Category: SNCB – Rail

  • Conférence : Buizingen, deux ans après

    Ce mercredi 15 février, une conférence s’est tenue à l’Université de Mons au sujet de la catastrophe ferroviaire de Buizingen. Le débat qui a suivit opposait des victimes, des cheminots et des délégués syndicaux aux représentants de la direction de la SNCB. L’administrateur SNCB Marc Descheemaecker n’ayant pas trouvé le temps de rendre hommage aux victimes, son représentant et son homologue d’Infrabel ont dû essuyer les critiques et les accusations de négligence de la part de leur société par les victimes et leur famille.

    Bien que l’enquête parlementaire n’ait pas rendu son verdict final (le procès devrait seulement avoir lieu en 2014), il a clairement été démontré que le conducteur du train n’a pas brûlé de feu rouge et qu’on ne peut imputer l’accident à l’erreur humaine. Il est clair que c’est le sous-investissement dans du matériel neuf et fonctionnel ainsi que dans des systèmes de freinage plus performant qui sont les responsables.

    Mr Gilson d’Infrabel annonce l’équipement du TBL1+ sur tout le réseau pour 2015 et du système ETCS pour 2025. On est en droit de se demander pourquoi cela prend autant de temps ! Réponse de l’intéressé : le coût de l’équipement !

    Plus de la moitié des trains ont plus de 30 à 50 ans sur le rail belge, les signalisations sont parfois vétustes et les systèmes de freinage d’urgence obsolètes. Les investissements entrepris ces dernières années par le chemin de fer belge n’ont pas touché la sécurité mais bien dans le prestige, comme c’est le cas avec la nouvelle gare de Liège Guillemins. Les profits grandissants réalisés par l’entreprise ne sont pas assez investit pour le confort ou la sécurité des voyageurs, ils servent à payer la série de topmanagers supplémentaires arrivés après la scission du groupe SNCB en 2005.

    Libéralisation à grande vitesse

    La dotation attribuée par le gouvernement à la SNCB pour l’année 2012 devrait s’élever à 1,7 milliard d’euros selon La Libre. Il s’agit d’argent public avec lequel la société doit investir dans du matériel roulant par exemple. De toutes les entreprises publiques du pays, le groupe ferroviaire SNCB apparaît comme le plus gâté au regard de la dotation financière qu’il perçoit de l’Etat fédéral.  Mais malgré les profits et les dotations, la direction demande aux employés plus de flexibilité horaire, plus d’heures de travail et le personnel qui veut partir en retraite se voit refuser sa demande pour cause de sous effectif.

    La société est gérée comme une entreprise privée où seuls comptent le rendement et le profit maximal, au détriment des cheminots et du personnel accompagnant qui enchaînent des cadences infernales allant parfois jusqu’à 9 heures sans pause ! Et avec les nouvelles mesures européennes de libéralisation du rail, les patrons veulent leur demander de passer à 11 voir 13 heures afin de rester compétitifs.

    Des transports publics de qualité

    La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si on peut encore prendre le train sans risquer un autre accident comme celui-ci.

    Tant qu’un service public sera géré comme une entreprise privée où c’est toujours la loi du profit qui dirige, on peut être inquiet tant pour les conditions de travail des employés que pour notre sécurité. Le train devrait rester un service public, gratuit, bénéficiant de confort et de places assises en suffisances. Il est urgent que des voix s’élèvent contre le démantèlement de tous nos services publics du fait des politiques européennes et du gouvernement belge.

  • Grève générale : Rapport et photos des cheminots liégeois

    Pour les cheminots, cette grève générale a commencé le 29 à 22h. Au piquet, les mots sont très durs pour dénoncer la politique d’austérité du gouvernement bien entendu, mais aussi plus largement contre la cherté de la vie, contre le syndicalisme de négociation et plus fondamentalement contre le système capitaliste lui-même, un ”serpent qui se mord la queue”, comme nous le disait un délégué.

    Alain Maes est délégué CGSP-Cheminots. Nous avons discuté avec lui de cette grève, en partant de celle du 22 décembre dernier, où les services publics étaient déjà partis en grève générale, faisant du gouvernement Di Rupo 1er le gouvernement à avoir été le plus vite confronté à une grève générale de l’histoire du pays. ”Le 22, la grève avait été lancée, avec succès, très rapidement contre les mesures portant sur les pensions. La mobilisation s’était beaucoup faite par sms, coups de fils,… Là, notre travail en front commun a pu prendre plus de temps pour renforcer la mobilisation, discuter avec les travailleurs. Il y a des arguments chocs : le chômage coûte 7 milliards d’euros par an, les cadeaux fiscaux 10 milliards! Et ils ne créent même pas les emplois promis. Qui sont les voleurs?”

    Il enchaine de suite, ”Mais nous plaçons cette lutte très clairement dans un cadre plus large, celui du capitalisme. L’austérité ne s’arrêtera pas, c’est comme un serpent qui se mord la queue.” Alain est donc persuadé que la lutte devra se poursuivre. ”Il y a encore beaucoup de boulot à faire. Tout le monde n’est pas sensibilisé, et on voit même des idées racistes ressortir à la faveur de la crise, moins ouvertement que ce qu’on a pu connaître dans le passé toutefois, plus insidieusement.” Cette question est directement liée à celle de la création d’un rapport de force ”et pour cela, on doit sortir des explications techniques, revenir à la base, au marxisme, à la gauche. Ce système de spéculation existe sur base d’une production que nous produisons, qui nous appartient. On m’a parfois pris pour un drôle d’oiseau de dire ça, mais là de plus en plus de gens en sont convaincus.”

    Un autre cheminot arrive alors, et fustige les prétendus efforts du gouvernements, comme cette fameuse diminution de 5% du salaire des ministres. ”Il leur reste encore combien de milliers d’euros avec ça ? On se moque de nous, c’est uniquement pour tenter de nous faire passer la pilule. Qu’est-ce qu’on doit payer nous ?”

    Un peu plus tard, nous discutons avec Michel, un ancien militant communiste qui a connu les grèves de ’60-’61. ”A l’époque, j’avais 17 ans. On a vu de ces manifestations énormes! Mais le contexte était différents, avec les grands bastions ouvriers. Et puis moi, on m’avait appris l’histoire syndicale dès tout petit. Aujourd’hui, l’histoire des luttes, ça ne s’apprend plus largement. On reviendra à de grands mouvements, mais il faut reconstruire cela. Ceci dit, les jeunes générations bougent. On l’a vu avec le mouvement contre la mondialisation il y a quelques années, maintenant avec les Indignés par exemple.” Son camarade Serge renchérit: ”Avant, on avait un syndicalisme de combat, on est passé à un syndicalisme de service. Il faut en revenir à ce syndicalisme de combat, de toutes ces luttes, il y avait de véritables dirigeants syndicaux de lutte qui ressortaient. Il ne faut pas avoir peur de se battre pour aller plus loin. Le capitalisme ne sait plus rien apporter, c’est fini, il faut aller ailleurs. La crise n’est pas terminée, et le message à faire passer, c’est de reprendre le chemin de la lutte.”

  • Anvers : piquet à la gare d’Anvers-Berchem

    Dimanche soir, la grève était déjà totale dans les chemins de fer. A Anvers-Berchem, plusieurs dizaines de militants s’étaient réunis pour stopper le trafic ferroviaire. La piquet de grève était bien fourni, tant par le personnel des chemins de fer que par leurs partisans. Le mécontentement est véritablement très profond. La campagne de dénigrement anti-grève dans les médias, ici comme ailleurs, a fonctionné tel un chiffon rouge agité devant un taureau en colère : la détermination n’a fait qu’augmenter. Compte tenu de la nature antisociale de la politique du gouvernement et de la préparation de nouvelles mesures d’austérité, cette colère ne fera qu’augmenter.

  • Sécurité à la SNCB: les travailleurs menaient une action sur les quais à Vilvoorde

    Vendredi en soirée, à partir de 19h, quelques 130 travailleurs de la SNCB se sont réunis sur les quais de la gare de Vilvoorde pour protester contre le manque de sécurité. En effet, les dernières semaines deux travailleurs ont été victimes d’agressions. Dans le communiqué belga la FGTB explique: “L’objectif de l’action est d’exprimer de façon pacifique notre mécontentement à l’égard d’une politique anti-agression de la SNCB inefficace”.

    Par Nico M. (Bruxelles)

    Ce que les accompagnateurs présents sur les quais de Vilvoorde expliquent c’est qu’ils s’opposent à la politique de la direction en matière de sécurité. Ils appuient ‘‘le contrôle social’’, c’est à dire du personnel d’encadrement et d’accompagnement plus nombreux. Or, ce que la direction fait à l’heure actuelle, c’est tout le contraire : elle assainit le service public de transport ferroviaire. Du coup, des postes d’accompagnateurs sautent et des guichets ferment, ce qui mine ce contrôle social nécessaire pour garantir la sécurité du personnel mais aussi des usagers.

    A l’heure actuelle il manquerait 2000 équivalents temps plein par rapport aux accords du secteur. Outre la sécurité dans les gares et dans les trains, c’est le service public qui est menacé. En assainissant, la direction réduit les coûts, rentabilise le service et prépare ainsi sa libéralisation. Aujourd’hui, on parle surtout de la libéralisation du transport de marchandise mais, à terme, la volonté des politiciens traditionnels est de s’aligner sans broncher sur les directives européennes. Augmentation des tarifs, économies sur l’entretient et la sécurité pour réduire les coûts, moins bonnes conditions de travail,… sont les conséquences des libéralisations dans les autres pays.

    Nous devons revendiquer – personnel et usagers ensemble – un refinancement public du transport public opposé aux assainissements. Nous ne voulons pas payer pour leur crise en bradant nos services publics ! Plus de personnel pour plus de sécurité ! Les travailleurs doivent pouvoir travailler dans la confiance, et les voyageurs voyager sereinement.

  • Van Quickenborne à l’offensive contre les cheminots !

    Van Quickenborne part à la chasse contre les retraites au Parlement. Que signifie ce projet de Loi pour le personnel du rail ?

    Comme pour beaucoup d’autres, cela signifie de travailler plus longtemps, pour une pension plus petite.

    Le personnel roulant pourra partir à 57 ans, après 32 ans de service. Aujourd’hui, on peut partir à 55 ans, après 30 ans de services. Le personnel sédentaire pourra quitter le travail à 62 ans, après avoir eu une carrière de 40 ans, contre 60 ans actuellement, après 35 ans de carrière. Le problème, c’est plus principalement ce second point. Quelqu’un qui, par exemple, a travaillé 7 ans dans l’Horeca et 25 ans aux guichets peut, selon le système actuel, partir à 60 ans. Si cette réforme des pensions réussi à passer, il ne pourra partir qu’à 65 ans.

    Aujourd’hui, notre pension calculée sur le ‘’salaire final’’. Le gouvernement veut prendre pour base la moyenne des dix dernières années, un énorme retour en arrière, alors que nous perdons déjà en pouvoir d’achat malgré l’index et la péréquation. Par ailleurs, l’interruption volontaire de carrière ne sera plus comprise que pour un an maximum dans le calcul de la pension.

    Outre les économies déjà prévues dans la SNCB, 300 millions d’euros vont à nouveau être coupés. Cela, en plus des 650 postes qui vont déjà être supprimés dans les ateliers, des près de 2000 postes consécutifs à la centralisation des aiguillages, aux 200 dus à la fermeture de guichets, et de la suppression de 130 trains. Et encore en plus de la préparation de la vente au privé du fret.

    La réaction des cheminots et cheminotes doit faire boule de neige dans le reste du secteur public. Elle doit aussi s’étendre au privé. C’est une bonne impulsion à la mobilisation pour la grève générale du 30 janvier 2012.

    Informer, sensibiliser, mobiliser… pour préparer la grève générale du 30 janvier !

    Van Quickenborne parle d’un train d’assainissements. Il s’y connait pourtant peu en matière ferroviaire, c’est très clair au vu de sa proposition visant à s’attaquer aux pensions des machinistes. Avec lui au volant, pas besoin de signalisation, il y va franchement.

    Les syndicats des services publics, cheminots en tête, entrent en résistance, peut-être même pour plusieurs jours. Espérons que les choses n’en resteront pas là et qu’une nouvelle date arrivera pour à nouveau mobiliser les services publics, plus de 3 jours à l’avance. Ce serait une excellente préparation pour la grève générale, secteurs privé et public confondus, du 30 janvier.

    Avant le 2 décembre, les métallos FGTB Wallonie-Bruxelles avaient communiqué un plan d’action capable de stopper l’avalanche d’assainissements. Par la voix de leur président Nico Cué, cette proposition comprenait une grève générale de 24 heures en janvier et, si le gouvernement n’écoute pas, de 48 heures en avril et si nécessaire de 72 heures en juin. C’était encore avant que Van Quickenborne aie ouvert les hostilités. Il faudra probablement revoir le calendrier, mais le principe reste valable, bien qu’il faille probablement déjà planifier la grève de 48 heures en février ou mars et celle de 72 heures non pas juste avant l’été, mais beaucoup plus tôt.

    Les syndicats doivent négocier, mais pas sans tenir un bon bâton derrière leur dos, avec une campagne d’information dans les entreprises afin de discuter des conséquences des mesures gouvernementales pendant des arrêts de travail et où on peut démocratiquement préparer les actions. Avec des journées d’actions, des grèves et des manifestations régionales et sectorielles, en préparation d’une série de grèves générales allant crescendo. Nous pensons que le message central à faire passer devrait être : nous n’avons pas provoqué la crise, nous ne la payerons pas!

     
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  • Les chemins de fer sous pression – le personnel à l’offensive !

    Ces derniers temps, le personnel de la SNCB a lancé plusieurs actions et appels à la grève. Les mesures d’assainissement se multiplient et menacent tous les domaines, mais la résistance se développe. Pour contrer ces mesures antisociales, le personnel ne se contente pas toujours de suivre les directives des syndicats; la colère est grande parmi la base, et cette colère s’exprime dans des actions spontanées. Lutte Socialiste a interviewé deux militants combatifs.

    Quelle est la situation à la SNCB ? D’où proviennent toutes ces actions ?

    ‘‘Actuellement, il y a des préparations d’attaques contre le personnel de la SNCB, et ce à chaque niveau. Tant les politiciens traditionnels que la direction s’y préparent. Ces plans menacent non seulement les conditions de travail et les emplois des cheminots, mais aussi l’existence de la SNCB en tant que service public abordable. Tout est fait pour que la SNCB devienne une entreprise rentable et concurrentielle, ce qui va directement à l’encontre des intérêts du personnel et des passagers.’’

    ‘‘Les mesures d’austérité les plus drastiques visent actuellement surtout le transport de marchandises. Il est donc logique que c’est ce secteur que nous défendons le plus en ce moment. Une partie de la direction syndicale considère le transport de marchandises comme une cause perdue, nous savions donc très bien que si nous voulions que les choses bougent, il fallait les prendre en main nous-mêmes.’’

    Comment avez-vous mis la lutte en route ?

    ‘‘Cela a été un travail de longue haleine. Durant la période calme, nous nous sommes préparés pour cette lutte qui apparaissait inévitable. Nous avons organisé des réunions avec des militants de tous les syndicats durant lesquelles nous avons constamment mis l’accent sur la nécessité de lutter. C’était important afin que ces réunions aient vraiment un sens et ne conduisent pas simplement à des renégociations. C’était aussi de bonnes occasions pour discuter avec nos collègues et nous préparer ainsi au combat à venir.’’

    ‘‘La SA Logistics a organisé des séances d’information dans des hôtels pour présenter ses nouvelles mesures. En fait, le but était de prendre les travailleurs individuellement et de leur mettre la pression pour qu’ils acceptent ces nouvelles conditions de travail impraticables. Ces séances ont mis le feu aux poudres. La colère parmi la base était énorme, et le développement des actions s’est alors accéléré.’’

    ‘‘Les actions et les piquets de grève ont été l’occasion de constater la grande combativité et l’implication de chacun. A l’un des piquets, des représentants de la direction se sont déplacés afin d’avoir une conversation avec quelques responsables. Nous avons refusé et leur avons demandé de s’adresser à tout le monde. Leurs positions et leurs discours ont encore renforcé la détermination au piquet.’’

    Envisagez-vous de poursuivre la lutte?

    ‘‘Absolument. Lorsque nous sommes confrontés à des attaques de cette ampleur, nous n’avons pas d’autre choix que de lutter. Nous sommes au pied du mur. Les piquets et les actions que nous avons organisés nous ont donné l’occasion de discuter avec nos collègues des mesures et de leurs conséquences.’’

    ‘‘Mais il est crucial d’établir un plan d’action. Il faut avoir des perspectives pour la lutte. Si nous sentons que les actions ne servent qu’à laisser échapper un peu de vapeur pour nous faire finalement accepter les mesures d’austérité, alors elles n’ont pas lieu d’être. Beaucoup de travailleurs ont maintenant le sentiment d’avoir leur propre lutte en main et de pouvoir pousser la direction syndicale dans la bonne direction.’’

    ‘‘Pour obtenir des résultats, nous devons discuter de la meilleure façon de mener la lutte. Nous croyons qu’il sera également nécessaire de regarder au-delà de nos frontières. La Belgique n’est pas le seul pays où les chemins de fer sont attaqués, et elle n’est pas non plus le seul pays où la résistance s’organise. Les grèves générales dans d’autres pays montrent l’exemple, nous avons besoin d’une résistance unifiée en Europe contre les mesures imposées par les autorités européennes. Il n’y a que de cette façon que nous pourrons obtenir des résultats.’’

    Quelles sont vos demandes spécifiques sur le long terme ? Quels résultats voulez-vous obtenir ?

    ‘‘Bien sûr, nous nous opposons aux projets d’assainissements proposés. Nous ne voulons pas d’assainissements dans nos emplois et nos conditions de travail, ni dans les services aux usagers. Nous voulons inverser la tendance actuelle de la libéralisation pour que la SNCB puisse devenir un vrai service public.’’

    ‘‘Pour cela, il faut se concentrer sur ce qui est nécessaire dans la société et ensuite faire correspondre l’offre aux besoins, afin d’être plus efficaces. Par exemple, pendant l’été, les locomotives et leurs conducteurs pourraient être affectés au transport de personnes. Durant cette période, il y a moins de marchandises et davantage de touristes. Ces mesures on ne peut plus logiques sont inapplicables à l’heure actuelle, en conséquence directe de la libéralisation.’’

    ‘‘Le fractionnement infini des services d’organisation (ateliers, transport de marchandises,…) conduit à des pertes importantes. Il faut comprendre que la politique libérale consistant à faire plus avec moins n’est pas seulement absurde mais aussi dangereuse. C’est une menace pour les conditions de travail et aussi pour la qualité des services et leur sécurité. Il faut à tout prix s’y opposer.’’

    Quel rôle les militants individuels peuvent-ils jouer dans la lutte ?

    ‘‘Ils peuvent jouer un très grand rôle. C’est pour cela que nous voulons réintroduire certaines traditions du mouvement ouvrier. Les piquets par exemple sont l’occasion idéale pour discuter avec les collègues et décider de l’avenir de la lutte. Cela nous donne aussi l’occasion de discuter avec d’autres travailleurs.’’

    ‘‘La tradition de solidarité avec d’autres secteurs doit aussi être réintroduite. Nous ne sommes pas les seuls à être menacés. Jetez un coup d’œil à l’enseignement, aux soins de santé,… Là aussi, il y aura des luttes. Espérons que des mouvements se développeront de façon combative. Car c’est uniquement par la lutte qu’on peut espérer gagner. Une lutte unifiée sera d’une importance cruciale pour mettre fin à tous les assainissements.’’

    Merci pour l’interview, et bon succès dans la lutte !

  • Bruxelles: usagers et travailleurs pour le développement de transport public. Appel de la CGSP Cheminots et de la CSC Transcom

    Les Régionales Bruxelloises de la CGSP Cheminots et de la CSC Transcom Chemins de Fer invitent à une assemblée d’usagers et de travailleurs du transport public afin de le défendre et de le déveloper. Le Centre d’Information et d’Education populaire du MOC, le Comité régional Bruxellois de la CSC, l’Inter-Environnement Bruxelles (une association de 80 comités de quartiers et groupes d’habitants) soutiennent également cet appel.

    Cette assemblée se déroulera ce mardi à 17.30 dans la Rue du Congrès au n°17-19 à Bruxelles. Le but est d’avoir des actions communes d’usagers et de travailleurs en faveur d’un transport public accessible et efficace.

    Libre Parcours est heureux du choix de l’utilisation du terme ‘d’usagers’. Les directions disent de plus en plus ‘clients’, un mot qui se réfère à un service commercial. Voyageurs et personel ont des interêts identiques, ce que tentent de cacher les médias par tous les moyens : on ‘harcèle’ les voyageurs, on les prend en ‘otage’.

    Libre Parcours souhaite la bienvenue à cette initiative qui veut organiser les usagers et les travailleurs pour des actions communes, très certainement au vu du climat actuel, où nous attendent de brutales mesures d’austerité.

    Le même jour, la CGSP-Cheminots distribuera un tract aux voyageurs dans toutes les grandes gares. C’est une attitude correcte pour chercher à s’assurer le soutien des couches les plus larges possibles de la population. Il s’agit d’un long processus. Les syndicats doivent tout faire pour informer et impliquer les voyageurs de façon conséquente.

    En annexe vous trouvez ici le tract bilingue.

  • Grève dans les ateliers SNCB. Rapport et interview de Salzinnes.

    Ce mercredi 09 novembre, un mouvement de grève a débuté dans les ateliers de la SNCB. Celui-ci a réagi à l’adoption du premier paquet ferroviaire le 15 novembre et des inquiétudes du personnel liées au plan Be Lean. Ce mouvement a également des racines plus profondes, puisqu’à Salzinnes, il y avait 1300 travailleurs il y a 30 ans, tandis qu’ils ne sont plus que 714 aujourd’hui. Alors que l’on prévoit une augmentation du nombre de passagers dans l’avenir, on sait que dans les 10 ans à venir, 50% du personnel de Salzinnes va partir en pension.

    La pyramide des âges dans l’atelier de Salzinnes a été fortement affectée par le plan De Croo qui s’est traduit par une période de 10 ans sans recrutement. C’est dans ce contexte que nous avons été interviewer un délégué de CGSP-Cheminots pour l’atelier de Salzinnes.

    Quelle est la raison de cette grève ?

    “Il y a 3 raisons principales à cela. La première, c’est le plan d’économie qui prévoit une augmentation de la productivité de 4% par an jusqu’en 2015. Nous soupçonnons une volonté de la direction de vouloir augmenter la productivité et donc la pression sur les travailleurs et de diminuer le personnel via le non remplacement. Ce sera sûrement en fait un mélange des deux.

    Notre deuxième inquiétude concerne l’adoption au Parlement de l’Union Européenne du premier paquet ferroviaire. Il y a une volonté d’open-acces, c’est-à-dire que tout opérateur pourrait faire entretenir son matériel dans les ateliers de Salzinnes au prix du marché. Cela va rendre le travail des cheminots plus difficile. De plus, la structure de l’atelier à Salzinnes est particulière : elle compte 714 travailleurs actuellement, 7 hectares de bâtiments, 21 hectares de terrains. Tout cela a un coût puisqu’il faut différents services liés à l’entretient, à l’administratif, au service logistique, à la recherche et développement. Travailler au coût du marché avec une telle structure est difficilement tenable.

    La troisième raison est la philosophie Be Lean, mais en fait tout est lié en ce qui concerne Be lean et la volonté de faire des économies. Ce plan aura pour effet d’augmenter la productivité, d’augmenter la pression sur le travailleur et on va voir de plus en plus de non-remplacement. On peut déjà voir à l’œuvre cette philosophie dans les chaînes de montage. De plus, dans ce plan, qui se veut participatif, le travailleur doit lui-même amener des pistes d’amélioration.

    Ce plan est mis en place d’une telle manière qu’il rend la mobilisation difficile. En effet, il y a un phasage par section afin que l’ensemble des travailleurs ne soit pas au courant directement. La direction a une volonté d’éviter les coupes sombres, ils préfèrent une manière plus douce, plus lente mais le but reste le même j’insiste, l’augmentation de la productivité avec par exemple un listing des malades, etc.

    Quelle est l’ambiance dans les ateliers ?

    “L’ambiance est assez morose, beaucoup de travailleurs ici on 20, 30 ans d’ancienneté, ils ont vécu, année après année, un ensemble de réformes qui n’a pas tout montré leur efficacité, et c’est peu dire !

    “Il y a un questionnement par rapport à l’avenir de l’atelier de Salzinnes car beaucoup partent et peu rentrent. La question c’est donc quand est-ce qu’on ferme. Il faut donc rassurer le personnel et dire qu’on ne fermera pas Salzinnes, on ne peut pas abandonner, il y a des jeunes derrières.

    Quel est la suite de ce mouvement, y a-t-il un plan d’action ?

    L’activité syndicale n’arrête jamais, on attend la réaction de la direction sur le plan. S’il ne bougent pas on remettra ça. Pour 2012, il est prévu une augmentation de la charge de travail de 10%, cela n’est pas tenable car il y aura cette même année 40 personnes qui vont partir à la retraite sans compter les mutations. Cela veut dire qu’il y a un risque de sous-traitance.

    La radio a fait hier mention d’un piquet de « tradition » à Salzinnes, pouvez-vous me dire un mot sur cela ?

    Il y a toujours eu une certaine tradition de lutte à Salzinnes. Lors des actions, on met systématiquement un piquet, cela a pour but d’impliquer le personnel dans la lutte et de montrer que le site est bloqué. Avec le temps, il n’y a plus d’opposition, ni de critique ce qui renforce le mouvement de grève dont le piquet est l’expression. Cela rend le mouvement clair pour tout le monde, le personnel comme la direction. Personne n’y déroge, on ne rentre pas !!

    (Alain, Namur)

  • SNCB : La mise à disposition de Logistics SA est illégale. Il faut rompre l’accord!

    Pendant toute une année des militants combatifs des différents syndicats ont demandé à leur direction d’étudier la proposition de mise à disposition des conducteurs statutaires du Groupe SNCB pour la société de droit privé Logistics SA. Libre Parcours a déjà écrit à plusieurs reprises que ce qui était proposé était douteux. Une analyse du département d’étude de la CSC Transcom vient maintenant confirmer cette position.

    Pendant la mise à disposition, il n’y a qu’un employeur, le travailleur, et le troisième parti est l’utilisateur. L’autorité incombe à l’employeur. Cette autorité ne peut qu’en partie être transférée à l’utilisateur et les négociations salariales ne peuvent pas être transférées. La direction de Logistics SA ne peut donc pas donner de prime aux conducteurs statutaires internationaux ou augmenter leur prime de découche. La description de la nature des tâches n’appartient qu’à l’employeur. Logistics SA ne peut donc pas imposer de tâches qui ne font pas partie des tâches du Groupe SNCB.

    Les conditions de travail sont encore plus importantes. Seul l’employeur peut décider des temps de travail et de repos, cela ne peut pas être fait par l’utilisateur. Les conditions de travail peuvent être sujettes d’une convention entre le Groupe SNCB et Logistics SA. L’utilisateur doit alors surveiller la conformité. Libre Parcours veut bien connaître le contenu de cette convention…

    Si les conditions ne sont pas remplies, il n’y a pas de mise à disposition. Des discussions juridiques doivent être menées devant la Justice du travail. La notion d’employeur double est illégale, le contrat de travail double aussi. Il est inacceptable que des statutaires soient mis sous pression pour signer un contrat de travail avec Logistics SA.

    Une mise à disposition de durée illimitée n’est pas possible. Ce n’est donc pas possible d’être détaché à Logistics SA jusqu’à l’âge de la pension comme cela est mis en avant par sa direction. Le département d’étude de la CSC Transcom met encore en avant une autre question pertinente: est-ce que le Groupe SCNB a obtenu l’accord préalable de l’Inspection Sociale ?

    Le département d’étude de la CSC Transcom a également mis en avant les sanctions possibles, notamment d’une peine de prison de maximum un mois. Des peines de prison en dessous de trois mois ne sont pas effectuées à cause du sous-financement, mais même dans ce cas, la peine n’est pas proportionnelle à la souffrance. Des conducteurs individuels voient leur statut volé et tout un secteur est mis sous le contrôle de la soif de profit du privé. A côté d’une peine de prison symbolique, les responsables peuvent recevoir une amende pénale de 250.000 €. La sanction administrative est limitée à 20.000 €. Ce ne sont pas des montants qui vont impressionner le Groupe SNCB et Logistics SA.

    Si Logistics SA exercice l’autorité que le Groupe SNCB doit exercer, le contrat est déclaré nul et les parties seront liées à un contrat de durée indéterminée. Cela implique la perte de statut.

    Le département d’étude de la CSC Transcom conclut que la mise à disposition des statutaires à Logistics SA est illégal. La SA ne peut pas faire signer de nouveau contrat de travail sur base du Comité Paritaire 226. C’est l’employeur (le groupe SNCB) qui définit les périodes de travail et de repos. La seule formule qui est légalement possible sont ‘‘des prestations de services pour le compte de’’. Les conditions de travail et les temps de repos sont réglementés par le fascicule 541 qui reste la seule référence légale. Le département d’étude insiste que la CSC Transcom dénonce l’accord concernant la filiale de droit privé.

    C’est un soutien aux militants de la CSC Transcom qui s’opposent à la privatisation du fret ferroviaire. S’ils réussissent et que leur direction rompt l’accord, la direction de la CGSP Cheminots ne pourra plus se cacher derrière la signature de la CSC Transcom. Les militants combattifs de tous les syndicats pourront alors mener un combat efficace.

    Pour terminer ce commentaire. L’illégalité de cette construction est un argument important pour ne pas signer, pour refuser collectivement de faire le changement vers Logistics SA. Mais cela ne va pas plus loin. Si le Parlement décide demain de changer les lois, le but restera la privatisation. Logistics SA ne peut pas d’un jour à l’autre former 350 conducteurs contractuels. La SA a besoin de statutaires pour commencer. Le jour où ils n’en auront plus besoin, ils vont laisser tomber les statutaires et poursuivre les attaques contre les conditions de travail.

    > Analyse de la CSC Transcom en format PDF

  • Quelques mots au sujet de la grève des ateliers à la SNCB

    Ce matin, différentes équipes de militants se sont rendus auprès des grévistes des ateliers de la SNCB. A Charleroi, nous avons notamment discuté avec un délégué de la CGSP.

    Par Ben (Charleroi)

    Libre parcours : Que pense-tu du projet B-lean ?
    Délégué CGSP : Le projet B-lean, nous, on voit ça comme un problème pour la sécurité, on va devoir faire plus avec moins et travailler plus vite. La pression va être mise sur les travailleurs. Et les 700 emplois qu’on va supprimer dans les ateliers, ça on ne peut pas l’accepter.

    Délégué CSC : On a déjà eu le problème avec Buizingen, si maintenant on commence à faire des économies sur le matériel, on court à la catastrophe.

    Puis, il y a le risque de privatisation, on a vu à quoi ça a conduit en Angleterre.
    Délégué CGSP : C’est clair, c’est le bon exemple. Nous on en veut pas de la privatisation, on veut garder la maintenance dans le service public. Le privé, c’est la rentabilité, mais nous, c’est la sécurité.

    Un message pour vos collègues ?
    Délégué CGSP : On sait qu’ils essaient d’implanter le projet à Salzinne et Ostende et que c’est pas facile pour nos collèges. Ici, au piquet, on voudrait apporter toute notre solidarité aux travailleurs de Salzinne et d’Ostende. On est avec eux et ce plan-là, on le combattra avec eux.