Category: STIB

  • Le personnel de la STIB a raison : sans sécurité, pas question de travailler !

    Avec l’ouverture d’un plus grand nombre d’entreprises et de magasins cette semaine et le redémarrage partiel des écoles la semaine prochaine, les transports publics doivent également revenir à un horaire plus soutenu, ce qui ramène à la surface un grand nombre de problèmes préexistants. Ceux-ci combinés à la pandémie de Covid-19 créent des situations inacceptables pour le personnel et les usagers.

    La foule dans les bus, les trams et les métros augmente lentement depuis plusieurs semaines maintenant. Souvent, le nombre de passagers prévu a déjà été dépassé. La semaine prochaine, les écoles rouvriront également en partie. La STIB a donc voulu revenir à son cours normal, sans garantie que les bus, les trams ou les métros ne seraient pas surchargés.

    En outre, le personnel de conduite peut prendre son service en ligne sans passer par le dépôt. Au cours du service alternatif, chaque changement de conducteur était effectué au dépôt, sans voir un autre collègue et avec suffisamment de temps et d’espace pour décontaminer correctement le véhicule. Avec la prise du service en ligne, le conducteur et les passagers doivent attendre sur des quais éventuellement surchargés et/ou se rendre au dépôt avec un bus, un tramway ou un métro éventuellement surchargé. En outre, ce changement doit être effectué immédiatement, sans prendre suffisamment de temps pour décontaminer la cabine.

    Il n’est donc pas surprenant que certains membres du personnel considèrent ces circonstances comme dangereuses et s’appuient sur le droit de retrait, un droit souvent appliqué en France, qui repose sur l’obligation de l’employeur d’offrir des conditions de travail sûres. Un travailleur qui s’estime en situation dangereuse peut selon ce droit refuser de travailler sans subir aucun désavantage. En cas de danger grave et imminent, un travailleur peut donc quitter son lieu de travail. La direction de la STIB refuse de reconnaître de droit et considère ses employés comme étant en congé injustifié et, puisque les syndicats refusent de reconnaître cette action, cela ouvre la voie à des mesures disciplinaires individuelles. C’est scandaleux ! Cette attitude est irresponsable tant de la part de la direction que de la par des directions syndicales. Les dirigeants syndicaux feraient mieux de reconnaître cette action et de soumettre toute proposition d’accord au personnel afin que la base puisse décidée par un vote.

    Bien entendu, ce ne sont pas les seuls points de discorde : outre la sécurité immédiate du personnel, il est aussi question d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Dans l’horaire ajusté du confinement, il n’y avait pas de service fractionnés, mais cela revient également maintenant sur la table. De nombreux employés veulent se débarrasser de cela depuis longtemps déjà. Cette crise aurait pu être l’opportunité de le faire et d’ainsi permettre de limiter le nombre de trajets pour se rendre au travail et en revenir. En raison des services fractionnées aux heures de pointe du matin et du soir, un travailleur doit se rendre au travail et en revenir deux fois par jour. Cela comporte évidemment des risques. Celles et ceux qui habitent loin n’ont d’autre choix que de rester au dépôt entre deux quarts de travail. C’est aussi un risque.

    Une fois de plus, il est clair que des conditions de travail sûres et décentes pour le personnel des transports publics ne sont pas une priorité sous le capitalisme. Pour les voyageurs également, la sécurité des transports publics est impossible en suivant la logique d’austrité. À New York, l’une des villes les plus touchées au monde, les scientifiques estiment que le métro a joué un rôle important dans la propagation du virus.

    Se concentrer sur les intérêts des passagers et du personnel présuppose un investissement massif dans les transports publics. Comme dans d’autres secteurs essentiels, assurer la sûreté de l’environnement de travail exige davantage de moyens et de personnel. Transporter un nombre normal de passagers dans des conditions sûres nécessite en fait davantage de trajets et le contrôle du nombre maximum de passagers. En outre, des masques gratuits pourraient être distribués et du personnel supplémentaire est nécessaire pour décontaminer les véhicules et les stations de métro. L’organisation de trajets supplémentaires avec plus de personnel peut ne pas sembler évidente en ce moment. Mais du personnel ayant un savoir-faire dans le secteur des transports (les autocars par exemple) est actuellement au chômage. Pourquoi ne pas faire étudier les pénuries en fonction des possibilités ? Mais cela nécessite une planification plus globale de l’économie.

    Pour cela, nous devrons nous organiser dans des syndicats combatifs où les membres décident ensemble des revendications nécessaires et des tactiques à utiliser pour obtenir satisfaction. Cette crise du covid-19 n’a pas mis fin aux divisions de classe, nous devons donc poursuivre la lutte pour les intérêts de la nôtre. Contrairement à ce que les médias traditionnels voudraient nous faire croire, nous ne sommes pas tous dans le même bateau.

  • TEC, STIB: Suppression de la gratuité pour les seniors

    Ce n’est pas à nous de payer leur crise!

    Il y a un an, tous les politiciens, promettant de ne pas s’en prendre “aux plus faibles”, désavouaient les propos de Kris Lauwers (le patron de la STIB) qui, lors d’une interview au quotidien flamand DeMorgen, envisageait ‘‘de traire le client’’ en s’en prenant particulièrement au abonnés qui pouvaient se déplacer à pied ou à vélo plutôt que de faire de courtes correspondances. Pensait-il déjà aux pensionnés qui font quelques arrêts avec leurs caddies pour se rendre au marché ?

    “Traire” nos ainés?

    Aujourd’hui, ceux-là mêmes qui jureraient encore tous en chœur il y a peu que les mesures budgétaires des gouvernements régionaux allaient être ‘‘indolores’’ mettent fin à la gratuité des transports en commun pour nos ainés. Des dizaines de milliers de personnes âgées de 65 ans et plus doivent désormais payer 60€ leur abonnement annuel à la STIB et 36 euros celui des TEC. Ce coût supplémentaire frappe nos ainés alors qu’ils disposent de pensions parmi les plus basses d’Europe et alors que 20,3 % d’entre eux vivent déjà sous le seuil de pauvreté.

    En Wallonie, sur les 320.000 seniors qui bénéficiaient de la gratuité, on estime que 110.000 d’entre eux prendront l’abonnement à 36€ rapportant ainsi 3,9 millions €, que 60.000 pourront bénéficier d’un statut BIM-Omnio et que la moitié renonceront à prendre un nouvel abonnement. Cette offensive antisociale accroit l’isolement des personnes âgées et entraine une diminution de leur mobilité et donc également de leurs activités physiques. Toutes choses positives pour leur santé et leur bien-être.

    Solidaires des jeunes?

    Comble de l’ironie, le ministre Ecolo de la mobilité Philippe Henry a attribué le nom de ‘‘Contribution de solidarité’’ au nouvel abonnement TEC payant pour les +65 ans. L’argument est le même qu’à Bruxelles : puisque la Communauté Française a arrêté de financer les réductions sur les abonnements scolaires, la région doit le faire sur le dos des séniors. Cette rhétorique hypocrite est récurrente : ‘‘c’est la faute à un autre niveau de pouvoir’’, mais ce sont pourtant bien les mêmes partis (PS, Cdh et Ecolo) qui se retrouvent aux diverses majorités. Tous les partis traditionnels défendent une politique d’austérité particulièrement dramatique pour les plus fragilisés. Ils refusent de faire payer la crise aux véritables responsables.
    Pour des transports en commun publics, gratuits et de qualités

    La déclaration gouvernementale régionale bruxelloise de 2009 affichait la volonté de viser à la gratuité des transports publics et avait fait de la mobilité une priorité face aux embouteillages et à la pollution. C’est le chemin inverse qui est suivi avec les nouvelles coupes budgétaires. Ces désinvestissements sont aux frais des usagers qui subissent, année après année, des hausses de tarifs incessantes (deux fois l’inflation en moyenne sous les deux dernières législatures Picqué). Ce sont aussi les conditions de travail et de sécurité du personnel qui sont mises à mal. Même partis, mêmes promesses électorales non tenues et même politique en Wallonie. Le pire, c’est que ce sous-financement crée des problèmes qui serviront à terme de prétexte pour expliquer que la privatisation est la solution aux dysfonctionnements et aux pénuries.

    Aujourd’hui, on nous dit que la gratuité n’est plus possible, qu’il s’agit d’un choix politique. Nous ne pouvons pas compter sur ces politiciens ! Luttons pour défendre des services publics de qualités et pour réaliser un plan radical d’investissements publics pour les transports en commun mais aussi pour les écoles, les maisons de repos, les crèches, les logements sociaux,…

    Par Boris Malarme

     

  • Grève à la STIB: plus de sécurité, cela passe par plus de service public

    article de Myriam Djegham d’ Usagers et Travailleurs pour le Développement de Transport Public

    Les travailleurs de la STIB sont partis en grève ce samedi 7 avril suite à l’assassinat d’un de leur collègue durant l’exercice de son travail. Réunis en assemblée le jour même pour interpeller la direction sur les questions de sécurité, les travailleurs ont fait preuve d’une grande maturité. Leur préoccupation première pourrait être résumée par une phrase criée par l’un d’eux « Nous travaillons pour vivre, pas pour mourir ». Ils mettent en évidence les raisons structurelles de la violence dont ils sont victimes. En effet, les causes sont multiples et profondes. Certaines sont directement liées à la gestion de la STIB (Alors qu’il faudrait plus de personnel, les choix budgétaires  privilégient le remplacement des hommes par des machines, contribuant à déshumaniser le service public et à isoler les travailleurs.  Des moyens  utilisés pour contrôler les chauffeurs mais pas pour les protéger,…). 

    D’autres causes proviennent du (sous-) financement par la région et le fédéral. Et plus globalement, les travailleurs remettent en cause une société qui génère de la violence par l’exclusion, le déterminisme social et l’austérité. Les travailleurs des services publics se retrouvent piégés. Alors qu’ils/elles remplissent une mission importante pour répondre au droit à la mobilité, ils deviennent les représentants d’une politique que ni les travailleurs ni les usagers ne cautionnent, une politique qui utilisent les services publics pour mieux les privatiser et qui accroît les inégalités sociales.

    Le problème de la sécurité a souvent été mis en avant par les travailleurs. Comme dans les autres entreprises de transports publics belges. Le tout sécuritaire n’est pas une solution, les travailleurs en sont conscients. Il faut une remise en cause beaucoup plus globale. Pour la mener efficacement,  il est essentiel de lutter ensemble, travailleurs et usagers des transports publics, ensemble STIB, SNCB, TEC, De Lijn, pour défendre une autre société qui passe par des services publics de qualité, avec des travailleurs et des usagers fiers d’avoir collectivement extrait de la logique de marché des secteurs essentiels pour toutes et tous.

  • Appel : mercredi 28 mars 2012 manifestation européenne contre la privatisation du transport

    Nous reprenons ici l’appel du syndicat britannique ‘National Union of Rail, Maritime en Transport Workers’ (RMT) :

    PAS DE PRIVATISATION : NATIONALISATION !

    Le 28 mars 2012, le RMT manifestera avec d’autres syndicats du transport de divers pays européens à Bruxelles contre un texte de l’Union Européenne qui prévoit la privatisation de tous les secteurs du transport.

    Cette manifestation fera partie d’une semaine d’action du 26 au 31 mars contre la politique de libéralisation de l’UE. Durant cette semaine, les syndicats du transport organiseront des manifestations et des activités nationales partout en Europe afin de sousligner que l’UE favorise la privatisation, la fragmentation, le dumping social, la sous-traitance et les attaques contre les conditions de travail et les droits des travailleurs.

    Le point culminant de la semaine sera constitué par une manifestation de masse à Bruxelles le 28 mars. Il est essentiel que les membres du RMT jouent le plus grand rôle possible dans cette manifestation.

    Nous appelons tous les syndicats du transport et les organisations qui défendent le transport public et l’environnement à s’opposer à la destruction systématique des sociétés ferroviaires nationales, des postes de travail et de la sécurité, conséquences de l’application des paquets ferroviaires de l’UE.

    affiche pour le 28 mars 2012

    appel en anglais sur le site de RMT

    Libre Parcours appelle les syndicats belges  CSC Transcom, CGSP Cheminots, SLFP, SIC, SACT, UBOT,… à prendre exemple sur l’ACOD TBM, à signer cet appel et à mobiliser pour le 28 mars !

  • Action contre la hausse des prix de la STIB à Bruxelles

    Ce mercredi 1er février, les nouveaux tarifs entraient en vigueur à la STIB (la société de transport en commun bruxelloise). Une vingtaine d’usagers s’étaient donnés rendez-vous devant les portes de la station Parvis de Saint Gilles afin de protester contre cette énième hausse, une action soutenue par le PSL/LSP et EGA/ALS.

    Cette nouvelle hausse couplée aux coupes budgétaires du gouvernement Picqué à Bruxelles pour la STIB est une tentative scandaleuse de faire payer les pénuries aux usagers et aux travailleurs.

    En effet dans les coupes budgétaires, 5 millions ont été retirés du budget salarial. Le gouvernement Di Rupo ainsi que le gouvernement Picqué veulent faire payer la crise aux travailleurs, aux jeunes et à leur famille. Les mesures d’austérité au niveau fédéral s’accompagnent de toute une série d’assainissements aux niveaux régional ou communal.

    A chaque fois les acquis sociaux, les services publics sont attaqués. “Ils prêtent aux banques avec un taux d’intérêt nul et ensuite ils nous disent qu’il n’y a pas d’autres solutions que l’austérité” nous a expliqué un passant.

    Voici le texte du tractque nous avons distribué lors de cette action. Nous invitons toutes les personnes qui veulent continuer cette campagne, prendre des initiatives pour résister à ces mesures de prendre contact avec nous. Usagers travailleurs solidarité!  Nous luttons pour des transports publics gratuits et de qualité, ce n’est pas à nous de payer pour leur crise!

  • TEC, STIB, De Lijn : Personnel et usagers, défendons nos transports en commun !

    Le 1er février, les tarifs des transports en commun seront plus élevés dans tout le pays. A Bruxelles, l’augmentation est de 4,5% en moyenne, avec des titres de transport à bord de 2,50€ ! Le nouvel abonnement scolaire coûtera notamment 40 euros en plus. En Wallonie, l’augmentation est en moyenne de 5,52%, les abonnements annuels étant particulière touchés : + 7,5% ! En Flandre, les tarifs de De Lijn sont majorés de 2,7% et l’abonnement réservé aux plus de 60 ans disparaît.

    Le sous-financement public dont souffrent nos transports en commun à travers tout le pays est payé cash par les usagers, qui subissent chaque année des hausses de tarifs incessantes. Mais ce sont aussi les conditions de travail du personnel qui sont mis à mal par ce désinvestissement.

    A Bruxelles, les coupes budgétaires de 46 millions d’euros appliquées par la coalition Olivier (PS, CDH et ECOLO) pour la STIB comportaient ainsi des attaques salariales à hauteur de 5,5 millions d’euros. La mobilité, priorité de l’Olivier ? C’est tout à fait le chemin inverse qui est suivi.

    En Flandre, après déjà deux ans de sévères économies, la société De Lijn doit à nouveau sabrer 60 millions d’euros de son budget. Le service sera fortement réduit et, en plus des 400 emplois passés à la trappe ces deux dernières années, 600 autres vont suivre le même chemin. Le gouvernement flamand estime encore que 500 millions d’euros d’économies supplémentaires devront être trouvés pour 2012. Jan Peunmans (N-VA), président du parlement de la communauté flamande, avait déjà donné le ton en disant que la ‘‘politique de gratuité’’ n’est plus tenable. Finalement, dans les faits, la logique de la N-VA et celle des partis francophones soi-disant ‘‘progressistes’’ se révèlent fortement similaires une fois au pouvoir.

    La logique est partout la même, et conduit à un cercle vicieux : il n’y a pas assez de rentrées, donc on économise sur l’offre de service (suppression ou compression de lignes,…) et on augmente les tarifs. Du coup, les transports en commun sont moins attractifs pour les usagers, ce qui entraîne une nouvelle tournée de mesures d’assainissements et ainsi de suite. Ce sous-financement crée donc tous les problèmes qui servent ensuite à expliquer que la privatisation est la seule solution face aux dysfonctionnements et aux pénuries.

    Ce dont nous avons besoin, c’est d’une opposition basée sur un plan d’action concret visant à unir usagers et personnel dans la lutte pour la défense de nos transports publics, primordiaux dans le cadre de la lutte contre la pollution et les embouteillages. Dans cet esprit, deux réunions concernant les problèmes de la SNCB ont déjà été organisées à Bruxelles, à l’initiative des syndicats de cheminots. Pourquoi ne pas faire de même dans les services de métros, de trams et de bus ? Parvenir à un véritable service public de qualité, abordable et avec de bonnes conditions de travail ne peut s’obtenir que par un refinancement public massif et par un contrôle exercé sur la gestion du service par les travailleurs et les usagers. Pour l’instant, c’est l’inverse qui se construit. On se dirige notamment vers la privatisation des métros bruxellois, reconnus très rentables.

  • Van Quickenborne à l’offensive contre les cheminots !

    Van Quickenborne part à la chasse contre les retraites au Parlement. Que signifie ce projet de Loi pour le personnel du rail ?

    Comme pour beaucoup d’autres, cela signifie de travailler plus longtemps, pour une pension plus petite.

    Le personnel roulant pourra partir à 57 ans, après 32 ans de service. Aujourd’hui, on peut partir à 55 ans, après 30 ans de services. Le personnel sédentaire pourra quitter le travail à 62 ans, après avoir eu une carrière de 40 ans, contre 60 ans actuellement, après 35 ans de carrière. Le problème, c’est plus principalement ce second point. Quelqu’un qui, par exemple, a travaillé 7 ans dans l’Horeca et 25 ans aux guichets peut, selon le système actuel, partir à 60 ans. Si cette réforme des pensions réussi à passer, il ne pourra partir qu’à 65 ans.

    Aujourd’hui, notre pension calculée sur le ‘’salaire final’’. Le gouvernement veut prendre pour base la moyenne des dix dernières années, un énorme retour en arrière, alors que nous perdons déjà en pouvoir d’achat malgré l’index et la péréquation. Par ailleurs, l’interruption volontaire de carrière ne sera plus comprise que pour un an maximum dans le calcul de la pension.

    Outre les économies déjà prévues dans la SNCB, 300 millions d’euros vont à nouveau être coupés. Cela, en plus des 650 postes qui vont déjà être supprimés dans les ateliers, des près de 2000 postes consécutifs à la centralisation des aiguillages, aux 200 dus à la fermeture de guichets, et de la suppression de 130 trains. Et encore en plus de la préparation de la vente au privé du fret.

    La réaction des cheminots et cheminotes doit faire boule de neige dans le reste du secteur public. Elle doit aussi s’étendre au privé. C’est une bonne impulsion à la mobilisation pour la grève générale du 30 janvier 2012.

    Informer, sensibiliser, mobiliser… pour préparer la grève générale du 30 janvier !

    Van Quickenborne parle d’un train d’assainissements. Il s’y connait pourtant peu en matière ferroviaire, c’est très clair au vu de sa proposition visant à s’attaquer aux pensions des machinistes. Avec lui au volant, pas besoin de signalisation, il y va franchement.

    Les syndicats des services publics, cheminots en tête, entrent en résistance, peut-être même pour plusieurs jours. Espérons que les choses n’en resteront pas là et qu’une nouvelle date arrivera pour à nouveau mobiliser les services publics, plus de 3 jours à l’avance. Ce serait une excellente préparation pour la grève générale, secteurs privé et public confondus, du 30 janvier.

    Avant le 2 décembre, les métallos FGTB Wallonie-Bruxelles avaient communiqué un plan d’action capable de stopper l’avalanche d’assainissements. Par la voix de leur président Nico Cué, cette proposition comprenait une grève générale de 24 heures en janvier et, si le gouvernement n’écoute pas, de 48 heures en avril et si nécessaire de 72 heures en juin. C’était encore avant que Van Quickenborne aie ouvert les hostilités. Il faudra probablement revoir le calendrier, mais le principe reste valable, bien qu’il faille probablement déjà planifier la grève de 48 heures en février ou mars et celle de 72 heures non pas juste avant l’été, mais beaucoup plus tôt.

    Les syndicats doivent négocier, mais pas sans tenir un bon bâton derrière leur dos, avec une campagne d’information dans les entreprises afin de discuter des conséquences des mesures gouvernementales pendant des arrêts de travail et où on peut démocratiquement préparer les actions. Avec des journées d’actions, des grèves et des manifestations régionales et sectorielles, en préparation d’une série de grèves générales allant crescendo. Nous pensons que le message central à faire passer devrait être : nous n’avons pas provoqué la crise, nous ne la payerons pas!

     
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  • Bruxelles : L’Olivier contre la STIB

    Le mardi 27 avril, le dépôt Jacques Brel est entré en ‘‘grève sauvage’’, ce qui a perturbé 50% du trafic de la STIB dans le nord et le nord-ouest de la capitale. Le lendemain, une partie des chauffeurs refusaient toujours de retourner au travail. Ces grèves sont liées aux dernières négociations entre les syndicats et la direction de la STB. La direction menace le syndicat de remettre en cause la convention sur les prépensions si elle n’accepte pas la coupe budgétaire de 46 millions pour cette année 2010.

    Le gouvernement bruxellois (PS, CDH, Ecolo) a annoncé durant toute la campagne électorale et leur début de mandat qu’il fallait viser à atteindre la gratuité des transports en commun. Pourtant, les deux premières décisions de l’Olivier ont été de continuer l’installation de portiques de sécurité et d’opérer une coupe budgétaire de 46 millions d’Euros à la STIB.

    La coupe budgétaire se fera comme suit: 25 millions d’investissements reportés; 11,5 millions dans la diminution de l’offre (suppression de lignes Noctis, limitation de certaines lignes, pas de renforcement de la fréquence aux heures de pointe, augmentation du prix du voyage, etc.) et enfin 5,5 millions sur les coûts salariaux (suppression d’un jour de congé, sous-traitance café/resto, augmentation des cadences, suppression des “heures de chaleurs”, etc.)

    La meilleure façon de privatiser un service public est de le désinvestir, c’est une méthode que l’ont connaît bien depuis quelques années. Une récente étude – que la direction de la STIB a d’ailleurs tenté de cacher – démontre que l’insatisfaction des usagers a augmenté en 2009. La cote de satisfaction globale des usagers pour 2009 est de 5,5 sur 10. Correspondances, ponctualité, offre en soirée,… dans pratiquement tous les domaines, les scores sont pires qu’en 2008. En 2009, près de la moitié des sondés estimaient qu’avec la STIB, la mobilité avait régressé, sauf concernant le métro. Évidemment, la situation du métro est différente: celui-ci ne semble pas souffrir d’un désengagement, bien au contraire. Depuis quelques années, la STB a chouchouté le métro en aménageant certaines stations, en terminant en vitesse la station gare de l’ouest, en mettant en place la carte MOBIB et en faisant construire des portiques sécuritaires. Le futur est dans le métro selon la direction de la STIB et de la FEB pour leur projet de “metro vision”. On peut imaginer que tous ces frais payés par les contribuables ont comme objectif de transférer le métro dans la sphère privée.

    Le gouvernement de ‘‘centre gauche’’ bruxellois se moque de nous lorsqu’il affirme vouloir un transport en commun gratuit alors qu’il autorise la mise en place de portiques qui vont coûter 50 millions d’euros, ou encore qu’il mène des coupes budgétaires qui tuent le service public et remettent en cause les acquis sociaux des travailleurs. Alors qu’ils demandent aux travailleurs de se serrer la ceinture le directeur général Allain Flausch réclame une augmentation se son salaire qui est de 170.000 euro brut par an à un package de 300.000 euros par an. Adelheid Byttebier, la nouvelle présidente du conseil d’administration (Groen!) le soutien dans le journal la capitale en disant que “D’après ce que je vois, il y a des paramètres qui plaident pour une augmentation de salaire. Alain Flausch a réalisé un travail remarquable et il doit rester.” Il est très clair que nous ne devons en aucun cas compter sur ce gouvernement pour parvenir à des transports en commun gratuits, de qualité et qui garantissent réellement la sécurité des usagers. Il suffit simplement de constater qu’alors que les problèmes de pollution augmentent (pensons aux alertes de smog) et que les problèmes de mobilité sont sans cesse plus grands sont à Bruxelles, 46 millions d’euros doivent être épargnés sur le dos des transports en commun. De plus, le métro se dirige peu à peu vers la privatisation. Nous avons grand besoin d’un plan d’action syndical combatif et démocratiquement élaboré afin de combattre ces mesures d’austérité. Si nous ne voyons rien de tel arriver, c’est avant tout parce que la direction syndicale veut protéger ses ‘‘partenaires privilégiés’’ de l’Olivier. Les syndicats doivent rompre leurs liens avec les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un véritable nouveau parti des travailleurs, un parti pour et par la base des syndicats. Le PSL veut participer à chaque initiative capable de faire avancer cette idée.

  • La STIB va augmenter ses prix : Nous voulons des transports publics gratuits et de qualité !

    A partir du premier juillet de cette année, un trajet coûtera 1,7 euro contre 1,5 précédemment. La carte 5 voyages passera à 7 euros (contre 6,7 euros) et la carte 10 voyages passera à 11,5 euros (contre 11 euros). La STIB, dans ses publicités, remercie régulièrement les usagers de préserver la planète en recourant au transport en commun. Mais, en augmentant ses tarifs, la STIB leur dit qu’elle n’en a rien à faire.

    Cette augmentation, qui prend place après plusieurs autres en peu de temps, pose immédiatement la question de la stratégie suivie par les différents transports en commun dans le pays. On parle beaucoup de l’environnement ou encore du fait qu’il faut revoir nos modes de transport à cause de la raréfaction du pétrole notamment. Et à quoi assiste-t-on ? Plutôt que de favoriser les transports en commun, moins polluants, on rend leur accès moins abordable !

    Les agressions contre les membres du personnel de la STIB ou d’autres transports en commun font également régulièrement la une de l’actualité. Il y a ainsi plus de cent agressions physiques ou verbales par an contre les travailleurs de la STIB, et c’est un fait que la plupart de ces violences ont pour cause le tarif du transport. La gratuité de l’accès aux transports en commun, en plus de l’impact de cette mesure pour l’environnement, diminuerait drastiquement ces agressions.

    Les transports en communs ont besoin d’investissements publics massifs pour en augmenter la qualité, élargir le réseau, augmenter le personnel (entre autres pour la sécurité), mais aussi pour les rendre gratuits et accessibles à tous.

    La CGSP-Finances estime que la grande fraude fiscale s’élève environ à 30 milliards d’euros par an. Ces 30 milliards d’euros vont directement dans la poche des patrons plutôt que dans celles de la collectivité ! A côté de cela, l’introduction d’un impôt sur la fortune permettrait aussi d’accorder plus de moyens, non seulement pour les transports en commun, mais aussi pour l’ensemble des services publics : enseignement, CPAS, services communaux,… Donc, financer ces mesures ne pose aucun problème dès lors que l’on a la volonté d’aller chercher l’argent là où il se trouve et non plus dans les poches des usagers, déjà bien vides. La STIB elle non plus n’aurait-elle pas compris le messages des dizaines de milliers de manifestants qui ont commencé à battre le pavé pour plus de pouvoir d’achat?

  • STIB. Grève suite à des nouvelles agressions

    Dans deux précédents articles, nous évoquions l’augmentation des agressions physiques sur les conducteurs de la Société des Transports Intercommunaux Bruxellois. Ce matin 25 septembre, suite à de nouvelles agressions qui ont lieu ce week-end, les chauffeurs de tramway de plusieurs dépôts (Forest, Molenbeek, Ixelles, Schaerbeek) ont une nouvelle fois voulu exprimer leur ras-le-bol en cessant spontanément le travail. Interview d’un délégué CGSP du dépôt d’Ixelles.

    Peux-tu expliquer les raisons du mouvement de grogne des chauffeurs ?

    Il y a eu pas mal d’agressions physiques sur des conducteurs de la STIB ces derniers temps. Nous constatons que ce phénomène est en constante augmentation. Quelques réunions se sont tenues avec la direction, mais il n’y a aucune amélioration sur le terrain.

    Il y a clairement un manque structurel d’effectifs pour la sécurité, dont les chauffeurs sont évidemment les premiers à payer les frais. Quand un agent est agressé et qu’il fait un appel radio, la BCO (le service de sécurité de la STIB, ndlr) arrive souvent trop tard (parfois une demi-heure après les faits) ou ne vient même pas du tout.

    En plus du manque d’effectifs, il y a un manque de coordination qui rend ce service inefficace et peu à même de répondre au problème en temps voulu.

    Avant, la BCO disposait de plus de moyens et de plus de personnel. Mais depuis quelques temps, elle doit opérer avec des moyens réduits, et il y a donc un relâchement manifeste : avec une ou deux équipes, ils doivent couvrir tout Bruxelles ! Du coup, souvent, les chauffeurs préfèrent appeler les copains (les autres chauffeurs, ndlr) pour faire face aux problèmes plutôt que d’appeler la BCO.

    Les mesures d’économie ont donc pour résultat direct une augmentation de l’insécurité et une surcharge de travail, tant pour les chauffeurs que pour les agents de la BCO. Nous avons donc besoin de plus de personnel.

    Comment se positionnent les syndicats par rapport aux récents incidents, ainsi que par rapport au mouvement de grève d’aujourd’hui ?

    Là, on touche le fond du problème. Les directions syndicales nous laissent dans la merde et refusent de prendre leurs responsabilités. Jusqu’à présent, la grève déclenchée ce matin n’a pas été reconnue, et n’est donc pas couverte. Par conséquent, beaucoup de conducteurs ont peur de faire grève.

    Cela explique pourquoi il n’y a pas de piquet, pas de mots d’ordre, et pourquoi de nombreuses lignes continuent à rouler normalement. Il n’y a aucun répondant de la part des permanents, ils ne veulent pas se bouger. Je suis allé voir mon permanent tout à l’heure, qui m’a répondu que nous serions indemnisés seulement dans le cas où « un mouvement de masse se forme » !

    Quelles solutions entrevois-tu à la crise ?

    Satisfaire notre principale revendication, implicitement ou explicitement exprimée par tous les chauffeurs, des trams comme des bus : nous avons besoin de plus de moyens et de plus d’effectifs !

    Avant, il y avait systématiquement au moins 2 agents dans chaque véhicule ; aujourd’hui, les conducteurs sont submergés de travail et doivent assurer, en plus de leur boulot de chauffeur, celui d’agent de police et de contrôle des passagers. Cela ne peut plus durer.