Category: TEC

  • TEC, STIB: Suppression de la gratuité pour les seniors

    Ce n’est pas à nous de payer leur crise!

    Il y a un an, tous les politiciens, promettant de ne pas s’en prendre “aux plus faibles”, désavouaient les propos de Kris Lauwers (le patron de la STIB) qui, lors d’une interview au quotidien flamand DeMorgen, envisageait ‘‘de traire le client’’ en s’en prenant particulièrement au abonnés qui pouvaient se déplacer à pied ou à vélo plutôt que de faire de courtes correspondances. Pensait-il déjà aux pensionnés qui font quelques arrêts avec leurs caddies pour se rendre au marché ?

    “Traire” nos ainés?

    Aujourd’hui, ceux-là mêmes qui jureraient encore tous en chœur il y a peu que les mesures budgétaires des gouvernements régionaux allaient être ‘‘indolores’’ mettent fin à la gratuité des transports en commun pour nos ainés. Des dizaines de milliers de personnes âgées de 65 ans et plus doivent désormais payer 60€ leur abonnement annuel à la STIB et 36 euros celui des TEC. Ce coût supplémentaire frappe nos ainés alors qu’ils disposent de pensions parmi les plus basses d’Europe et alors que 20,3 % d’entre eux vivent déjà sous le seuil de pauvreté.

    En Wallonie, sur les 320.000 seniors qui bénéficiaient de la gratuité, on estime que 110.000 d’entre eux prendront l’abonnement à 36€ rapportant ainsi 3,9 millions €, que 60.000 pourront bénéficier d’un statut BIM-Omnio et que la moitié renonceront à prendre un nouvel abonnement. Cette offensive antisociale accroit l’isolement des personnes âgées et entraine une diminution de leur mobilité et donc également de leurs activités physiques. Toutes choses positives pour leur santé et leur bien-être.

    Solidaires des jeunes?

    Comble de l’ironie, le ministre Ecolo de la mobilité Philippe Henry a attribué le nom de ‘‘Contribution de solidarité’’ au nouvel abonnement TEC payant pour les +65 ans. L’argument est le même qu’à Bruxelles : puisque la Communauté Française a arrêté de financer les réductions sur les abonnements scolaires, la région doit le faire sur le dos des séniors. Cette rhétorique hypocrite est récurrente : ‘‘c’est la faute à un autre niveau de pouvoir’’, mais ce sont pourtant bien les mêmes partis (PS, Cdh et Ecolo) qui se retrouvent aux diverses majorités. Tous les partis traditionnels défendent une politique d’austérité particulièrement dramatique pour les plus fragilisés. Ils refusent de faire payer la crise aux véritables responsables.
    Pour des transports en commun publics, gratuits et de qualités

    La déclaration gouvernementale régionale bruxelloise de 2009 affichait la volonté de viser à la gratuité des transports publics et avait fait de la mobilité une priorité face aux embouteillages et à la pollution. C’est le chemin inverse qui est suivi avec les nouvelles coupes budgétaires. Ces désinvestissements sont aux frais des usagers qui subissent, année après année, des hausses de tarifs incessantes (deux fois l’inflation en moyenne sous les deux dernières législatures Picqué). Ce sont aussi les conditions de travail et de sécurité du personnel qui sont mises à mal. Même partis, mêmes promesses électorales non tenues et même politique en Wallonie. Le pire, c’est que ce sous-financement crée des problèmes qui serviront à terme de prétexte pour expliquer que la privatisation est la solution aux dysfonctionnements et aux pénuries.

    Aujourd’hui, on nous dit que la gratuité n’est plus possible, qu’il s’agit d’un choix politique. Nous ne pouvons pas compter sur ces politiciens ! Luttons pour défendre des services publics de qualités et pour réaliser un plan radical d’investissements publics pour les transports en commun mais aussi pour les écoles, les maisons de repos, les crèches, les logements sociaux,…

    Par Boris Malarme

     

  • Appel : mercredi 28 mars 2012 manifestation européenne contre la privatisation du transport

    Nous reprenons ici l’appel du syndicat britannique ‘National Union of Rail, Maritime en Transport Workers’ (RMT) :

    PAS DE PRIVATISATION : NATIONALISATION !

    Le 28 mars 2012, le RMT manifestera avec d’autres syndicats du transport de divers pays européens à Bruxelles contre un texte de l’Union Européenne qui prévoit la privatisation de tous les secteurs du transport.

    Cette manifestation fera partie d’une semaine d’action du 26 au 31 mars contre la politique de libéralisation de l’UE. Durant cette semaine, les syndicats du transport organiseront des manifestations et des activités nationales partout en Europe afin de sousligner que l’UE favorise la privatisation, la fragmentation, le dumping social, la sous-traitance et les attaques contre les conditions de travail et les droits des travailleurs.

    Le point culminant de la semaine sera constitué par une manifestation de masse à Bruxelles le 28 mars. Il est essentiel que les membres du RMT jouent le plus grand rôle possible dans cette manifestation.

    Nous appelons tous les syndicats du transport et les organisations qui défendent le transport public et l’environnement à s’opposer à la destruction systématique des sociétés ferroviaires nationales, des postes de travail et de la sécurité, conséquences de l’application des paquets ferroviaires de l’UE.

    affiche pour le 28 mars 2012

    appel en anglais sur le site de RMT

    Libre Parcours appelle les syndicats belges  CSC Transcom, CGSP Cheminots, SLFP, SIC, SACT, UBOT,… à prendre exemple sur l’ACOD TBM, à signer cet appel et à mobiliser pour le 28 mars !

  • TEC, STIB, De Lijn : Personnel et usagers, défendons nos transports en commun !

    Le 1er février, les tarifs des transports en commun seront plus élevés dans tout le pays. A Bruxelles, l’augmentation est de 4,5% en moyenne, avec des titres de transport à bord de 2,50€ ! Le nouvel abonnement scolaire coûtera notamment 40 euros en plus. En Wallonie, l’augmentation est en moyenne de 5,52%, les abonnements annuels étant particulière touchés : + 7,5% ! En Flandre, les tarifs de De Lijn sont majorés de 2,7% et l’abonnement réservé aux plus de 60 ans disparaît.

    Le sous-financement public dont souffrent nos transports en commun à travers tout le pays est payé cash par les usagers, qui subissent chaque année des hausses de tarifs incessantes. Mais ce sont aussi les conditions de travail du personnel qui sont mis à mal par ce désinvestissement.

    A Bruxelles, les coupes budgétaires de 46 millions d’euros appliquées par la coalition Olivier (PS, CDH et ECOLO) pour la STIB comportaient ainsi des attaques salariales à hauteur de 5,5 millions d’euros. La mobilité, priorité de l’Olivier ? C’est tout à fait le chemin inverse qui est suivi.

    En Flandre, après déjà deux ans de sévères économies, la société De Lijn doit à nouveau sabrer 60 millions d’euros de son budget. Le service sera fortement réduit et, en plus des 400 emplois passés à la trappe ces deux dernières années, 600 autres vont suivre le même chemin. Le gouvernement flamand estime encore que 500 millions d’euros d’économies supplémentaires devront être trouvés pour 2012. Jan Peunmans (N-VA), président du parlement de la communauté flamande, avait déjà donné le ton en disant que la ‘‘politique de gratuité’’ n’est plus tenable. Finalement, dans les faits, la logique de la N-VA et celle des partis francophones soi-disant ‘‘progressistes’’ se révèlent fortement similaires une fois au pouvoir.

    La logique est partout la même, et conduit à un cercle vicieux : il n’y a pas assez de rentrées, donc on économise sur l’offre de service (suppression ou compression de lignes,…) et on augmente les tarifs. Du coup, les transports en commun sont moins attractifs pour les usagers, ce qui entraîne une nouvelle tournée de mesures d’assainissements et ainsi de suite. Ce sous-financement crée donc tous les problèmes qui servent ensuite à expliquer que la privatisation est la seule solution face aux dysfonctionnements et aux pénuries.

    Ce dont nous avons besoin, c’est d’une opposition basée sur un plan d’action concret visant à unir usagers et personnel dans la lutte pour la défense de nos transports publics, primordiaux dans le cadre de la lutte contre la pollution et les embouteillages. Dans cet esprit, deux réunions concernant les problèmes de la SNCB ont déjà été organisées à Bruxelles, à l’initiative des syndicats de cheminots. Pourquoi ne pas faire de même dans les services de métros, de trams et de bus ? Parvenir à un véritable service public de qualité, abordable et avec de bonnes conditions de travail ne peut s’obtenir que par un refinancement public massif et par un contrôle exercé sur la gestion du service par les travailleurs et les usagers. Pour l’instant, c’est l’inverse qui se construit. On se dirige notamment vers la privatisation des métros bruxellois, reconnus très rentables.

  • Van Quickenborne à l’offensive contre les cheminots !

    Van Quickenborne part à la chasse contre les retraites au Parlement. Que signifie ce projet de Loi pour le personnel du rail ?

    Comme pour beaucoup d’autres, cela signifie de travailler plus longtemps, pour une pension plus petite.

    Le personnel roulant pourra partir à 57 ans, après 32 ans de service. Aujourd’hui, on peut partir à 55 ans, après 30 ans de services. Le personnel sédentaire pourra quitter le travail à 62 ans, après avoir eu une carrière de 40 ans, contre 60 ans actuellement, après 35 ans de carrière. Le problème, c’est plus principalement ce second point. Quelqu’un qui, par exemple, a travaillé 7 ans dans l’Horeca et 25 ans aux guichets peut, selon le système actuel, partir à 60 ans. Si cette réforme des pensions réussi à passer, il ne pourra partir qu’à 65 ans.

    Aujourd’hui, notre pension calculée sur le ‘’salaire final’’. Le gouvernement veut prendre pour base la moyenne des dix dernières années, un énorme retour en arrière, alors que nous perdons déjà en pouvoir d’achat malgré l’index et la péréquation. Par ailleurs, l’interruption volontaire de carrière ne sera plus comprise que pour un an maximum dans le calcul de la pension.

    Outre les économies déjà prévues dans la SNCB, 300 millions d’euros vont à nouveau être coupés. Cela, en plus des 650 postes qui vont déjà être supprimés dans les ateliers, des près de 2000 postes consécutifs à la centralisation des aiguillages, aux 200 dus à la fermeture de guichets, et de la suppression de 130 trains. Et encore en plus de la préparation de la vente au privé du fret.

    La réaction des cheminots et cheminotes doit faire boule de neige dans le reste du secteur public. Elle doit aussi s’étendre au privé. C’est une bonne impulsion à la mobilisation pour la grève générale du 30 janvier 2012.

    Informer, sensibiliser, mobiliser… pour préparer la grève générale du 30 janvier !

    Van Quickenborne parle d’un train d’assainissements. Il s’y connait pourtant peu en matière ferroviaire, c’est très clair au vu de sa proposition visant à s’attaquer aux pensions des machinistes. Avec lui au volant, pas besoin de signalisation, il y va franchement.

    Les syndicats des services publics, cheminots en tête, entrent en résistance, peut-être même pour plusieurs jours. Espérons que les choses n’en resteront pas là et qu’une nouvelle date arrivera pour à nouveau mobiliser les services publics, plus de 3 jours à l’avance. Ce serait une excellente préparation pour la grève générale, secteurs privé et public confondus, du 30 janvier.

    Avant le 2 décembre, les métallos FGTB Wallonie-Bruxelles avaient communiqué un plan d’action capable de stopper l’avalanche d’assainissements. Par la voix de leur président Nico Cué, cette proposition comprenait une grève générale de 24 heures en janvier et, si le gouvernement n’écoute pas, de 48 heures en avril et si nécessaire de 72 heures en juin. C’était encore avant que Van Quickenborne aie ouvert les hostilités. Il faudra probablement revoir le calendrier, mais le principe reste valable, bien qu’il faille probablement déjà planifier la grève de 48 heures en février ou mars et celle de 72 heures non pas juste avant l’été, mais beaucoup plus tôt.

    Les syndicats doivent négocier, mais pas sans tenir un bon bâton derrière leur dos, avec une campagne d’information dans les entreprises afin de discuter des conséquences des mesures gouvernementales pendant des arrêts de travail et où on peut démocratiquement préparer les actions. Avec des journées d’actions, des grèves et des manifestations régionales et sectorielles, en préparation d’une série de grèves générales allant crescendo. Nous pensons que le message central à faire passer devrait être : nous n’avons pas provoqué la crise, nous ne la payerons pas!

     
    >> PDF

  • TEC : Il faut un plan d’action qui unisse travailleurs et usagers!

    Les dernières journées de grève qui ont touché le TEC en région liégeoise, au sujet d’un problème relatif au statut des chefs d’équipes techniques, ont fait beaucoup de bruit. Tandis qu’un groupe facebook appelait à une manifestation pour ce samedi contre ces grèves et pour le service minimum, une fois de plus, ce fut aussi l’occasion de constater à nouveau à quel point la presse traditionnelle est bien peu ‘‘objective’’ dans sa manière de traiter l’information.

    Pour RTL-TVI – qui s’est fait une certaine réputation en trainant dans la boue le moindre conflit social – c’était l’occasion à ne pas louper ! Un de ses reportages annonçait : des ‘‘Liégeois pris en otage par la TEC’’ veulent voir les TEC privatisés. Et le journaliste de poursuivre en parlant des chauffeurs de lignes privées qui, eux, n’arrêtent pas de travailler, même quand ils reçoivent des pavés sur les bus. Tout juste est-il brièvement expliqué que, quand même, dans le privé, on roule 12, parfois 14 heures d’affilée… Et oui, faire grève, c’est utile, et ça permet de défendre les droits des travailleurs, mais bon, ça, on préfère ne pas trop en parler à RTL.

    Quant au quotidien-feuille-de-choux liégeois La Meuse, il n’a pas non plus hésité et a de son côté et notamment titré : ‘‘Les chauffeurs et les syndicats font-ils “la grève du cerveau”? Ce n’est pas avec le même ton et la même arrogance qu’ils parlent de l’austérité ou des profits des grands actionnaires, loin de là… En fait, la couverture médiatique de la grève fut unilatéralement utilisée comme une campagne de propagande destinée à pousser l’idée du service minimum et de la privatisation des transports en commun.

    Autre élément, cet appel à manifester contre les grèves au TEC et pour l’instauration du service minimum lancé par deux étudiants liégeois (tous deux précisent toutefois bien qu’ils sont contre la privatisation du TEC et qu’ils croient au service public). Bien entendu, nous comprenons bien que cette grève, survenue en pleine période d’examen, a entraîné de nombreuses complications. Mais pour réellement parvenir à une solution, l’instauration du service minimum n’est pas une aide, que du contraire. Pour la direction du TEC, ce serait l’occasion de faire passer des mesures d’austérité, d’attaquer les conditions de travail et de salaire,… et les travailleurs ne seront pas les seuls à en pâtir ! Comme les usagers des transports en commun ne le savent que trop bien, le manque de moyens, de personnel,… cela a comme résultat des retards, des suppressions de ligne,… Au final, défendre le droit de grève, c’est défendre un moyen destiné à lutter pour un service public de qualité.

    On ne fait jamais grève par plaisir, contrairement à ce que certains médias tentent de nous faire avaler. Souvent, quand la raison officielle d’une grève semble infime, c’est qu’elle est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il s’agit dès lors plus d’un contexte d’accumulation de frustration et de colère face à une accumulation de problèmes. Mais, tant au TEC qu’à la SNCB et ailleurs, ces problèmes s’accumulent sans qu’un plan d’action syndical ne soit discuté et sans que les directions syndicales ne s’en soucient de trop. Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB, s’est d’ailleurs publiquement dédouanée de ces actions de grève lorsqu’elle était en visite auprès du très (très) patronal ‘‘Cercle de Lorraine’’, en précisant que la grève avait d’abord été déclenchée par la CSC… On fait mieux comme soutien aux luttes des travailleurs !

    Imaginons l’impact qu’aurait une campagne de sensibilisation des syndicalistes du TEC à destination des usagers, expliquant en détail les problèmes auxquels les travailleurs font face, à quel point cela nuit à la prestation d’un service de qualité,… avec distribution de tracts, affiches aux arrêts de bus,…

    Il serait non seulement possible de barrer la route à la propagande patronale dans les médias en s’en prenant à l’incompréhension des usagers, mais aussi d’appeler ces derniers à la solidarité. Une telle lutte, préparée suffisamment longtemps à l’avance, aurait un puissant impact, non seulement dans ce secteur précis, mais également dans d’autres, en illustrant comme gagner l’opinion publique et l’impliquer dans la lutte.

  • Non aux assainissements dans les transports publics!

    Par un chauffeur de bus

    Les politiciens traditionnels parlent sans cesse d’environnement et de mobilité. Mais derrière les mots, on étouffe les transports publics. La STIB (à Bruxelles) doit assainir 46 millions d’euros de son budget, De Lijn 51,8 millions d’euros en 2010 et plus encore en 2011 et, au TEC, la dotation du gouvernement wallon a été gelée de 2008 à 2014, ce qui fait que, cette année, il y aura un déficit de 9,9 millions d’euros à éliminer.

    Ces économies menacent la prestation de services et augmentent la charge de travail. Dans une interview pour Trends/Tendance, Werner Jacobs, le nouveau directeur financier de De Lijn, a déclaré vouloir éliminer les ‘‘heures creuses’’. Il précise : c’est le temps compris entre les voyages. La direction souhaite donc réduire le temps de repos des chauffeurs au minimum. Mais des chauffeurs qui sont 7, 8 ou 9 heures au volant commencent bien sûr à fumer dans le bus ou à rouler sans tenir compte des limites de vitesses, histoire de se ménager quelques minutes de pause avant le prochain trajet.

    En octobre, De Lijn a publié les résultats d’une enquête parmi les voyageurs. Le mécontentement augmente, surtout concernant le manque de ponctualité et le manque de place dans les bus, problèmes que les mesures d’assainissement ne vont faire que renforcer. La réduction du temps de repos entre deux voyages réduit aussi la possibilité de gagner du temps après un retard. En plus, De Lijn limite la fréquence sur certaines lignes. A Gand, le transport est fortement réduit en soirée, tandis que dans d’autres régions, des lignes ‘‘non rentables’’ sont supprimées.

    Aux quatre coins du pays, les voyageurs et le personnel sont victimes d’une même logique : il faut riposter dans l’unité. La grève du TEC le 11 octobre dernier était un bon premier pas. Qu’est ce qu’on attend pour organiser une journée nationale de grève avec une grande manifestation pour laquelle les usagers seraient aussi mobilisés ?

  • Donnez un avenir aux jeunes… Et plus de moyens aux transports publics !

    Par un conducteur de bus

    Ces derniers mois, plusieurs agressions ont eu lieu dans les transports en commun : à Bruxelles, à Anvers, à Mons,… A chaque fois, on peut entendre des appels pour augmenter la répression. Il y a même eu une proposition pour interdire à certains voyageurs d’utiliser les bus! Les agressions constituent certes un problème grandissant, mais il ne peut être résolu isolément du reste.

    Interdiction de transport en commun
    Une telle interdiction signifierait que les voyageurs qui ont été attrapé plusieurs fois pour «comportement nuisible» n’auraient plus droit à utiliser les transports publics. Mais cela débouche évidemment sur pas mal de problèmes pratiques : comment contrôler qui est concerné par une interdiction ? Qui peut décider de cette interdiction ?

    Et puis, cette mesure serait-elle une réponse efficace à des agressions telles que celles du quartier Kuregem à Anderlecht, où 70% des jeunes sont en retard scolaire et plus de la moitié au chômage ? Après près de trente années de néolibéralisme, beaucoup de jeunes n’ont plus, ou à peine, de perspectives d’avenir. A moins que l’on considère les prisons de jeunes, antichambres des vraies prisons, comme une perspective.

    Quel plan de sécurité?
    En Wallonie, le plan Sécuritec a été décidé en 2006. Il prévoit que, d’ici 2010, 60% des bus des TEC seront équipés de caméras et que 300 personnes auront été affectées à différentes tâches de «sécurisation du réseau», dont 193 contrôleurs et 20 vigiles. D’autre part, des amendes pour incivilité viennent aussi d’être introduites, allant de 75 euros ou de 150 euros en cas de récidive dans les 24 mois. A la SNCB, d’ici 2010 aussi, il y aura 1.500 caméras supplémentaires dans les gares les plus fréquentées tandis que ces deux dernières années, le personnel de surveillance a été multiplié par deux.

    Nous comprenons que les travailleurs des transports publics n’acceptent plus les tensions et les agressions. Mais les caméras ne permettent pas d’empêcher la violence et la répression n’offre pas non plus de solutions. Pour mettre un terme aux agressions, il faut s’en prendre aux causes et donc appliquer une politique qui offre un avenir aux jeunes différent des emplois précaires, de la misère ou du chômage.

    Mais il est vrai qu’il faut aussi bien plus de moyens pour le personnel. Avant, Il y avait systématiquement un deuxième homme dans les trams ou les bus. Si maintenant on remet en avant ce principe, ce n’est seulement que pour un nombre limité de lignes et souvent ce deuxième homme n’a qu’un statut bidon et n’a pas reçu une réelle formation. Chaque travailleur mérite un statut convenable et une bonne formation !

    Transport public gratuit et de bonne qualité
    Nous savons par la pratique que la plupart des incidents dans les transports publics sont dus au prix à payer pour le voyage. Instaurer des transports gratuits et de bonne qualité ne serait pas seulement favorable sur le plan écologique et social (pour ouvrir l’accès à la mobilité aux couches les plus larges de la population), mais serait également une mesure bénéfique à la sécurité. Les transports publics ont besoin d’investissements publics massifs pour que cela puisse être réalisé.