailler, même quand ils reçoivent des pavés sur les bus. Tout juste est-il brièvement expliqué que, quand même, dans le privé, on roule 12, parfois 14 heures d’affilée… Et oui, faire grève, c’est utile, et ça permet de défendre les droits des travailleurs, mais bon, ça, on préfère ne pas trop en parler à RTL.

    Quant au quotidien-feuille-de-choux liégeois La Meuse, il n’a pas non plus hésité et a de son côté et notamment titré : ‘‘Les chauffeurs et les syndicats font-ils “la grève du cerveau”? Ce n’est pas avec le même ton et la même arrogance qu’ils parlent de l’austérité ou des profits des grands actionnaires, loin de là… En fait, la couverture médiatique de la grève fut unilatéralement utilisée comme une campagne de propagande destinée à pousser l’idée du service minimum et de la privatisation des transports en commun.

    Autre élément, cet appel à manifester contre les grèves au TEC et pour l’instauration du service minimum lancé par deux étudiants liégeois (tous deux précisent toutefois bien qu’ils sont contre la privatisation du TEC et qu’ils croient au service public). Bien entendu, nous comprenons bien que cette grève, survenue en pleine période d’examen, a entraîné de nombreuses complications. Mais pour réellement parvenir à une solution, l’instauration du service minimum n’est pas une aide, que du contraire. Pour la direction du TEC, ce serait l’occasion de faire passer des mesures d’austérité, d’attaquer les conditions de travail et de salaire,… et les travailleurs ne seront pas les seuls à en pâtir ! Comme les usagers des transports en commun ne le savent que trop bien, le manque de moyens, de personnel,… cela a comme résultat des retards, des suppressions de ligne,… Au final, défendre le droit de grève, c’est défendre un moyen destiné à lutter pour un service public de qualité.

    On ne fait jamais grève par plaisir, contrairement à ce que certains médias tentent de nous faire avaler. Souvent, quand la raison officielle d’une grève semble infime, c’est qu’elle est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il s’agit dès lors plus d’un contexte d’accumulation de frustration et de colère face à une accumulation de problèmes. Mais, tant au TEC qu’à la SNCB et ailleurs, ces problèmes s’accumulent sans qu’un plan d’action syndical ne soit discuté et sans que les directions syndicales ne s’en soucient de trop. Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB, s’est d’ailleurs publiquement dédouanée de ces actions de grève lorsqu’elle était en visite auprès du très (très) patronal ‘‘Cercle de Lorraine’’, en précisant que la grève avait d’abord été déclenchée par la CSC… On fait mieux comme soutien aux luttes des travailleurs !

    Imaginons l’impact qu’aurait une campagne de sensibilisation des syndicalistes du TEC à destination des usagers, expliquant en détail les problèmes auxquels les travailleurs font face, à quel point cela nuit à la prestation d’un service de qualité,… avec distribution de tracts, affiches aux arrêts de bus,…

    Il serait non seulement possible de barrer la route à la propagande patronale dans les médias en s’en prenant à l’incompréhension des usagers, mais aussi d’appeler ces derniers à la solidarité. Une telle lutte, préparée suffisamment longtemps à l’avance, aurait un puissant impact, non seulement dans ce secteur précis, mais également dans d’autres, en illustrant comme gagner l’opinion publique et l’impliquer dans la lutte.

  • Le train des eurodéputés bloqué par des syndicalistes et des jeunes indignés

    Ce matin, à la gare du Midi, une centaine des syndicalistes et de jeunes ont bloqué le train spécial prévu pour les eurodéputés, reliant Bruxelles à Strasbourg.
    L’action était organisée par les comités d’action Europe qui s’opposent au projet de “gouvernance économique” de l’UE qui sera au cœur des débats cette semaine à Strasbourg et qui devrait être voté le 23 juin à Bruxelles. La commission européenne veut imposer l’austérité partout en Europe pour faire payer la crise du capitalisme aux travailleurs et à leurs familles. En voulant imposer des amendes aux pays qui n’atteindrait pas les critères économiques, elle veut presser les gouvernements à ne pas reculer devant les protestations de masse et continuer les coupes budgétaires, les privatisations et la baisse de salaires. “Tous ensembles, tous ensembles !” ou “Austérité, Précarité, ils sont fous, indignez-vous !”, tels étaient les slogans scandés ce matin. Le mouvement des jeunes et des travailleurs en Espagne et en Grèce est une source d’inspiration ici.
     
    Cette action pour les comités d’action Europe est le lancement de la mobilisation pour le rassemblement prévu le 22 juin à 18h place Schuman à Bruxelles contre le sommet de l’UE du 23-24 juin, suivi d’une assemblé sur le modèle d’occupation des places en Espagne et en Grèce.

  • Libéraliser : une voie sans issue

    Aujourd’hui nous manifestons au parlement Européen et le personnel qui n’est pas crucial pour le trafic d’aujourd’hui est en grève contre le projet ferroviaire de l’Union Européenne.L’Europe libérale veut poursuivre sa politique désastreuse pour le personnel et pour les voyageurs. L’UE exige une séparation totale de l’exploitation et de l’infrastructure des chemins de fer afin de pouvoir mener une politique de compétition ‘‘transparente et honnête’’. C’est un pas de plus vers la privatisation du trafic ferroviaire en donnant accès au réseau à des entreprises privés. Pour 2012, l’UE veut libéraliser le trafic intérieur de voyageurs.
    Cela détériorera les statuts et les conditions de travail du personnel tout comme la qualité des services aux voyageurs. Et, comme nous avons déjà pu le constater lorsque la téléphonie et l’énergie ont été libéralisées, cela n’entrainera pas des prix plus abordables. Au contraire, il faudra payer plus pour une prestation de services moindre. L’UE veut créer des structures séparées pour les gares, les ateliers et les le trafic de marchandises afin de les ouvrir à la concurrence.

    L’UE veut encore museler le droit de grève. Toute résistance contre les services lamentables et la détérioration des conditions de travail sera entravée par un ‘‘service minimum assuré’’. Au regard des trains pleins à craquer aux heures de pointe, on ne peut que constater que le service quotidien est déjà particulièrement minimal.

    Libéraliser, c’est synonyme de priorité au profit contre le confort et la ponctualité pour les voyageurs et contre la sécurité et des conditions de travail convenables pour les cheminots. Les directions prétendent que ce sont les actions de grève du personnel qui détruisent l’entreprise, une manière consciente d’éluder leur responsabilité écrasante. Le personnel veut faire son travail : livrer un service de qualité convenable à des conditions de travail humaines. C’est en réalité la direction qui plume la SNCB depuis des années et ensuite démantèle les services et attaques les statuts du personnel.
    SNCB-Logistics doit à nouveau assainir 51 millions d’euros. La précédente promesse de sauvegarder 531 emplois statutaires au transport de marchandises est brisée. Des dépôts tel que celui de Ronet (Namur) seront fermés et une partie de l’entretien se fera à l’étranger. La SNCB seule aurait une dette de 1 milliard d’euros fin 2011 alors que tout le groupe avait une dette de 3 milliards d’euros fin 2010.

    Au lieu d’investir dans le consulting externe (220 millions d’euros en 2010) et les projets de prestiges ou de donner des salaires himalayesques à la direction, il vaudrait bien mieux investir afin de garantir un service convenable. Cela implique d’avoir des trains de haute qualité qui ne tombent plus tous le temps en panne, des trains ponctuels avec du personnel motivé par de bonnes conditions de travail et un salaire adéquat. Cela implique également des investissements conséquents dans la sécurité.

    Différents pays européens connaissent des problèmes similaires. Les syndicats de chaque pays et l’ETF (European Transport Workers’ Federation ) doivent commencer une campagne d’information envers les voyageurs et mobiliser le personnel contre les directives libérales de l’Europe. En militant ensemble, coordonnés, et en organisant la solidarité entre le personnel et les voyageurs, nous pouvons dépasser la politique de diviser-pour-régner des politiciens traditionnels.

    Avoir un bon service de transports, de chemins de fer et de transports en commun ne peut être concrétisé que si le secteur est nationalisé, sous le contrôle démocratique du personnel et des usagers, avec suffisamment d’investissement pour effectuer une prestation de service de qualité dans la sécurité, le confort et avec des conditions de travail correctes.

  • Non aux assainissements dans les transports publics!

    Par un chauffeur de bus

    Les politiciens traditionnels parlent sans cesse d’environnement et de mobilité. Mais derrière les mots, on étouffe les transports publics. La STIB (à Bruxelles) doit assainir 46 millions d’euros de son budget, De Lijn 51,8 millions d’euros en 2010 et plus encore en 2011 et, au TEC, la dotation du gouvernement wallon a été gelée de 2008 à 2014, ce qui fait que, cette année, il y aura un déficit de 9,9 millions d’euros à éliminer.

    Ces économies menacent la prestation de services et augmentent la charge de travail. Dans une interview pour Trends/Tendance, Werner Jacobs, le nouveau directeur financier de De Lijn, a déclaré vouloir éliminer les ‘‘heures creuses’’. Il précise : c’est le temps compris entre les voyages. La direction souhaite donc réduire le temps de repos des chauffeurs au minimum. Mais des chauffeurs qui sont 7, 8 ou 9 heures au volant commencent bien sûr à fumer dans le bus ou à rouler sans tenir compte des limites de vitesses, histoire de se ménager quelques minutes de pause avant le prochain trajet.

    En octobre, De Lijn a publié les résultats d’une enquête parmi les voyageurs. Le mécontentement augmente, surtout concernant le manque de ponctualité et le manque de place dans les bus, problèmes que les mesures d’assainissement ne vont faire que renforcer. La réduction du temps de repos entre deux voyages réduit aussi la possibilité de gagner du temps après un retard. En plus, De Lijn limite la fréquence sur certaines lignes. A Gand, le transport est fortement réduit en soirée, tandis que dans d’autres régions, des lignes ‘‘non rentables’’ sont supprimées.

    Aux quatre coins du pays, les voyageurs et le personnel sont victimes d’une même logique : il faut riposter dans l’unité. La grève du TEC le 11 octobre dernier était un bon premier pas. Qu’est ce qu’on attend pour organiser une journée nationale de grève avec une grande manifestation pour laquelle les usagers seraient aussi mobilisés ?