Category: De Lijn

  • De Lijn: Crise généralisée,dernier arrêt avant le blocage total

    À force d’économiser sur tout et n’importe quoi, tout va de travers chez De Lijn, la société flamande de transports en commun. Pas assez de bus, pas assez de techniciens, infrastructure obsolète… Quant au projet de réforme « Basic Accessibility », il cache – bien mal – une véritable diminution du service. La crise est totale. Nous en avons discuté avec un chauffeur de bus.

    « Après 10 à 15 ans d’économies, l’impact est très visible. De vieux bus circulent et, parfois, il n’y a tout simplement pas de bus disponible ! Il faudrait acheter 180 bus par an pour remplacer tous les bus qui atteignent les 15 ans, ce qui est une durée de vie normale. De plus, l’électrification de la flotte nécessite des fonds supplémentaires. Tout cela a été retardé, puis retardé encore, et la logique budgétaire a souvent conduit à acheter des équipements de mauvaise qualité.

    « En plus, l’infrastructure tombe littéralement en ruine. Alors que les travaux de la liaison Oosterweel à Anvers auront bientôt encore plus d’impact sur la congestion du trafic, une importante ligne de prémétro vers et depuis la Rive gauche risque d’être hors service pendant des mois. Quel manque de planification ! À Hoboken, un tronçon de tram plus ne peut être utilisé parce que les voies sont en très mauvais état. À Anvers, la plupart des stations de métro sont sales et les escalators ne fonctionnent pas la plupart du temps. Dire que l’entretien laisse à désirer est un euphémisme.

    « Fatalement, faire rouler de vieux bus, cela exige plus de travail. Mais le service technique ne s’en sort pas. Depuis des années, des campagnes syndicales sont menées pour obtenir de meilleures conditions de travail et une augmentation des salaires. En vain jusqu’ici. Du coup, De Lijn peine à trouver du personnel technique : il y a 70 postes vacants que la direction ne parvient pas à pourvoir. Les conditions de travail et les perspectives dans une entreprise où rien ne semble fonctionner correctement sont particulièrement dissuasives.

    « Vient ensuite la réforme prévue de l’accessibilité de base, le plan « Basic Accessibility », déjà mise en œuvre sur la côte, autour de Bruges et dans le nord d’Anvers. En réactions, des comités d’action ont été créés pour s’opposer à la réduction du service. La direction privilégie les lignes principales très fréquentées et supprime les lignes ailleurs. Dans le Limbourg, ce plan « d’accessibilité de base » signifie la suppression de 500 arrêts ! La réforme repose sur le principe de la neutralité budgétaire, de sorte que toute extension d’un service est compensée par la réduction d’un autre. Puisque, en plus, le service n’est pas fiable en plusieurs endroits en raison du peu d’entretien, les passagers désertent De Lijn.

    « Tous les services sont à bout de souffle, des techniciens aux chauffeurs en passant par les agents planificateurs. La direction veut encore accroître la productivité, alors que le travail est déjà bien pénible. L’une des principales raisons pour lesquelles il est difficile de trouver des chauffeurs est le temps de travail et la flexibilité des horaires. Ce problème est d’ailleurs encore plus important chez les sous-traitants. Là non plus, pas de progrès en vue. Tout se conjugue et se renforce dans une tendance à la baisse.

    « Le gouvernement se contente de regarder les chiffres et de redoubler d’efforts vers la privatisation de certaines lignes et la conclusion de partenariats public-privé, notamment dans la construction de nouvelles aires de transit. La ministre flamande de la Mobilité Lydia Peeters (Open VLD) affirme que les investissements ont augmenté. C’est vrai, difficile de faire autrement si on veut que tout ne tombe pas en morceaux. Depuis la ministre Crevits (2009-2014), le budget de fonctionnement a diminué de plus de 20%. Face aux enjeux climatiques, il faudrait augmenter considérablement l’offre de transports publics et pas se contenter de limiter la casse.

    « Le personnel sait très bien ce dont il a besoin. On nous répond systématiquement que l’argent manque. Revenir sur toutes les mesures d’économie budgétaire depuis la ministre Crevits est une revendication de base pour développer un plan d’urgence pour De Lijn. Le projet d’accessibilité de base doit être stoppé pour mettre fin à la réduction du service, revenir sur les privatisations et réintégrer dans le public les services externalisés. Nous avons besoin d’un plan public de mobilité qui repose sur les besoins réels de la population. Des projets pilotes peuvent être mis en place pour regrouper voyageurs, groupes d’action, résidents et personnel afin d’identifier au mieux quels sont ces besoins. Cela renforcerait grandement une dynamique de mobilisation.

    « Il faudra passer à l’action, c’est évident. Le potentiel pour une lutte victorieuse est bel et bien présent. Au niveau local, les voyageurs ont déjà pu obtenir des ajustements à l’accessibilité de base grâce aux comités d’action. Au sein même de De Lijn, des conflits éclatent régulièrement et les syndicats ont déjà pu prendre leur revanche sur des points précis. Mais cela reste un combat désorganisé contre les graves conséquences d’années de sous-investissement. Du matériel d’information à destination des voyageurs peut les impliquer dans une mobilisation et, pourquoi pas, une manifestation conjointe du personnel et des usagers. En 2012, une telle démarche avait été couronnée de succès à Anvers mais, malheureusement, l’événement était resté sans suite. »

  • Coronavirus. De Lijn : ‘‘Ne pas attendre les mesures de la direction’’

    Divers experts et médias recommandent fréquemment d’éviter les transports publics, en particulier aux heures de pointe. En combinaison d’une gestion de crise où la confiance fait défaut, cela provoque beaucoup d’anxiété chez les chauffeurs et le reste du personnel.

    Par un chauffeur

    De Lijn s’est vanté dans la presse que les véhicules seraient nettoyés quotidiennement. Beaucoup de collègues ont entendu ça avec colère. C’est faux. Au mieux, les véhicules sont rapidement balayés. Il est impossible d’effectuer un nettoyage adéquat après toutes les économies réalisées et le manque de personnel que cela implique dans les services de soutien et les services techniques.

    Un comité Covid19 a été créé à De Lijn, mais il ne comporte que des représentants de la direction et des médecins d’entreprise. Les représentants du personnel, les syndicats, en sont exclus ! La communication est principalement effectuée via l’intranet, ce qui est largement insuffisant. En outre, les mesures sont prises trop tard et reposent sur des considérations autres que la santé du personnel et des voyageurs.

    Le jeudi 12 mars, plusieurs CPPT (Comité pour la prévention et la protection au travail) ont demandé que plus aucun trajet ne soit vendu sur les véhicules, de ne plus accepter de paiements en espèces, de laisser les passagers monter à l’arrière des véhicules et de protéger le chauffeur, afin qu’une distance d’au moins 1 mètre ou 1,5 mètre puisse être respectée.

    Jeudi soir, un certain nombre de mesures ont été annoncées, telles que la distribution de gels ou de lingettes désinfectantes,… Ces mesures sont nécessaires, mais insuffisantes. Les questions soulevées par les CPPT n’ont suscité aucune réaction.

    Le front commun syndical a demandé l’organisation d’une réunion d’urgence en exigeant l’adoption immédiate de mesures supplémentaires. Parallèlement, des initiatives ont été prises en divers endroits par les délégations syndicales. Les syndicats ont distribué des affiches aux chauffeurs de bus anversois avec le message ‘‘montez à l’arrière du bus’’ et ‘‘pas de vente de billets’’. Des rubans ont également été tendus dans les bus pour assurer qu’une distance soit respectée. Si la direction refuse de prendre soin de notre santé et de notre sécurité, à nous de le faire !

    En fin de compte, la direction n’a pas eu d’autre choix que d’adopter ces mesures. Mais elle a tout d’abord refusé d’autoriser les rubans de démarcation. À Anvers, la direction les a faits enlever des bus. Un nouveau collègue faisait remarquer : ‘‘C’est comme une guerre entre les cadres et les chauffeurs’’. Finalement, la mesure de protection a été imposée. Mais il est typique que cela n’ait pu être le cas que sous pression de la base.

    Heureusement, la solidarité entre collègues est très grande. Mais beaucoup se demandent combien de temps ils devront rouler ainsi. Ne ferions-nous pas mieux de passer à un service minimum avec des équipes plus restreintes ? Ce système a déjà été testé lors d’une grève (pour les lignes prioritaires), cela peut donc être appliqué assez rapidement (cela permettrait que le système soit utilisé à l’avantage du personnel au moins une fois au lieu de servir à briser les grèves).

    En tout cas, il est clair que nous ne devons pas rester assis à attendre que la direction prenne des mesures. C’est une honte qu’aucun représentant du personnel ne figure dans le comité Covid19. C’est de notre santé qu’il s’agit ! C’est exactement pour cela qu’un CPPT existe, avec des représentants du personnel ! La direction veut profiter de cette situation de crise pour établir une nouvelle norme dans le processus décisionnel en excluant toute participation des représentants syndicaux.

    Il est scandaleux que nos droits démocratiques soient ainsi bafoués. Et également scandaleux que la direction refuse de se réunir avec les délégués en raison des risques pour la sécurité : ces mêmes délégués circulent chaque jour avec des bus et des trams pleins. Et il existe aujourd’hui des possibilités technologiques suffisantes pour tenir des réunions à distance.

    Une fois de plus, il est évident que nous ne devons pas compter sur le gouvernement ou la direction pour la protection du personnel. Sur les lieux de travail, nous savons mieux que quiconque ce qui doit être fait pour notre protection. Nous l’avons démontré une fois de plus. Nous ne devons pas nous arrêter aux initiatives spontanées, mais mieux nous organiser. Pourquoi ne pas créer nos propres comités pour discuter des mesures à prendre et, si la direction n’est pas prête à les accepter, les mettre en œuvre nous-mêmes ?

    Les mesures en faveur de notre sécurité, de notre santé et de nos intérêts sociaux ne doivent pas dépendre de la direction. C’est nous qui faisons tourner la boutique, nous devons pouvoir participer aux décisions qui nous concernent !

  • Le gouvernement flamand détruit les transports en commun. Et tant pis pour le climat…

    Les médias sont prompts à dénigrer le personnel de la société flamande de transport en commun De Lijn lorsque celui-ci dénonce tout ce qui n’y tourne pas rond. Il a fallu que le malaise atteigne des proportions telles que la direction a publiquement parlé d’un ‘‘navire en perdition’’ pour que le problème soit reconnu. L’évidence est d’augmenter les moyens publics pour améliorer la qualité du service et en élargir la portée. C’est d’ailleurs une urgence climatique. C’est aussi, bien évidemment, à l’exact opposé des projets du gouvernement flamand.

    Le gouvernement austéritaire arrogant de Jan Jambon (N-VA) a fait savoir on ne peut plus clairement qu’il ne saurait y avoir de protestations contre la politique menée. La jeunesse doit arrêter de manifester pendant les heures de cours. Quant à la société civile, elle voit ses subsides réduits, même la chaîne de télévision publique VRT est touchée. Il ne faudra pas s’attendre à des reportages critiques de ce côté-là, le manque de moyens rendra difficile d’aller au-delà de la simple répétition des déclarations des autorités.

    Le gouvernement n’entend pas changer de logique concernant De Lijn : chaque voix dissidente doit être réduite au silence. Ainsi, l’annonce des nouvelles mesures d’économies a immédiatement été liée à l’intention d’augmenter le niveau de service minimum en cas de grève. Toute l’absurdité de la situation tient au fait que le déficit de moyens humains et matériels est si criant que le service minimum est souvent impraticable en temps normal. Le niveau de service minimum requis en cas de grève signifiera bientôt que plus de personnel sera au travail les jours de grève qu’un jour normal !

    Il y aura des recrutements, c’est certain, essentiellement en raison du taux élevé de rotation du personnel. Les horaires rendus compliqués par le trafic de plus en plus dense et la limitation des périodes de repos ainsi que les salaires bien peu attractifs font que le nombre de travailleurs prêts à partir reste élevé. La pénurie de personnel permet d’ailleurs souvent de masquer le manque d’équipement. Un chauffeur de bus nous a raconté qu’un jour, un voyage sur quatre n’a pas été effectué à son dépôt, faute de chauffeur ! Difficile de rendre les transports publics fiables dans ces conditions, tandis que grandit la frustration des passagers et du personnel. Ce cocktail toxique est imposé par le gouvernement flamand et la direction de De Lijn.

    Aujourd’hui, même des cadres supérieurs jettent l’éponge ! Selon le quotidien flamand De Standaard, trois à cinq managers (sur un total de 55) quittent leurs fonctions tous les mois. Le journal a notamment relayé les propos d’un membre de la direction technique de la société, qui a déclaré sous le couvert de l’anonymat : ‘‘Un navire en perdition, on le quitte.’’ Un autre ancien directeur de De Lijn expliquait: ‘‘Avec les ressources qu’on m’a données, il m’était impossible de faire ce que j’avais à faire.’’

    Le pire est encore à venir. C’est à peine si l’accord de coalition flamand envisage d’investir dans De Lijn. Le gouvernement prévoit de laisser davantage pourrir la situation. Dans l’une des régions de transport (la Flandre est divisée en 15 de ces régions), un appel d’offres doit être lancé d’ici la fin de la législature pour que De Lijn ne soit plus la seule société de transport public. Tout ce qui fait barrage à l’arrivée d’opérateurs privé doit disparaître. Au profit de l’usager ? Nous en doutons. La libéralisation du marché de l’énergie a considérablement alourdi nos factures et il n’en ira pas autrement ici. Le gouvernement flamand a déjà annoncé que De Lijn ‘‘continuera à atteindre un degré plus élevé de recouvrement des frais’’, un jargon qui signifie que l’usager devra payer de plus en plus cher.

    Il y a des années, Noam Chomsky avait expliqué le mécanisme de privatisation de cette manière : ‘‘Comment détruire un service public ? Commencez par réduire son financement. Il ne fonctionnera plus. Les gens s’énerveront, ils voudront autre chose. C’est la technique élémentaire pour privatiser un service public.’’ A moins que nous résistions ensemble. L’appel grandissant en faveur de mesures climatiques peut être concrétisé par des actions offensives des jeunes en faveur de transports publics plus nombreux, meilleurs et gratuits. Associons cela aux protestations du personnel et des usagers en faveur de meilleurs services et donc de meilleures conditions de travail.

  • STOP aux attaques contre nos services publics ! Organisons la résistance !

    En Flandre, après déjà deux ans de restriction budgétaires pour la société de transports en commun De Lijn, 60 millions d’économies sont encore à opérer. Ce que cela signifie concrètement pour les différentes provinces a maintenant été dévoilé, et la riposte doit suivre. Cette austérité implique une sérieuse limitation des services, elle nous conduit tout droit à la destruction pure et simple de la logique de transports en commun au moment même où la rénovation des routes revient de plus en plus chère et où le prix de l’essence monte en flèche. Ironie suprême, la ministre flamande de l’environnement Joke Schauvliege (CD&V) vient de déclarer qu’elle voulait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici 2020 avec un plan basé sur… la mobilité !

    A Gand, le service de nuit est pratiquement éliminé et, dans les zones plus rurales, le service est limité aux bus scolaires et aux transports de banlieue (mais il faut avoir un horaire de 9 à 17h pour en profiter !). A Malines, toutes les lignes devront s’arrêter en bordure de la ville, une seule navette assurant ensuite le transport des passagers. A Anvers, c’est jusqu’à 1000 trajets par jour qui disparaissent…

    Pour la première fois, le nombre de passagers n’a pas augmenté en 2011, la hausse des coûts n’a donc pas pu être compensée. La société De Lijn est basée sur un modèle de croissance des usagers et, de plus, un certain nombre de compensations (notamment liées à l’augmentation du nombre d’abonnements sociaux) n’a pas été payé par le gouvernement flamand. A cela s’ajoute encore une erreur de calcul pour le coût lié à l’implication d’opérateurs privés : la facture du travail sous-traité n’a pas diminué, mais a augmenté de 6%. La privatisation de la moitié des lignes n’a donc pas entraîné plus d’efficacité, ni même un moindre coût.

    La croissance du nombre de passagers a donc été stoppée en 2011, surtout en conséquence des économies antérieures, et les nouvelles ne vont certainement pas rendre les transports en commun plus attractifs. Il faut très probablement s’attendre à une baisse du nombre d’usagers, ce qui sera utilisé comme prétexte pour de nouvelles attaques et ainsi de suite. Cette spirale négative entraîne nos transports publics dans un véritable tourbillon destructeur. Pour avoir de bons services publics, il faut mettre l’argent sur la table, mais ce n’est pas l’option choisie par le gouvernement flamand.

    A De Lijn, les syndicats ont un accord pour une sorte de pacte social qui comprend des dispositions locales, la garantie d’un certain revenu et le rejet des licenciements secs. Cet accord ne signifie toutefois pas d’accepter ces économies. Il nous faut organiser une résistance efficace, ce qui nécessite un plan d’action bien élaboré, porté par le personnel et les usagers.

    A Anvers, la campagne d’affichage de la CGSP et la pétition du front commun syndical constituent un bon début. En organisant des réunions de travailleurs, le personnel peut être activement impliqué dans la riposte, et l’organisation de comités de quartier peut faire de même pour les voyageurs. Ainsi, à Termonde, un comité d’action a été lancé. Pourquoi les syndicats et le personnel ne soutiendraient- ils pas de telles initiatives, en s’y impliquant si nécessaire ? Obtenir un véritable front uni des usagers et du personnel représenterait une grande force. Nous n’avons rien à attendre des partis traditionnels ou d’organisations comme l’association flamande des usagers de train, de trams et de bus (BTTB) qui ne sont pas fondamentalement opposés aux économies, sauf sur quelques nuances.

  • Appel : mercredi 28 mars 2012 manifestation européenne contre la privatisation du transport

    Nous reprenons ici l’appel du syndicat britannique ‘National Union of Rail, Maritime en Transport Workers’ (RMT) :

    PAS DE PRIVATISATION : NATIONALISATION !

    Le 28 mars 2012, le RMT manifestera avec d’autres syndicats du transport de divers pays européens à Bruxelles contre un texte de l’Union Européenne qui prévoit la privatisation de tous les secteurs du transport.

    Cette manifestation fera partie d’une semaine d’action du 26 au 31 mars contre la politique de libéralisation de l’UE. Durant cette semaine, les syndicats du transport organiseront des manifestations et des activités nationales partout en Europe afin de sousligner que l’UE favorise la privatisation, la fragmentation, le dumping social, la sous-traitance et les attaques contre les conditions de travail et les droits des travailleurs.

    Le point culminant de la semaine sera constitué par une manifestation de masse à Bruxelles le 28 mars. Il est essentiel que les membres du RMT jouent le plus grand rôle possible dans cette manifestation.

    Nous appelons tous les syndicats du transport et les organisations qui défendent le transport public et l’environnement à s’opposer à la destruction systématique des sociétés ferroviaires nationales, des postes de travail et de la sécurité, conséquences de l’application des paquets ferroviaires de l’UE.

    affiche pour le 28 mars 2012

    appel en anglais sur le site de RMT

    Libre Parcours appelle les syndicats belges  CSC Transcom, CGSP Cheminots, SLFP, SIC, SACT, UBOT,… à prendre exemple sur l’ACOD TBM, à signer cet appel et à mobiliser pour le 28 mars !

  • Non aux assainissements dans les transports publics!

    Par un chauffeur de bus

    Les politiciens traditionnels parlent sans cesse d’environnement et de mobilité. Mais derrière les mots, on étouffe les transports publics. La STIB (à Bruxelles) doit assainir 46 millions d’euros de son budget, De Lijn 51,8 millions d’euros en 2010 et plus encore en 2011 et, au TEC, la dotation du gouvernement wallon a été gelée de 2008 à 2014, ce qui fait que, cette année, il y aura un déficit de 9,9 millions d’euros à éliminer.

    Ces économies menacent la prestation de services et augmentent la charge de travail. Dans une interview pour Trends/Tendance, Werner Jacobs, le nouveau directeur financier de De Lijn, a déclaré vouloir éliminer les ‘‘heures creuses’’. Il précise : c’est le temps compris entre les voyages. La direction souhaite donc réduire le temps de repos des chauffeurs au minimum. Mais des chauffeurs qui sont 7, 8 ou 9 heures au volant commencent bien sûr à fumer dans le bus ou à rouler sans tenir compte des limites de vitesses, histoire de se ménager quelques minutes de pause avant le prochain trajet.

    En octobre, De Lijn a publié les résultats d’une enquête parmi les voyageurs. Le mécontentement augmente, surtout concernant le manque de ponctualité et le manque de place dans les bus, problèmes que les mesures d’assainissement ne vont faire que renforcer. La réduction du temps de repos entre deux voyages réduit aussi la possibilité de gagner du temps après un retard. En plus, De Lijn limite la fréquence sur certaines lignes. A Gand, le transport est fortement réduit en soirée, tandis que dans d’autres régions, des lignes ‘‘non rentables’’ sont supprimées.

    Aux quatre coins du pays, les voyageurs et le personnel sont victimes d’une même logique : il faut riposter dans l’unité. La grève du TEC le 11 octobre dernier était un bon premier pas. Qu’est ce qu’on attend pour organiser une journée nationale de grève avec une grande manifestation pour laquelle les usagers seraient aussi mobilisés ?

  • Donnez un avenir aux jeunes… Et plus de moyens aux transports publics !

    Par un conducteur de bus

    Ces derniers mois, plusieurs agressions ont eu lieu dans les transports en commun : à Bruxelles, à Anvers, à Mons,… A chaque fois, on peut entendre des appels pour augmenter la répression. Il y a même eu une proposition pour interdire à certains voyageurs d’utiliser les bus! Les agressions constituent certes un problème grandissant, mais il ne peut être résolu isolément du reste.

    Interdiction de transport en commun
    Une telle interdiction signifierait que les voyageurs qui ont été attrapé plusieurs fois pour «comportement nuisible» n’auraient plus droit à utiliser les transports publics. Mais cela débouche évidemment sur pas mal de problèmes pratiques : comment contrôler qui est concerné par une interdiction ? Qui peut décider de cette interdiction ?

    Et puis, cette mesure serait-elle une réponse efficace à des agressions telles que celles du quartier Kuregem à Anderlecht, où 70% des jeunes sont en retard scolaire et plus de la moitié au chômage ? Après près de trente années de néolibéralisme, beaucoup de jeunes n’ont plus, ou à peine, de perspectives d’avenir. A moins que l’on considère les prisons de jeunes, antichambres des vraies prisons, comme une perspective.

    Quel plan de sécurité?
    En Wallonie, le plan Sécuritec a été décidé en 2006. Il prévoit que, d’ici 2010, 60% des bus des TEC seront équipés de caméras et que 300 personnes auront été affectées à différentes tâches de «sécurisation du réseau», dont 193 contrôleurs et 20 vigiles. D’autre part, des amendes pour incivilité viennent aussi d’être introduites, allant de 75 euros ou de 150 euros en cas de récidive dans les 24 mois. A la SNCB, d’ici 2010 aussi, il y aura 1.500 caméras supplémentaires dans les gares les plus fréquentées tandis que ces deux dernières années, le personnel de surveillance a été multiplié par deux.

    Nous comprenons que les travailleurs des transports publics n’acceptent plus les tensions et les agressions. Mais les caméras ne permettent pas d’empêcher la violence et la répression n’offre pas non plus de solutions. Pour mettre un terme aux agressions, il faut s’en prendre aux causes et donc appliquer une politique qui offre un avenir aux jeunes différent des emplois précaires, de la misère ou du chômage.

    Mais il est vrai qu’il faut aussi bien plus de moyens pour le personnel. Avant, Il y avait systématiquement un deuxième homme dans les trams ou les bus. Si maintenant on remet en avant ce principe, ce n’est seulement que pour un nombre limité de lignes et souvent ce deuxième homme n’a qu’un statut bidon et n’a pas reçu une réelle formation. Chaque travailleur mérite un statut convenable et une bonne formation !

    Transport public gratuit et de bonne qualité
    Nous savons par la pratique que la plupart des incidents dans les transports publics sont dus au prix à payer pour le voyage. Instaurer des transports gratuits et de bonne qualité ne serait pas seulement favorable sur le plan écologique et social (pour ouvrir l’accès à la mobilité aux couches les plus larges de la population), mais serait également une mesure bénéfique à la sécurité. Les transports publics ont besoin d’investissements publics massifs pour que cela puisse être réalisé.

  • Grève des bus spontanée après une agression

    Une grève spontanée s’est déclenchée ce 21 mars dans les services de transports en commun « De Lijn » du Brabant flamand. En cause: une énième agression, un tir de fusil à air comprimé plus précisément, à l’encontre d’un bus, à Anderlecht. Mais la direction a fait comme si de rien n’était et personne ne s’est occupé du conducteur. Mis au courant, ses collègues ont immédiatement réagi en cessant le travail et la grève s’est rapidement étendue dans la région.

    Il faut dire que cette attaque s’est produite non loin de l’endroit où, récemment, un cocktail Molotov a été jeté contre un bus de la STIB. Les travailleurs des services de transports en commun bruxellois sont alors entrés en grève, mais les agressions se sont poursuivies par la suite. Selon toute vraisemblance, l’agression d’Anderlecht est une réponse vengeresse aux contrôles supplémentaires effectués dans le quartier. Anderlecht, en termes de nombre d’agressions contre les bus, arrive en tête de liste.

    Donc, quand le chauffeur de « De Lijn » est rentré à son dépôt et a fait mention de l’événement, il n’y a eu aucune réaction, aucune aide, et la police n’a pas été avertie. Il a fallu pour cela que les collègues arrêtent massivement le travail. Toutefois, pour les écoliers, le transport a été organisé avec des volontaires.

    Beaucoup de confusion règne sur la réponse adéquate à adopter face à cette violence, confusion qui laisse l’espace aux remarques racistes sans que cela n’arrange rien. Incontestablement, la majeure partie des agressions sont liées aux discussions sur les titres de transport. La revendication de transports en commun gratuits et de qualité n’est pas seulement importante du point de vue écologique, mais aussi vis-à-vis de la sécurité des conducteurs et de l’accessibilité des services publics à toute la population, y compris la plus précarisée.

    Il est certain que le démantèlement des services publics a contribué à la croissance des agressions. La présence d’un deuxième homme sur les bus signifierait, mais alors avec un statut convenable et une formation appropriée un gigantesque pas en avant. Mais cela doit aller de pair avec une politique plus générale qui fournisse plus de moyens pour les transports en commun pour améliorer la fréquence et l’ampleur des services. Il faudra donc plus de personnel. Actuellement déjà, il existe une pénurie importante de personnel avec de grandes répercussions au niveau des horaires ou des changements d’équipes.

    Les chauffeurs doivent se servir de la force d’une grève spontanée pour élaborer une plate-forme de revendications et une campagne qui mène à une véritable fin de la violence. C’est possible en revendiquant tous ensemble plus de moyens !

  • De Lijn: « Il nous faut plus de moyens, tant pour la fourniture de service que pour notre sécurité »

    Le CD&V et l’Open VLD ont dit au Parlement flamand qu’on accordait trop de moyens à la société régionale de transports en commun De Lijn. Ils trouvent qu’on ferait mieux de privatiser les transports en commun. Le nombre des passagers ne cesse pourtant d’augmenter. La première moitié de 2007 a vu 238 millions de passagers emprunter les véhicules de De Lijn, soit une hausse de 3,9%. Nous avons discuté de la situation à De Lijn avec quelques chauffeurs de bus.

    Est-il vrai qu’on dépense trop d’argent pour les transports en commun ?
    La hausse du nombre de passagers n’a pas entraîné une augmentation des effectifs dans les mêmes proportions. De ce fait, les jeunes chauffeurs doivent prester des horaires intenables et ont parfois du mal à prendre congé. C’est mauvais pour le service comme pour les chauffeurs. La sécurité s’en ressent.

    Un autre problème, c’est l’augmentation de l’agressivité contre le personnel. Nous sommes de plus en plus confrontés à des hold-up, des passagers agressifs, des gens qui ne peuvent pas payer, … J’ai moi-même été récemment victime de violence dans le bus, mais la seule réaction de la direction a été de proposer un cours d’ « assertivité ». Comme si c’était la solution.

    La discussion sur les moyens alloués aux transports en commun va souvent de pair avec celle sur le service minimum. L’une et l’autre portent atteinte aux intérêts du personnel et partent du principe que nous sommes des profiteurs qui circulent avec des bus vides. La vérité est évidemment tout autre et nous devons défendre notre droit à mener des actions collectives. Le service minimum, loin d’être une solution à l’agressivité, ne pourra que susciter encore plus d’agressivité. Une journée de service minimum sera en effet une journée de chaos.

    Le plan de sécurité ne permet-il pas de parer à l’agressivité ?
    Le plan de sécurité de De Lijn consiste notamment à augmenter le nombre de caméras et de stewards. Il est aussi question de la création d’un service de sécurité propre à De Lijn. Dans la pratique, il y a peu de choses qui changent et on accorde beaucoup moins d’attention au problème. Les bonnes intentions sont répercutées dans les médias et restent sans suite. Bon nombre de caméras ne sont toujours pas installées et leur efficacité n’est pas certaine. Il y a aussi un problème avec les stewards de bus : ce sont souvent des gens sans formation digne de ce nom qui doivent travailler avec un statut précaire.

    Comment faire reculer l’agressivité ?
    Il y avait jadis dans tous les bus et trams un deuxième homme chargé de contrôler les tickets et de jeter un oeil sur ce qui se passe. On a supprimé cette fonction par souci d’économie. Un deuxième homme serait pourtant plus qu’utile.

    Neuf agressions sur dix tournent autour de l’argent. Des transports en commun gratuits et de qualité seraient une solution. A côté de ça, il faut évidemment un mouvement social de plus grande ampleur : donnons aux jeunes des perspectives d’avenir et d’emploi convenable et il y aura beaucoup moins de problèmes qu’aujourd’hui.