Author: geert

  • Le train des eurodĂ©putĂ©s bloquĂ© par des syndicalistes et des jeunes indignĂ©s

    Ce matin, à la gare du Midi, une centaine des syndicalistes et de jeunes ont bloqué le train spécial prévu pour les eurodéputés, reliant Bruxelles à Strasbourg.
    L’action Ă©tait organisĂ©e par les comitĂ©s d’action Europe qui s’opposent au projet de “gouvernance Ă©conomique” de l’UE qui sera au cƓur des dĂ©bats cette semaine Ă  Strasbourg et qui devrait ĂȘtre votĂ© le 23 juin Ă  Bruxelles. La commission europĂ©enne veut imposer l’austĂ©ritĂ© partout en Europe pour faire payer la crise du capitalisme aux travailleurs et Ă  leurs familles. En voulant imposer des amendes aux pays qui n’atteindrait pas les critĂšres Ă©conomiques, elle veut presser les gouvernements Ă  ne pas reculer devant les protestations de masse et continuer les coupes budgĂ©taires, les privatisations et la baisse de salaires. “Tous ensembles, tous ensembles !” ou “AustĂ©ritĂ©, PrĂ©caritĂ©, ils sont fous, indignez-vous !”, tels Ă©taient les slogans scandĂ©s ce matin. Le mouvement des jeunes et des travailleurs en Espagne et en GrĂšce est une source d’inspiration ici.
     
    Cette action pour les comitĂ©s d’action Europe est le lancement de la mobilisation pour le rassemblement prĂ©vu le 22 juin Ă  18h place Schuman Ă  Bruxelles contre le sommet de l’UE du 23-24 juin, suivi d’une assemblĂ© sur le modĂšle d’occupation des places en Espagne et en GrĂšce.

  • LibĂ©raliser : une voie sans issue

    Aujourd’hui nous manifestons au parlement EuropĂ©en et le personnel qui n’est pas crucial pour le trafic d’aujourd’hui est en grĂšve contre le projet ferroviaire de l’Union EuropĂ©enne.L’Europe libĂ©rale veut poursuivre sa politique dĂ©sastreuse pour le personnel et pour les voyageurs. L’UE exige une sĂ©paration totale de l’exploitation et de l’infrastructure des chemins de fer afin de pouvoir mener une politique de compĂ©tition ‘‘transparente et honnĂȘte’’. C’est un pas de plus vers la privatisation du trafic ferroviaire en donnant accĂšs au rĂ©seau Ă  des entreprises privĂ©s. Pour 2012, l’UE veut libĂ©raliser le trafic intĂ©rieur de voyageurs.
    Cela dĂ©tĂ©riorera les statuts et les conditions de travail du personnel tout comme la qualitĂ© des services aux voyageurs. Et, comme nous avons dĂ©jĂ  pu le constater lorsque la tĂ©lĂ©phonie et l’énergie ont Ă©tĂ© libĂ©ralisĂ©es, cela n’entrainera pas des prix plus abordables. Au contraire, il faudra payer plus pour une prestation de services moindre. L’UE veut crĂ©er des structures sĂ©parĂ©es pour les gares, les ateliers et les le trafic de marchandises afin de les ouvrir Ă  la concurrence.

    L’UE veut encore museler le droit de grĂšve. Toute rĂ©sistance contre les services lamentables et la dĂ©tĂ©rioration des conditions de travail sera entravĂ©e par un ‘‘service minimum assuré’’. Au regard des trains pleins Ă  craquer aux heures de pointe, on ne peut que constater que le service quotidien est dĂ©jĂ  particuliĂšrement minimal.

    LibĂ©raliser, c’est synonyme de prioritĂ© au profit contre le confort et la ponctualitĂ© pour les voyageurs et contre la sĂ©curitĂ© et des conditions de travail convenables pour les cheminots. Les directions prĂ©tendent que ce sont les actions de grĂšve du personnel qui dĂ©truisent l’entreprise, une maniĂšre consciente d’éluder leur responsabilitĂ© Ă©crasante. Le personnel veut faire son travail : livrer un service de qualitĂ© convenable Ă  des conditions de travail humaines. C’est en rĂ©alitĂ© la direction qui plume la SNCB depuis des annĂ©es et ensuite dĂ©mantĂšle les services et attaques les statuts du personnel.
    SNCB-Logistics doit Ă  nouveau assainir 51 millions d’euros. La prĂ©cĂ©dente promesse de sauvegarder 531 emplois statutaires au transport de marchandises est brisĂ©e. Des dĂ©pĂŽts tel que celui de Ronet (Namur) seront fermĂ©s et une partie de l’entretien se fera Ă  l’étranger. La SNCB seule aurait une dette de 1 milliard d’euros fin 2011 alors que tout le groupe avait une dette de 3 milliards d’euros fin 2010.

    Au lieu d’investir dans le consulting externe (220 millions d’euros en 2010) et les projets de prestiges ou de donner des salaires himalayesques Ă  la direction, il vaudrait bien mieux investir afin de garantir un service convenable. Cela implique d’avoir des trains de haute qualitĂ© qui ne tombent plus tous le temps en panne, des trains ponctuels avec du personnel motivĂ© par de bonnes conditions de travail et un salaire adĂ©quat. Cela implique Ă©galement des investissements consĂ©quents dans la sĂ©curitĂ©.

    DiffĂ©rents pays europĂ©ens connaissent des problĂšmes similaires. Les syndicats de chaque pays et l’ETF (European Transport Workers’ Federation ) doivent commencer une campagne d’information envers les voyageurs et mobiliser le personnel contre les directives libĂ©rales de l’Europe. En militant ensemble, coordonnĂ©s, et en organisant la solidaritĂ© entre le personnel et les voyageurs, nous pouvons dĂ©passer la politique de diviser-pour-rĂ©gner des politiciens traditionnels.

    Avoir un bon service de transports, de chemins de fer et de transports en commun ne peut ĂȘtre concrĂ©tisĂ© que si le secteur est nationalisĂ©, sous le contrĂŽle dĂ©mocratique du personnel et des usagers, avec suffisamment d’investissement pour effectuer une prestation de service de qualitĂ© dans la sĂ©curitĂ©, le confort et avec des conditions de travail correctes.

  • Non aux assainissements dans les transports publics!

    Par un chauffeur de bus

    Les politiciens traditionnels parlent sans cesse d’environnement et de mobilitĂ©. Mais derriĂšre les mots, on Ă©touffe les transports publics. La STIB (Ă  Bruxelles) doit assainir 46 millions d’euros de son budget, De Lijn 51,8 millions d’euros en 2010 et plus encore en 2011 et, au TEC, la dotation du gouvernement wallon a Ă©tĂ© gelĂ©e de 2008 Ă  2014, ce qui fait que, cette annĂ©e, il y aura un dĂ©ficit de 9,9 millions d’euros Ă  Ă©liminer.

    Ces Ă©conomies menacent la prestation de services et augmentent la charge de travail. Dans une interview pour Trends/Tendance, Werner Jacobs, le nouveau directeur financier de De Lijn, a dĂ©clarĂ© vouloir Ă©liminer les ‘‘heures creuses’’. Il prĂ©cise : c’est le temps compris entre les voyages. La direction souhaite donc rĂ©duire le temps de repos des chauffeurs au minimum. Mais des chauffeurs qui sont 7, 8 ou 9 heures au volant commencent bien sĂ»r Ă  fumer dans le bus ou Ă  rouler sans tenir compte des limites de vitesses, histoire de se mĂ©nager quelques minutes de pause avant le prochain trajet.

    En octobre, De Lijn a publiĂ© les rĂ©sultats d’une enquĂȘte parmi les voyageurs. Le mĂ©contentement augmente, surtout concernant le manque de ponctualitĂ© et le manque de place dans les bus, problĂšmes que les mesures d’assainissement ne vont faire que renforcer. La rĂ©duction du temps de repos entre deux voyages rĂ©duit aussi la possibilitĂ© de gagner du temps aprĂšs un retard. En plus, De Lijn limite la frĂ©quence sur certaines lignes. A Gand, le transport est fortement rĂ©duit en soirĂ©e, tandis que dans d’autres rĂ©gions, des lignes ‘‘non rentables’’ sont supprimĂ©es.

    Aux quatre coins du pays, les voyageurs et le personnel sont victimes d’une mĂȘme logique : il faut riposter dans l’unitĂ©. La grĂšve du TEC le 11 octobre dernier Ă©tait un bon premier pas. Qu’est ce qu’on attend pour organiser une journĂ©e nationale de grĂšve avec une grande manifestation pour laquelle les usagers seraient aussi mobilisĂ©s ?

  • LibĂ©ralisation et privatisation du rail: une voie sans issue

    Ces derniĂšres semaines, les cheminots ont fait grĂšve Ă  plusieurs reprises. Les causes du mĂ©contentement sont diverses, mais tout particuliĂšrement liĂ©es Ă  B-Logistics (transport de marchandises, anciennement B-Cargo), ainsi qu’au transport de voyageurs. Le malaise augmente. La direction et le gouvernement ont lancĂ© une vĂ©ritable offensive vers la libĂ©ralisation et la privatisation en s’en prenant Ă  la prestation de service et au statut du personnel. RĂ©sultat : moins de services, plus de retards de train, moins de sĂ©curitĂ© et de mauvaises conditions de travail et de salaire.

    D’ABORD LIBÉRALISER, PUIS PRIVATISER
    L’idĂ©e est de regrouper le transport de marchandises dans une succursale de droit privĂ©, Logistics S.A. Pour le personnel, Ă  court terme, cela signifie la fin de leur statut actuel. Une fois opĂ©rationnelle, la SociĂ©tĂ© Anonyme pourra alors ĂȘtre privatisĂ©e en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

    L’aide publique a dĂ©jĂ  disparu dans le transport de marchandises, suite Ă  la libĂ©ralisation, mais tous les transports ne sont pas commercialement intĂ©ressants. Ainsi, le trafic diffus (qui consiste Ă  rassembler en un convoi des wagons de diffĂ©rentes entreprises raccordĂ©es au rĂ©seau ferrĂ©, ce qui demande plus de main d’oeuvre) et les petits clients vont ĂȘtre redirigĂ©s vers le transport routier, et vont donc renforcer la pollution et les embouteillages.

    DĂ©but de cette annĂ©e, le trafic international de voyageurs a aussi Ă©tĂ© libĂ©ralisĂ©. DĂ©sormais, B-Europe est une activitĂ© purement commerciale. Et, simplement pour prendre un ticket au guichet, la direction a imposĂ© un “supplĂ©ment pour assistance personnelle” de 7 euros pour les TGV et de 3,5 euros pour les autres trains internationaux. VoilĂ  ce qui remplace ce qui autrefois Ă©tait un service public. Le trafic national sera lui aussi bientĂŽt libĂ©ralisĂ© et, lĂ  aussi, la direction aspire Ă  remplacer les guichets par des ventes de tickets via internet ou des distributeurs automatiques. La libĂ©ralisation du rail signifie trĂšs clairement moins de services (avec la fermeture de guichets et moins de personnel) et des tarifs plus Ă©levĂ©s.

    RÉSISTANCE DU PERSONNEL
    Les emplois de guichetiers et de signaleurs disparaissent, les statuts sont remplacĂ©s par des contrats et la SNCB recours de plus en plus Ă  des contrats de consultance externe. Les guichets, les chefs de gare et les gares de triage seront Ă  l’avenir retirĂ©s de la gestion de la SNCB, qui ne sera qu’un des opĂ©rateurs sur le marchĂ© belge du rail. ProcĂ©der Ă  une filialisation pour ensuite revendre la filiale au privĂ© n’est pas Ă  exclure.

    En septembre, des actions spontanĂ©es ont eu lieu dans le transport de marchandises, suivies par une action gĂ©nĂ©rale dans le transport de marchandises le 11 octobre et par une grĂšve gĂ©nĂ©rale de la SCNB le 18. La combativitĂ© Ă©tait grande, y compris chez les membres de syndicats qui n’avaient pas appelĂ© Ă  l’action : les divisions prĂ©sentes au sommet ne sont pas prĂ©sentes Ă  la base. A plusieurs endroits, les piquets de grĂšve Ă©taient plus importants que lors de grĂšves prĂ©cĂ©dentes.

    Les mĂ©dias et les politiciens traditionnels se sont empressĂ©s d’attaquer les cheminots avec l’éternel argument que ‘‘les voyageurs sont pris en otage’’. Il nous faut des actions unifiĂ©es sur base d’un plan d’action discutĂ© et Ă©laborĂ© Ă  la base et comprenant une campagne d’information et de mobilisation vers les voyageurs. Les tarifs des voyages, la fermeture de guichets ainsi que le manque de ponctualitĂ© et de sĂ©curitĂ© illustrent Ă  quel point le personnel et les voyageurs ont des intĂ©rĂȘts identiques. Ils doivent rĂ©sister ensemble.

    La libéralisation est néfaste au personnel et à la sécurité

    La libéralisation signifie concrÚtement une réduction du temps de formation. Le personnel est formé en 18 jours, à la place de la formation de plusieurs mois qui est la norme de la SCNB.

    Les nouveaux conducteurs doivent apprendre plus vite les rĂ©seaux Ă©trangers, mĂȘme s’il y a de grandes diffĂ©rences dans la signalisation et la rĂ©glementation. Un signal rouge clignotant en France signifie que le conducteur peut continuer Ă  une faible vitesse mais sans arrĂȘter tandis qu’en Belgique, c’est un signe d’arrĂȘt. Plusieurs conducteurs français sur notre rĂ©seau ont dĂ©jĂ  continuĂ© aprĂšs un tel signal, c’est un danger immĂ©diat de collisions frontales ou de dĂ©raillements.

    La SNCB veut assainir sur le dos des conducteurs. Mais le conducteur ne constitue que 5% des frais d’un train. Par contre, le conducteur et ses collĂšgues restent le principal instrument de sĂ©curitĂ© sur les voies. MĂȘme aprĂšs l’installation du systĂšme de sĂ©curitĂ© ECTS (le successeur du TBL1+ qui n’est pas encore installé ), la compĂ©tence et la vigilance du conducteur restent cruciales.

    Il est absurde de demander au personnel d’ĂȘtre toujours plus flexible. La productivitĂ© d’un train complet avec 40 wagons ne peut pas ĂȘtre comparĂ©e Ă  la productivitĂ© d’un mĂȘme transport par camions. La libĂ©ralisation stimule le transport routier pour le trafic diffus et mine le statut du personnel, ce qui met en pĂ©ril la sĂ©curitĂ©.

    LES EXPERTS: ‘‘IL MANQUE UNE CULTURE DE LA SÉCURITÉ AU SEIN DE LA SNCB’’
    AprĂšs l’accident de Buizingen, une commission parlementaire a Ă©tĂ© mise sur pieds. La conclusion du rapport intermĂ©diaire des experts est que la sĂ©curitĂ© n’est pas considĂ©rĂ©e comme une prioritĂ© et qu’il manque une culture de la sĂ©curitĂ© Ă  la SNCB.

    La SNCB et les ACEC (Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, aujourd’hui majoritairement rachetĂ©s par Alstom) ont dĂ©veloppĂ© leur propre systĂšme de sĂ©curitĂ©, TBL1. Les experts disent que, fin des annĂ©es 1980, les gouvernements ont rĂ©duit les dĂ©penses dĂ©volues Ă  ce systĂšme. En plus, le systĂšme ne fonctionne pas vraiment. Pour les lignes Ă  grande vitesse, un autre systĂšme a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©, TBL2.

    Aujourd’hui, la SCNB essaie de rattraper le retard avec un systĂšme intermĂ©diaire, TBL1+, qui sera adaptĂ© plus tard Ă  la norme europĂ©enne, ETCS. Mais entretemps, disent les experts, les critĂšres Ă©voluent. La vitesse moyenne des trains, le nombre de voyageurs et le rĂ©seau deviennent plus complexes. Les facteurs de risques ont Ă©tĂ© multipliĂ©s par trois entre 1999 en 2014. La conclusion intermĂ©diaire des experts: il nous faut au plus vite un ‘‘masterplan sĂ©curité’’.

  • Bruxelles : L’Olivier contre la STIB

    Le mardi 27 avril, le dĂ©pĂŽt Jacques Brel est entrĂ© en ‘‘grĂšve sauvage’’, ce qui a perturbĂ© 50% du trafic de la STIB dans le nord et le nord-ouest de la capitale. Le lendemain, une partie des chauffeurs refusaient toujours de retourner au travail. Ces grĂšves sont liĂ©es aux derniĂšres nĂ©gociations entre les syndicats et la direction de la STB. La direction menace le syndicat de remettre en cause la convention sur les prĂ©pensions si elle n’accepte pas la coupe budgĂ©taire de 46 millions pour cette annĂ©e 2010.

    Le gouvernement bruxellois (PS, CDH, Ecolo) a annoncĂ© durant toute la campagne Ă©lectorale et leur dĂ©but de mandat qu’il fallait viser Ă  atteindre la gratuitĂ© des transports en commun. Pourtant, les deux premiĂšres dĂ©cisions de l’Olivier ont Ă©tĂ© de continuer l’installation de portiques de sĂ©curitĂ© et d’opĂ©rer une coupe budgĂ©taire de 46 millions d’Euros Ă  la STIB.

    La coupe budgĂ©taire se fera comme suit: 25 millions d’investissements reportĂ©s; 11,5 millions dans la diminution de l’offre (suppression de lignes Noctis, limitation de certaines lignes, pas de renforcement de la frĂ©quence aux heures de pointe, augmentation du prix du voyage, etc.) et enfin 5,5 millions sur les coĂ»ts salariaux (suppression d’un jour de congĂ©, sous-traitance cafĂ©/resto, augmentation des cadences, suppression des “heures de chaleurs”, etc.)

    La meilleure façon de privatiser un service public est de le dĂ©sinvestir, c’est une mĂ©thode que l’ont connaĂźt bien depuis quelques annĂ©es. Une rĂ©cente Ă©tude – que la direction de la STIB a d’ailleurs tentĂ© de cacher – dĂ©montre que l’insatisfaction des usagers a augmentĂ© en 2009. La cote de satisfaction globale des usagers pour 2009 est de 5,5 sur 10. Correspondances, ponctualitĂ©, offre en soirĂ©e,
 dans pratiquement tous les domaines, les scores sont pires qu’en 2008. En 2009, prĂšs de la moitiĂ© des sondĂ©s estimaient qu’avec la STIB, la mobilitĂ© avait rĂ©gressĂ©, sauf concernant le mĂ©tro. Évidemment, la situation du mĂ©tro est diffĂ©rente: celui-ci ne semble pas souffrir d’un dĂ©sengagement, bien au contraire. Depuis quelques annĂ©es, la STB a chouchoutĂ© le mĂ©tro en amĂ©nageant certaines stations, en terminant en vitesse la station gare de l’ouest, en mettant en place la carte MOBIB et en faisant construire des portiques sĂ©curitaires. Le futur est dans le mĂ©tro selon la direction de la STIB et de la FEB pour leur projet de “metro vision”. On peut imaginer que tous ces frais payĂ©s par les contribuables ont comme objectif de transfĂ©rer le mĂ©tro dans la sphĂšre privĂ©e.

    Le gouvernement de ‘‘centre gauche’’ bruxellois se moque de nous lorsqu’il affirme vouloir un transport en commun gratuit alors qu’il autorise la mise en place de portiques qui vont coĂ»ter 50 millions d’euros, ou encore qu’il mĂšne des coupes budgĂ©taires qui tuent le service public et remettent en cause les acquis sociaux des travailleurs. Alors qu’ils demandent aux travailleurs de se serrer la ceinture le directeur gĂ©nĂ©ral Allain Flausch rĂ©clame une augmentation se son salaire qui est de 170.000 euro brut par an Ă  un package de 300.000 euros par an. Adelheid Byttebier, la nouvelle prĂ©sidente du conseil d’administration (Groen!) le soutien dans le journal la capitale en disant que “D’aprĂšs ce que je vois, il y a des paramĂštres qui plaident pour une augmentation de salaire. Alain Flausch a rĂ©alisĂ© un travail remarquable et il doit rester.” Il est trĂšs clair que nous ne devons en aucun cas compter sur ce gouvernement pour parvenir Ă  des transports en commun gratuits, de qualitĂ© et qui garantissent rĂ©ellement la sĂ©curitĂ© des usagers. Il suffit simplement de constater qu’alors que les problĂšmes de pollution augmentent (pensons aux alertes de smog) et que les problĂšmes de mobilitĂ© sont sans cesse plus grands sont Ă  Bruxelles, 46 millions d’euros doivent ĂȘtre Ă©pargnĂ©s sur le dos des transports en commun. De plus, le mĂ©tro se dirige peu Ă  peu vers la privatisation. Nous avons grand besoin d’un plan d’action syndical combatif et dĂ©mocratiquement Ă©laborĂ© afin de combattre ces mesures d’austĂ©ritĂ©. Si nous ne voyons rien de tel arriver, c’est avant tout parce que la direction syndicale veut protĂ©ger ses ‘‘partenaires privilĂ©giĂ©s’’ de l’Olivier. Les syndicats doivent rompre leurs liens avec les sociaux-dĂ©mocrates et les dĂ©mocrates-chrĂ©tiens. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un vĂ©ritable nouveau parti des travailleurs, un parti pour et par la base des syndicats. Le PSL veut participer Ă  chaque initiative capable de faire avancer cette idĂ©e.

  • Volcans, chaos et nĂ©cessitĂ© du socialisme

    Sonja Grusch, Autriche

    Et non, nous ne saurons pas contrĂŽler l’éruption des volcans sous le socialisme. Cependant, nous pourrons nous assurer que les effets de pareils Ă©vĂšnements ne conduisent pas Ă  la situation chaotique Ă  laquelle nous assistons actuellement en consĂ©quence de l’éruption d’un volcan en Islande.

    PassagĂšre d’un avion et bloquĂ©e Ă  Londres, il ne m’a Ă©tĂ© possible de rentrer chez moi que par mes propres moyens, sans aucune aide de “ma” compagnie. Une chose Ă©tait trĂšs claire Ă  mes yeux: les privatisations et la “compĂ©tition” sous le capitalisme mĂšnent Ă  des situations catastrophiques auxquelles des dizaines de milliers de personnes, sinon des centaines de milliers, doivent faire face Ă  travers l’Europe et ailleurs.

    Aucun plan d’aide international
    Comme le systĂšme de transport est divisĂ© en systĂšmes nationaux et mĂȘme en diffĂ©rentes compagnies, aucun plan d’aide internationale n’a Ă©tĂ© Ă©tabli pour aider les passagers. Dans les faits, l’écrasante majoritĂ© des gens n’ont pas reçu d’informations de leur compagnie, qu’ils avaient payĂ© bien cher pour avoir leurs tickets. Les gens n’avaient qu’à chercher par eux-mĂȘmes un endroit oĂč dormir et ce qu’il convenait de faire par la suite.

    Dans un systĂšme de transports nationalisĂ©, orientĂ© vers les besoins de la population, la situation auraient Ă©tĂ© prise en main bien plus vite et bien mieux. Les gens auraient Ă©tĂ© informĂ©s de chaque dĂ©veloppement et des possibilitĂ©s alternatives de voyage et de logement. Ils auraient Ă©tĂ© pris Ă  l’aĂ©roport et emmenĂ©s Ă  l’hĂŽtel rapidement. Il aurait aussi Ă©tĂ© possible d’assurer une liste de prioritĂ©s pour ceux qui devaient vraiment rentrer le plus vite possible. Mais dans le systĂšme capitaliste actuel, ce sont ceux qui se dĂ©brouillent plus vite et mieux que les autres, et particuliĂšrement ceux qui ont de l’argent, qui ont trouvĂ© des solutions, les autres Ă©tant juste laissĂ©s de cĂŽtĂ©.

    Avec une planification internationale orientĂ©e vers les nĂ©cessitĂ©s de la population, et non vers les profits, trains, bus et ferries pourraient ĂȘtre coordonnĂ©s bien mieux qu’ils ne le sont actuellement. Des wagons supplĂ©mentaires auraient pu ĂȘtre assurĂ©s pour que tous les passagers trouvent de la place. Des bus auraient pu conduire les gens dont les vols avaient Ă©tĂ© annulĂ©s dans des endroits oĂč loger jusqu’à leur prochain dĂ©part. Une planification internationale pourrait assurer que les besoins arrivent devant les profits. Cela voudrait dire que les passagers et les produits de premiĂšres nĂ©cessitĂ©s seraient transportĂ©s avant les marchandises non-essentielles. Un systĂšme de transport nationalisĂ© signifierait qu’il n’y aurait pas de compagnies privĂ©es augmentant subitement les prix pour faire plus de profits et que les passagers seraient pris en charge sans coĂ»t supplĂ©mentaire.

    Maintenant, dans cette crise, les passagers ont totalement Ă©tĂ© livrĂ©s Ă  leur sort, sans savoir oĂč aller et comment payer leur logement, les trains et le reste.

    L’argent est un gros problĂšme pour beaucoup de monde. Les compagnies aĂ©riennes et les assurances feront tout leur possible pour faire porter la charge des coĂ»ts supplĂ©mentaires sur le dos des passagers.

    Certaines compagnies aĂ©riennes ont dĂ©jĂ  dĂ©clarĂ© qu’elles auront de sĂ©rieux problĂšmes financiers Ă  cause de cette Ă©ruption volcanique et qu’il sera nĂ©cessaire pour elles de recevoir un soutien des Etats. C’est un autre truc des compagnies capitalistes pour instrumentaliser la situation Ă  leurs seuls bĂ©nĂ©fices. La crise des compagnies aĂ©riennes n’est pas due Ă  l’éruption, mĂȘme si elle augmente leurs soucis. Les compagnies aĂ©riennes souffrent de la crise Ă©conomique gĂ©nĂ©rale.

    Pour les travailleurs, il n’est pas seulement question d’argent Ă  dĂ©bourser en plus. La crise des transports aĂ©riens va conduire Ă  une nouvelle vague d’attaques sur les salaries et les conditions de travail du personnel aĂ©rien ainsi qu’à une augmentation des prix dans la pĂ©riode Ă  venir. Cela ne doit pas ĂȘtre acceptĂ©, les syndicats doivent combattre ces attaques.

    Cette situation chaotique doit ĂȘtre prise en main par les syndicats et les militants rĂ©ellement socialistes partout en Europe. Il faut demander l’arrĂȘt des privatisations, mais pas seulement. Il faut dĂ©fendre la nĂ©cessitĂ© de nationaliser les transports et d’élaborer un plan international de transport. Nous avons besoin d’une autre sociĂ©tĂ©, une sociĂ©tĂ© socialiste oĂč les besoins de la population sont centraux.

  • Gare d’Etterbeek: Le Personnel et les Ă©tudiants de la VUB poussent la SNCB Ă  faire des concessions!

    De 200 Ă  300 travailleurs et Ă©tudiants de la VUB (Vrije Universiteit) ont menĂ© aujourd’hui une action Ă  Bruxelles contre la diminution permanente des services Ă  la gare d’Ettebeek. Les liaisons directes avec Gand ont Ă©tĂ© supprimĂ©es il y a quelques temps, mais les liaisons avec Termonde et Louvain ont subi le mĂȘme sort. Tout est fait pour pousser les gens Ă  venir en voiture.

    De plus en plus de travailleurs se sont plaints de cette situation auprĂšs des dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux. La pression pour que les syndicats exigent une compensation financiĂšre pour venir en voiture est toujours plus grande. «C’est dommage, parce que le syndicat insiste justement sur l’utilisation des transports en commun», dĂ©clare Jo Coulier, dĂ©lĂ©guĂ© principal de la FTGB Ă  la VUB. Depuis 2004, l’universitĂ© rembourse d’ailleurs les trajets en train et les abonnements de transports en commun Ă  hauteur de 100%. Le nombre de travailleurs qui utilise les transports en commun pour effectuer les navettes a entre-temps doublĂ©.

    Plus de mille travailleurs et des milliers d’Ă©tudiants de la VUB utilisent quotidiennement les transports en commun, principalement le train. MalgrĂ© la croissance de l’utilisation, la SNCB a voulu diminuer le service. Mais l’action d’aujourd’hui a dĂ©jĂ  produit ses effets. La ligne vers Malines sera entiĂšrement rĂ©tablie et la rĂ©ouverture d’autres lignes va ĂȘtre reconsidĂ©rĂ©e.

  • Manifestation europĂ©enne des cheminots – Reportage photos

    Hier a eu lieu une action symbolique de la FĂ©dĂ©ration europĂ©enne des travailleurs des transports (FET). Le mĂȘme jour se rĂ©unissait Ă  Bruxelles le Conseil europĂ©en des ministres des transports. Les cheminots ont manifestĂ© dans la neige, par un froid au moins aussi glacial que l’avenir que leur rĂ©serve les ministres europĂ©ens…

    > Photos

  • La STIB va augmenter ses prix : Nous voulons des transports publics gratuits et de qualitĂ© !

    A partir du premier juillet de cette annĂ©e, un trajet coĂ»tera 1,7 euro contre 1,5 prĂ©cĂ©demment. La carte 5 voyages passera Ă  7 euros (contre 6,7 euros) et la carte 10 voyages passera Ă  11,5 euros (contre 11 euros). La STIB, dans ses publicitĂ©s, remercie rĂ©guliĂšrement les usagers de prĂ©server la planĂšte en recourant au transport en commun. Mais, en augmentant ses tarifs, la STIB leur dit qu’elle n’en a rien Ă  faire.

    Cette augmentation, qui prend place aprĂšs plusieurs autres en peu de temps, pose immĂ©diatement la question de la stratĂ©gie suivie par les diffĂ©rents transports en commun dans le pays. On parle beaucoup de l’environnement ou encore du fait qu’il faut revoir nos modes de transport Ă  cause de la rarĂ©faction du pĂ©trole notamment. Et Ă  quoi assiste-t-on ? PlutĂŽt que de favoriser les transports en commun, moins polluants, on rend leur accĂšs moins abordable !

    Les agressions contre les membres du personnel de la STIB ou d’autres transports en commun font Ă©galement rĂ©guliĂšrement la une de l’actualitĂ©. Il y a ainsi plus de cent agressions physiques ou verbales par an contre les travailleurs de la STIB, et c’est un fait que la plupart de ces violences ont pour cause le tarif du transport. La gratuitĂ© de l’accĂšs aux transports en commun, en plus de l’impact de cette mesure pour l’environnement, diminuerait drastiquement ces agressions.

    Les transports en communs ont besoin d’investissements publics massifs pour en augmenter la qualitĂ©, Ă©largir le rĂ©seau, augmenter le personnel (entre autres pour la sĂ©curitĂ©), mais aussi pour les rendre gratuits et accessibles Ă  tous.

    La CGSP-Finances estime que la grande fraude fiscale s’élĂšve environ Ă  30 milliards d’euros par an. Ces 30 milliards d’euros vont directement dans la poche des patrons plutĂŽt que dans celles de la collectivitĂ© ! A cĂŽtĂ© de cela, l’introduction d’un impĂŽt sur la fortune permettrait aussi d’accorder plus de moyens, non seulement pour les transports en commun, mais aussi pour l’ensemble des services publics : enseignement, CPAS, services communaux,
 Donc, financer ces mesures ne pose aucun problĂšme dĂšs lors que l’on a la volontĂ© d’aller chercher l’argent lĂ  oĂč il se trouve et non plus dans les poches des usagers, dĂ©jĂ  bien vides. La STIB elle non plus n’aurait-elle pas compris le messages des dizaines de milliers de manifestants qui ont commencĂ© Ă  battre le pavĂ© pour plus de pouvoir d’achat?

  • Donnez un avenir aux jeunes… Et plus de moyens aux transports publics !

    Par un conducteur de bus

    Ces derniers mois, plusieurs agressions ont eu lieu dans les transports en commun : Ă  Bruxelles, Ă  Anvers, Ă  Mons,… A chaque fois, on peut entendre des appels pour augmenter la rĂ©pression. Il y a mĂȘme eu une proposition pour interdire Ă  certains voyageurs d’utiliser les bus! Les agressions constituent certes un problĂšme grandissant, mais il ne peut ĂȘtre rĂ©solu isolĂ©ment du reste.

    Interdiction de transport en commun
    Une telle interdiction signifierait que les voyageurs qui ont Ă©tĂ© attrapĂ© plusieurs fois pour «comportement nuisible» n’auraient plus droit Ă  utiliser les transports publics. Mais cela dĂ©bouche Ă©videmment sur pas mal de problĂšmes pratiques : comment contrĂŽler qui est concernĂ© par une interdiction ? Qui peut dĂ©cider de cette interdiction ?

    Et puis, cette mesure serait-elle une rĂ©ponse efficace Ă  des agressions telles que celles du quartier Kuregem Ă  Anderlecht, oĂč 70% des jeunes sont en retard scolaire et plus de la moitiĂ© au chĂŽmage ? AprĂšs prĂšs de trente annĂ©es de nĂ©olibĂ©ralisme, beaucoup de jeunes n’ont plus, ou Ă  peine, de perspectives d’avenir. A moins que l’on considĂšre les prisons de jeunes, antichambres des vraies prisons, comme une perspective.

    Quel plan de sécurité?
    En Wallonie, le plan SĂ©curitec a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© en 2006. Il prĂ©voit que, d’ici 2010, 60% des bus des TEC seront Ă©quipĂ©s de camĂ©ras et que 300 personnes auront Ă©tĂ© affectĂ©es Ă  diffĂ©rentes tĂąches de «sĂ©curisation du rĂ©seau», dont 193 contrĂŽleurs et 20 vigiles. D’autre part, des amendes pour incivilitĂ© viennent aussi d’ĂȘtre introduites, allant de 75 euros ou de 150 euros en cas de rĂ©cidive dans les 24 mois. A la SNCB, d’ici 2010 aussi, il y aura 1.500 camĂ©ras supplĂ©mentaires dans les gares les plus frĂ©quentĂ©es tandis que ces deux derniĂšres annĂ©es, le personnel de surveillance a Ă©tĂ© multipliĂ© par deux.

    Nous comprenons que les travailleurs des transports publics n’acceptent plus les tensions et les agressions. Mais les camĂ©ras ne permettent pas d’empĂȘcher la violence et la rĂ©pression n’offre pas non plus de solutions. Pour mettre un terme aux agressions, il faut s’en prendre aux causes et donc appliquer une politique qui offre un avenir aux jeunes diffĂ©rent des emplois prĂ©caires, de la misĂšre ou du chĂŽmage.

    Mais il est vrai qu’il faut aussi bien plus de moyens pour le personnel. Avant, Il y avait systĂ©matiquement un deuxiĂšme homme dans les trams ou les bus. Si maintenant on remet en avant ce principe, ce n’est seulement que pour un nombre limitĂ© de lignes et souvent ce deuxiĂšme homme n’a qu’un statut bidon et n’a pas reçu une rĂ©elle formation. Chaque travailleur mĂ©rite un statut convenable et une bonne formation !

    Transport public gratuit et de bonne qualité
    Nous savons par la pratique que la plupart des incidents dans les transports publics sont dus au prix Ă  payer pour le voyage. Instaurer des transports gratuits et de bonne qualitĂ© ne serait pas seulement favorable sur le plan Ă©cologique et social (pour ouvrir l’accĂšs Ă  la mobilitĂ© aux couches les plus larges de la population), mais serait Ă©galement une mesure bĂ©nĂ©fique Ă  la sĂ©curitĂ©. Les transports publics ont besoin d’investissements publics massifs pour que cela puisse ĂȘtre rĂ©alisĂ©.