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  • Contrer la casse des conditions de travail et de transport: nouvelle grève de 48h aux chemins de fer

    Contrer la casse des conditions de travail et de transport: nouvelle grève de 48h aux chemins de fer

    Dégradations des conditions de travail, nouvelles mesures de flexibilité, attaque du statut cheminot : cela fait des mois que la direction des chemins de fer joue la provocation et tente de passer en force. Le front commun syndical CGSP – CSC – SLFP (soutenu par le SIC) avait déposé un premier préavis de grève de 48 heures en novembre. Une deuxième grève de 48 heures aura lieu les 6 et 7 décembre.

    Par un cheminot

    Un accord social avait pourtant été signé entre les organisations du front commun et la direction au printemps dernier. Il prévoyait entre autres une accélération importante du recrute- ment pour faire face au manque de personnel, et au problème du nombre record de jours de récupération en retard. La direction brandit dans la presse les chiffres de recrutement en camouflant que malgré ça, le manque de personnel reste très critique sur certains lieux de travail. Les dirigeants syndicaux ont comparé les chemins de fer à une passoire : de janvier à octobre 2023, il y a eu à peine plus d’arrivées que de départs. Les mauvaises conditions de travail et l’absence de perspective positive font qu’un nombre croissant d’agents quittent la société. Avec pour conséquence, notamment, un record du nombre de trains supprimés par manque de personnel.

    Aux guichets, cela fait des années que la direction n’engage plus que des contractuels. Contrats précaires, hyper-flexibilité et arbitraire patronal sont monnaies courantes. Une sorte de laboratoire où la direction a testé jusqu’où elle pouvait aller dans les reculs des droits sociaux. Avec sa nouvelle structure adoptée avant l’été, la SNCB essaie maintenant d’étendre ces pratiques plus largement dans la société. Son plan « présence en gare », re- nommé à juste titre par les syndicats « absence en gare » met des centaines d’emplois en danger. La réorganisation sert de prétexte à une diminution radi- cale du nombre d’agents et une remise en cause du statut. Celles et ceux qui seront redéployés devront travailler en étant bien plus flexibles, sans lieu de travail fixe. Moins de personnel à disposition des voyageurs, des conditions de travail dégradées pour ceux qui restent : voilà ce que la direction de la SNCB considère comme « modernisation indispensable ».

    Le statut a sa propre histoire aux che- mins de fer : il maintient un lien essentiel entre les travailleur-euses des différentes corporations malgré que la SNCB historique ait été scindée de façon absurde en différentes sociétés (SNCB, Infrabel et HR Rail). Il permet d’accéder à la mutuelle propre aux cheminots et à sa caisse de solidarité sociale. Financée par l’ensemble du personnel statutaire, elle fournit des avantages non négligeables. Le statut est aussi une assurance – bien qu’imparfaite – que femmes, hommes et minorités de genre soient rémunérés de la même manière. Enfin, la protection relative qu’offre le statut permet aux agents de traiter les usagers de manière égalitaire et avec l’intérêt collectif comme priorité, et non la logique de profit.

    Formés dans les multinationales du secteur privé et issus de « cabinets de conseils » comme McKinsey, les haut-managers gèrent notre service pu- blic avec cynisme et autoritarisme. Ils sont aidés par un bataillon de consul- tants dont le nombre et le coût a explo- sé ces dernières années. La logique de coupe budgétaire s’applique à tout le monde sauf à eux-mêmes. Le montant de la facture totale de la consultance, bien que tenu secret, avoisinerait les 100 millions d’euros par an. Entre 2018 et 2020, un consultant de la filiale informatique de la SNCB a été payé 2 200 € par jour !

    Comment cheminots et usagers peuvent gagner

    La première grève de 48 heures des 8 et 9 novembre a été largement suivie. Malgré ce succès, il ne fait aucun doute que la direction ne lâchera pas facilement. Mais la détermination se trouve des deux côtés. Avec sa gestion agressive et le manque de marge sérieuse laissée à la négociation, la direction du rail a mis en danger la position propre des dirigeants syndicaux. Les travailleurs des différentes corporations ont massivement suivi le mot d’ordre de grève, parce que les revendications les concernaient directement ou par solidarité.

    Mais nous manquons d’un plan et d’une stratégie claire à long terme. L’appel à « un dialogue social de qualité » est trop vague : nous ne voulons pas négocier la dégradation de nos droits ! Nous avons besoin d’une liste de revendications précises à obtenir, débattues démocratiquement pour chaque fonction, par exemple au moyen d’assemblées générales sur chaque lieu de travail.

    L’hypocrisie n’a plus de limites : les patrons de la SNCB et d’Infrabel ont dénoncé la grève de novembre en se positionnant comme les défenseurs du service public. Ceux-là mêmes qui externalisent des services, reproduisent la logique du secteur privé et transforment ces sociétés sur base d’une logique purement commerciale. C’est en gérant les services publics comme des sociétés privées que l’élite politique et économique brouille les pistes et sape la confiance dans ces services publics. Alors que les revendications des cheminots, de leurs syndicats et des usagers sont souvent communes.

    C’est pourquoi nous pensons que les syndicats devraient lancer une cam- pagne avec des revendications offensives pour de bonnes conditions de travail et de transport, en expliquant comment ces objectifs sont intimement liés. Des rencontres avec les navetteurs, distribution de tracts en gare et campagne de communication sur les réseaux sociaux pour populariser ces revendications seraient un pas en avant.

    Libre Parcours a appelé à la formation d’un bloc des délégations syndicales des transports publics (SNCB, STIB, De Lijn, TEC) à la marche pour le climat du 3 décembre. Des investissements massifs dans ce secteur sont plus que jamais nécessaires pour éviter la catastrophe climatique. Car même les investissements limités prévus par les contrats de gestion de la SNCB et d’Infrabel ne sont pas encore assurés. Nous proposons aussi aux activistes climatiques de venir soutenir et échanger avec les travailleurs du rail sur les piquets de grève.

    En impliquant le plus largement possible les travailleurs et les usagers dans un plan d’action pour nos intérêts communs et ceux des générations futures, nous pouvons balayer la politique antisociale du patronat et de ses sbires.

    Ponctualité : ce qu’on ne vous dit pas

    L ’une des raisons de la grève est la décision de la direction de la SNCB de diminuer par deux le temps de préparation du service des accompagnateurs de train. Ces précieuses minutes – considérées par la direction comme improductives – permettent d’organiser sa journée, de préparer ses outils et de prendre connaissance de toutes les informations nécessaires pour la suite. Mais c’est aussi un délai utile pour organiser le remplacement imprévu d’un collègue bloqué sur la route ou absent.

    Plus que jamais, la direction de la SNCB veut supprimer tout ce qu’elle considère comme des « temps morts » afin d’augmenter le niveau de produc- tivité et de tendre vers une organisa- tion du service en « flux tendu ». Le moindre pépin se transforme alors en suppression ou retard de train faute de personnel. Il en va de même dans la gestion du « matériel roulant » : les voitures doivent rouler autant que possible et rester moins longtemps garées en maintenance ou en réserve. Résultat : à la moindre panne, il n’est pas possible de les remplacer, et le train est supprimé.

    C’est ainsi que la course à la productivité met à mal la ponctualité. Celle-ci est déjà à un niveau jugé « catastrophique » par les associations de navetteurs : seulement 85,49 % des trains sont arrivés avec moins de 6 minutes de retard en octobre 2023 (82,6 % en tenant des comptes des trains supprimés).

    Cette gestion en flux tendu qui handicape tant la fiabilité du service n’est absolument pas remise en cause dans le contrat de service public 2023 – 2032 mis en avant par la direction du rail et le ministre de la Mobilité. C’est sans doute pour cette raison qu’en termes de ponctualité, l’objectif affiché est particulièrement modeste : 91% de trains avec un retard en-des- sous de 6 minutes en 2032. Un objectif « ambitieux » en comparaison à ce qui se fait actuellement, mais aussi plus faible que les intentions du contrat de gestion précédent… qui visait les 92% pour 2012 (objectif non atteint).

    Pour obtenir un service de qualité il est indispensable de sortir de cette logique de course à la productivité et de réduction des coûts. Mais lorsque la patronne de la SNCB, Sophie Dutordoir, doit la justifier, elle fait référence aux « (potentiels) concurrents de la SNCB ». L’abandon du modèle de libéralisation du transport ferroviaire est nécessaire, aussi pour mettre nos trains à l’heure.

  • SNCB. Halte à la casse du service et à la surcharge de travail!

    Des investissements massifs dans les transports publics : pour plus de personnel et plus de moyens!

    Augmentation de la productivité, flexibilisation du travail, remise en cause du statut des cheminots: la direction joue la provocation depuis des mois et tente aujourd’hui d’obtenir gain de cause. Sous couvert de ‘modernisation’ et de ‘digitalisation’, une nouvelle série de réformes se met en place et poursuit la casse du service.

    Le plan ‘présence dans les gares’, rebaptisé à juste titre ‘absence dans les gares’ par les syndicats, entraînera de nouvelles réductions drastiques du personnel et du service aux passagers. La direction veut aussi de plus en plus recourir au travail contractuel. Le personnel concerné par cette réforme devra travailler de manière encore plus flexible, sans lieu de travail fixe.

    Le plan supplémentaire, qui vise à réduire de moitié le temps de préparation des chefs de train, n’a qu’un seul objectif: augmenter la productivité. Conséquence? La charge de travail, déjà insoutenable, augmente encore! Ces mesures sont prises par un bataillon de consultants dont le nombre et les coûts ont explosé ces dernières années, alors que le manque de moyen s’aggrave.

    Ce système est pourri! Foutons dehors ce management parasitaire!

    Le fait que la SNCB reste un service public jusqu’en 2032 n’a pas changé l’attitude de ses dirigeants. Formés dans des multinationales et nourris de recettes néolibérales, issus de bureaux de consultance comme McKinsey, ils dirigent notre service public de manière autoritaire et cynique.

    Aux guichets, par exemple, la direction ne recrute plus que des contractuels depuis des années. Contrats précaires, hyperflexibilité et arbitraire administratif y sont le lot quotidien. Les horaires de travail peuvent être modifiés jusqu’à 24 heures à l’avance. C’est une sorte de laboratoire où la direction teste jusqu’où elle peut aller dans la réduction de nos droits sociaux. En attendant, elle tente de l’étendre par la mise en place d’une nouvelle structure.

    Ce management s’inscrit parfaitement dans une logique capitaliste où l’on nous gave de marketing alors que les emplois précaires deviennent la nouvelle norme afin d’augmenter les revenus des actionnaires privés. Comme avec la mise sous franchise dans le secteur de la distribution. Mais avant cela, il faut mobiliser encore plus de ressources de la collectivité pour développer les infrastructures. En bref, c’est nous qui payons, c’est eux qui empochent.

    L’élite politique installe son management en véritable parasite des services publics. Mettons McKinsey à la porte, débarrassons-nous de ce management! La commercialisation entraîne une dégradation des conditions de travail et de la qualité du service. Nous connaissons les exemples de De Lijn et ceux de l’étranger (par exemple au Royaume-Uni, où la renationalisation du rail est populaire). Une première grève réussie les 8 et 9 novembre est une première étape essentielle pour les arrêter et lutter pour des investissements publics massifs, mais sous le contrôle des cheminots, des usagers et de la communauté.

    Préparer une grève de 48 heures en décembre, prochaine étape d’un plan d’action crescendo !

    En prévoyant quatre jours de grève, le front commun syndical passe à la vitesse supérieure. C’est avant tout la pénurie persistante de personnel et l’accumulation de problèmes qui l’explique. En ce sens, l’appel à un ‘dialogue social qualitatif’ est vague : nous ne voulons pas négocier la dégradation de nos droits !

    Il reste un mois avant la prochaine grève de 48 heures des 6 et 7 décembre: c’est l’occasion de discuter collectivement de la suite du mouvement. Nous appelons à des réunions du personnel et à une campagne globale sur le lieu de travail afin d’impliquer encore plus de collègues. Mais aussi un plan visant à intégrer les voyageurs dans notre combat.

    Il est possible d’élaborer un plan d’action crescendo, en escalade, qui non seulement gèle les projets de la direction, mais aussi annule la casse sociale décidée précédemment.

    Les moyens ne manquent pas : le nombre de millionnaires en Belgique est passé de 107.000 en 2000 à 536.000 aujourd’hui. Ils ont thésaurisé les profits des décennies passées. Exigeons donc des mesures concrètes et offensives :

    • Pas touche au temps de préparation de service des accompagnateurs de train : plus de temps pour préparer le service et traiter toutes les informations !
    • Réduction de la charge de travail :
      • Réduction des jours de récupération et de congé en retard, sans perte de ces jours en raison du non-respect des délais.
      • Chaque membre du personnel doit disposer d’un lieu d’affectation de base (proche de son domicile)
      • Recrutement massif de personnel supplémentaire pour atteindre les niveaux de service actuels
      • Une semaine de 30 heures sans perte de salaire avec embauche compensatoire pour un équilibre structurel entre vie professionnelle et vie privée !
    • Une nomination statutaire pour toutes et tous, sans exception !
    • Suppression des bureaux de consultance parasites qui facilitent la casse sociale !
    • Pour un environnement de travail sécurisé : des investissements massifs dans les infrastructures et du personnel en suffisance pour assurer cette sécurité pour tous !
    • Augmentation de l’offre de trains pour répondre aux besoins de la société et à la crise climatique, grâce à des investissements publics massifs dans un système de transport public.
    • Inverser la commercialisation : internalisation des contrats externalisés !
    • Introduction immédiate d’une taxe sur les fortunes pour réaliser les investissements initiaux !

    Même les fonds promis aux chemins de fer pour les 10 prochaines années pourraient être remis en cause par le prochain gouvernement. Et ce, sous la pression du FMI, qui recommande à la Belgique de réduire ses dépenses de 30 milliards en 5 ans ! Il faut aller chercher l’argent là où il est, mais aussi prendre davantage le contrôle de notre économie pour rendre impossible un tel chantage. La rupture avec le capitalisme peut se faire en nationalisant les secteurs clés de notre économie sous contrôle démocratique. Ainsi, nous pourrons réellement et définitivement nous libérer de leur arbitraire, et mettre l’économie au service de notre bien-être.

    Militants pour le climat et cheminots : tous ensemble !

    Une marche pour le climat aura lieu deux jours avant la prochaine grève. Nous proposons d’y participer avec nos délégations syndicales de cheminots et de former un bloc de travailleurs des transports publics (SNCB, TEC, STIB, De Lijn) dans la manifestation. Compte tenu de l’importance de l’augmentation des transports publics pour lutter contre le changement climatique, nous avons tout intérêt à nous mobiliser activement pour la marche pour le climat du 3 décembre.

    En même temps, nous pouvons y appeler à des visites de solidarité à nos piquets et expliquer comment la direction et ce gouvernement sapent ce service public nécessaire. Moins de personnel sur les quais, des horaires beaucoup trop serrés et des trains retardés au moindre pépin: les projets de la direction menacent aussi la qualité du service pour les usagers !

    Rebekka, militante pour le climat : Sauvez le climat en développant les transports publics !

    « Les transports publics sont l’un des secteurs clés de la lutte contre le changement climatique. Les transports en Europe sont responsables d’un quart des émissions européennes, dont 72 % proviennent du transport routier (sans compter les émissions liées à la production automobile). Dans le cadre d’un plan de décarbonisation réaliste, le développement d’un réseau de transports publics gratuit et accessible est indispensable. En tant qu’activistes du climat, nous nous opposons au démantèlement et à la privatisation des transports publics et nous soutenons la lutte menée par le personnel de la SNCB.

    « En Allemagne, la lutte commune du personnel ferroviaire et des militants pour le climat exige des investissements visant à doubler la capacité. Nous voulons lutter ensemble pour des transports publics gratuits et accessibles, où il ne peut être question de propriété privée. Nous exigeons des investissements dans le secteur pour de meilleures infrastructures, avec plus d’emplois «verts» et de meilleures conditions de travail. Nous pensons que cela n’est possible que si les travailleurs ont davantage leur mot à dire et plus de contrôle sur ce service public nécessaire. C’est pourquoi nous invitons les cheminots à la manifestation pour le climat du 3 décembre. »

    #wirfahrenzusammen #onrouleensemble

  • De Lijn: Crise généralisée,dernier arrêt avant le blocage total

    À force d’économiser sur tout et n’importe quoi, tout va de travers chez De Lijn, la société flamande de transports en commun. Pas assez de bus, pas assez de techniciens, infrastructure obsolète… Quant au projet de réforme « Basic Accessibility », il cache – bien mal – une véritable diminution du service. La crise est totale. Nous en avons discuté avec un chauffeur de bus.

    « Après 10 à 15 ans d’économies, l’impact est très visible. De vieux bus circulent et, parfois, il n’y a tout simplement pas de bus disponible ! Il faudrait acheter 180 bus par an pour remplacer tous les bus qui atteignent les 15 ans, ce qui est une durée de vie normale. De plus, l’électrification de la flotte nécessite des fonds supplémentaires. Tout cela a été retardé, puis retardé encore, et la logique budgétaire a souvent conduit à acheter des équipements de mauvaise qualité.

    « En plus, l’infrastructure tombe littéralement en ruine. Alors que les travaux de la liaison Oosterweel à Anvers auront bientôt encore plus d’impact sur la congestion du trafic, une importante ligne de prémétro vers et depuis la Rive gauche risque d’être hors service pendant des mois. Quel manque de planification ! À Hoboken, un tronçon de tram plus ne peut être utilisé parce que les voies sont en très mauvais état. À Anvers, la plupart des stations de métro sont sales et les escalators ne fonctionnent pas la plupart du temps. Dire que l’entretien laisse à désirer est un euphémisme.

    « Fatalement, faire rouler de vieux bus, cela exige plus de travail. Mais le service technique ne s’en sort pas. Depuis des années, des campagnes syndicales sont menées pour obtenir de meilleures conditions de travail et une augmentation des salaires. En vain jusqu’ici. Du coup, De Lijn peine à trouver du personnel technique : il y a 70 postes vacants que la direction ne parvient pas à pourvoir. Les conditions de travail et les perspectives dans une entreprise où rien ne semble fonctionner correctement sont particulièrement dissuasives.

    « Vient ensuite la réforme prévue de l’accessibilité de base, le plan « Basic Accessibility », déjà mise en œuvre sur la côte, autour de Bruges et dans le nord d’Anvers. En réactions, des comités d’action ont été créés pour s’opposer à la réduction du service. La direction privilégie les lignes principales très fréquentées et supprime les lignes ailleurs. Dans le Limbourg, ce plan « d’accessibilité de base » signifie la suppression de 500 arrêts ! La réforme repose sur le principe de la neutralité budgétaire, de sorte que toute extension d’un service est compensée par la réduction d’un autre. Puisque, en plus, le service n’est pas fiable en plusieurs endroits en raison du peu d’entretien, les passagers désertent De Lijn.

    « Tous les services sont à bout de souffle, des techniciens aux chauffeurs en passant par les agents planificateurs. La direction veut encore accroître la productivité, alors que le travail est déjà bien pénible. L’une des principales raisons pour lesquelles il est difficile de trouver des chauffeurs est le temps de travail et la flexibilité des horaires. Ce problème est d’ailleurs encore plus important chez les sous-traitants. Là non plus, pas de progrès en vue. Tout se conjugue et se renforce dans une tendance à la baisse.

    « Le gouvernement se contente de regarder les chiffres et de redoubler d’efforts vers la privatisation de certaines lignes et la conclusion de partenariats public-privé, notamment dans la construction de nouvelles aires de transit. La ministre flamande de la Mobilité Lydia Peeters (Open VLD) affirme que les investissements ont augmenté. C’est vrai, difficile de faire autrement si on veut que tout ne tombe pas en morceaux. Depuis la ministre Crevits (2009-2014), le budget de fonctionnement a diminué de plus de 20%. Face aux enjeux climatiques, il faudrait augmenter considérablement l’offre de transports publics et pas se contenter de limiter la casse.

    « Le personnel sait très bien ce dont il a besoin. On nous répond systématiquement que l’argent manque. Revenir sur toutes les mesures d’économie budgétaire depuis la ministre Crevits est une revendication de base pour développer un plan d’urgence pour De Lijn. Le projet d’accessibilité de base doit être stoppé pour mettre fin à la réduction du service, revenir sur les privatisations et réintégrer dans le public les services externalisés. Nous avons besoin d’un plan public de mobilité qui repose sur les besoins réels de la population. Des projets pilotes peuvent être mis en place pour regrouper voyageurs, groupes d’action, résidents et personnel afin d’identifier au mieux quels sont ces besoins. Cela renforcerait grandement une dynamique de mobilisation.

    « Il faudra passer à l’action, c’est évident. Le potentiel pour une lutte victorieuse est bel et bien présent. Au niveau local, les voyageurs ont déjà pu obtenir des ajustements à l’accessibilité de base grâce aux comités d’action. Au sein même de De Lijn, des conflits éclatent régulièrement et les syndicats ont déjà pu prendre leur revanche sur des points précis. Mais cela reste un combat désorganisé contre les graves conséquences d’années de sous-investissement. Du matériel d’information à destination des voyageurs peut les impliquer dans une mobilisation et, pourquoi pas, une manifestation conjointe du personnel et des usagers. En 2012, une telle démarche avait été couronnée de succès à Anvers mais, malheureusement, l’événement était resté sans suite. »

  • Suède : les conducteurs tiennent parole

    Nous continuons de relater le mouvement de grève des conducteurs de train suédois. A lire aussi :
    Tout notre soutien à grève des conducteurs de train suédois !
    Deuxième jour de la grève clandestine des conducteurs de train de Stockholm
    Qu’y a-t-il de vraiment « sauvage » dans la grève des conducteurs de train à Stockholm ?

    En suivant la grève des conducteurs de train du réseau ferroviaire de la banlieue de Stockholm pour le maintien des accompagnateurs de train, nous avons remarqué l’article de blog très pertinent de Frances Tuuloskorpi.

    Blog de Frances Tuuloskorpi

    “Tant à l’oral qu’à l’écrit, Tuuloskorpi s’exprime de manière extrêmement provocante”.

    Les conducteurs tiennent parole

    Ce soir, mercredi à 23h59, la grève prend fin dans les pendeltåg (trains de banlieue autour de Stockholm).

    Les grévistes ne repartent pas parce qu’ils n’ont pas de soutien ou d’argent, ou parce que le tribunal du travail leur a ordonné de repartir, ou parce que la MTR leur demande une compensation record (6 000 couronnes par gréviste, soit le double de la “compensation normale” pour une grève illégale). Ils repartent parce que c’est ce qu’ils ont décidé et annoncé dès le départ, et qu’ils gardent le contrôle. Cela signifie également qu’ils conservent leur liberté d’action pour l’avenir.

    Le premier message, écrit le samedi 15/4 sur leur page Facebook Vild strejk på pendeln (Grève sauvage dans le train de banlieue), indique ce qui suit : “Le vendredi 14 avril, une réunion de plus de 150 conducteurs de trains de banlieue de Stockholm a décidé à une large majorité que les conducteurs de trains de banlieue entameraient une grève sauvage le lundi 17 avril à 03h00. La grève durera trois jours et se terminera le mercredi 19 avril à 23h59”.

    Ce qui va se passer à l’avenir devient très intéressant !

    Les conducteurs de train ont très clairement montré l’importance qu’ils accordent à la sécurité et à la question du personnel de bord – et ce qu’ils sont capables de faire.

    Les “tiers” (le public) ont manifesté leur soutien de manière très claire, à la fois par une fantastique collecte, toujours en cours, pour les indemnités de grève, et par une fantastique prise de conscience. “Oui, cela fait deux heures que j’attends, c’est fatigant, mais je pense que les conducteurs de train ont raison de faire grève” – c’est en fait l’attitude que l’on entend le plus souvent. Et maintenant, les voyageurs savent aussi que les conducteurs de train tiennent leurs promesses.

    Contrairement à d’autres personnes impliquées dans cette histoire scandaleuse.

    Le parcours de Frances Tuuloskorpi

    Frances Tuuloskorpi a été active dans et autour de divers syndicats pendant quatre décennies. De 1977 à 2006, elle a travaillé dans une boulangerie, où elle a également été présidente du syndicat des travailleurs de l’alimentation pendant de nombreuses années. Par la suite, elle a travaillé dans divers endroits : dans des cantines, des blanchisseries,… Elle a également été au chômage. Elle n’était affiliée à aucun parti politique, mais soutenait fidèlement ses collègues et la classe ouvrière.

    Frances a publié plusieurs textes sur folkrorelselinjen.com.

    Le titre du blog “À l’oral comme à l’écrit, Tuuloskorpi s’exprime de manière extrêmement provocante” est une citation tirée d’un protocole de négociation datant de 1988. Son employeur de l’époque, Skogaholms Bröd, l’a déclaré. Il a ajouté que “ses activités syndicales constituaient une perturbation – en résumé, le motif du licenciement est l’obstruction”. Son licenciement a été évité par l’annonce d’une grève sauvage par ses collègues.

    Frances a pensé que cette citation pourrait être réutilisée sur son blog, bien qu’elle écrive généralement avec gentillesse. Elle n’a jamais rien dit de plus grossier que ce qui se murmure dans les cafés.

  • Qu’y a-t-il de vraiment “sauvage” dans la grève des conducteurs de train à Stockholm ?

    Nous continuons de relater le mouvement de grève des conducteurs de train suédois. A lire aussi :
    Tout notre soutien à grève des conducteurs de train suédois !
    Deuxième jour de la grève clandestine des conducteurs de train de Stockholm

    Basé sur un article de Per Olsson, de Rättvisepartiet Socialisterna (Suède)

    Qu’est-ce qu’une grève “sauvage” ? Il s’agit d’une grève qui n’a pas été déclenchée par un syndicat. Il peut également s’agir d’une grève qui rompt la paix sociale résultant d’une convention collective. Ou une combinaison des deux, bien sûr.

    La paix sociale enchaîne surtout les travailleurs

    La loi interdit aux syndicats et aux employeurs de prendre des mesures tant qu’un accord est en vigueur. Mais cela n’a jamais empêché ces derniers de détériorer les conditions alors que les syndicats étaient liés par la paix sociale, d’attaquer les travailleurs en lutte (comme les éboueurs de Stockholm en 2017), voire de violer purement et simplement un accord.

    Les “sauvages”, ce sont la MTR et ses partisans politiques

    À plusieurs reprises, la MTR a préféré enfreindre la loi plutôt que de négocier et a pris pour argent comptant les amendes qui en ont découlé.

    Le Seko Pendelklubbens a demandé des consultations des dizaines de fois au cours du premier semestre 2022 sur un large éventail de questions : des dossiers individuels des membres aux violations de la convention collective.

    Après que la MTR, le SL et les politiciens régionaux aient commencé à supprimer les accompagnateurs de train, il ne restait plus que l’arme de la grève. Mais le droit de grève s’est érodé et a été affaibli au fil des ans, avec le soutien des dirigeants syndicaux.

    Il n’y a donc pas eu de revendication du jour au lendemain de la part des conducteurs de train. Si quelqu’un doit être qualifié de “sauvage”, c’est bien la MTR et les politiciens locaux qui s’attaquent aux conditions de travail, aux services, à la sécurité et à l’emploi des conducteurs de train pour augmenter leurs profits.

    Les employeurs “sauvages” de Svensk Näringsliv (SN) – la FEB suédoise – ont avant-hier, par la voix de leur vice-président Mattias Dahl, qualifié la grève des conducteurs de train de “sabotage”. Alors que c’est la classe qu’il représente, avec la MTR à sa tête, qui sabote le service des trains de banlieue en augmentant ses profits au détriment des travailleurs et des voyageurs.

    C’est contre ce sabotage que les conducteurs de train font grève, avec un soutien massif de la population.

    Reconquérir le droit de grève en l’utilisant

    C’est par la grève que le droit de grève peut être reconquis. C’est également avec cette arme que les travailleurs ont initialement imposé le droit de s’organiser et de conclure des conventions collectives.

    Un exemple récent est la victoire historique du Hamnarbetarförbundet, qui a obtenu le droit de conclure ses propres conventions en 2019 après une longue lutte et de multiples grèves.

    L’arme de la grève est l’outil le plus efficace dont dispose la classe ouvrière pour arrêter l’ensemble de l’économie et frapper les capitalistes dans leurs profits. Elle montre qui fait fonctionner la société, produit de la valeur et détient réellement le pouvoir.

    C’est la vague de grèves dites sauvages des années 1970 qui a renforcé les syndicats, déplacé le débat social vers la gauche et conduit à une nouvelle législation sur le droit du travail et à la loi sur les conditions de travail. Il n’en a pas été autrement en Belgique.

    Érosion du droit de grève

    Dès le début, les employeurs ont tenté de prendre des mesures de rétorsion à l’encontre de cette législation du travail, tout en se félicitant des dispositions anti-grève qu’elle contenait. En fait, ces dispositions étaient spécifiquement dirigées contre les syndicats en grève.

    Selon la loi, un syndicat ne peut exprimer son soutien à une grève “sauvage” et doit contribuer à mettre fin à la grève, ce que les dirigeants syndicaux ont utilisé comme excuse pour se joindre aux employeurs afin d’attaquer non seulement les grèves, mais aussi leurs revendications.

    Des syndicats démocratiques et combatifs, une nécessité

    Le fait que le pouvoir au sein des syndicats soit passé à un groupe de plus en plus restreint de représentants élus et de travailleurs ayant peu ou pas confiance dans la lutte et dans leurs propres membres – qui, en 2018 et 2019, semblaient même prêts à coécrire une nouvelle loi anti-grève – souligne l’importance d’une révolte de la base syndicale en faveur de syndicats de lutte démocratiques dotés d’une nouvelle direction et d’une nouvelle politique.

    Cette législation est hostile au monde du travail et est à la botte d’une classe sociale qui n’est pas la nôtre. Ces lois signifient qu’une grève “sauvage” doit être organisée en dehors du syndicat ET par la base.

    Les syndicalistes du côté des travailleurs ne peuvent donc pas exprimer leur soutien et participer à la grève, même s’ils sont du côté des membres et soutiennent les revendications.

    Les participants à une grève “sauvage” peuvent se voir infliger une amende si les employeurs portent la grève devant le tribunal du travail, voire être licenciés s’ils maintiennent leur position après une interdiction de grève prononcée par le tribunal. Mais la solidarité et le soutien aux grévistes font que les employeurs osent rarement aller plus loin que la menace de licenciement. À propos, la MTR réclame une amende de 6 000 couronnes, soit 528 euros, par gréviste. L’entreprise est décidément très remontée contre les grévistes, car le montant habituel est deux fois moins élevé.

    Matérialiser la solidarité

    La solidarité active avec les grévistes est une ligne de défense contre la répression à laquelle les travailleurs qui utilisent l’arme de la grève continuent de faire face. En ce sens, l’appel lancé cet après-midi par le comité de grève pour que la grève de 72 heures de ce soir (qui se termine à 23h59 comme prévu) se termine par une large manifestation de solidarité est une bonne chose.

    Quelle sera la suite ?

    Le Seko ferait bien de tenir compte du soutien massif à cette grève et d’annoncer une grève pendant les négociations actuelles de la convention collective pour le maintien des accompagnateurs de train. Ainsi, la grève pourra commencer immédiatement après l’expiration de la convention collective actuelle, le 30 avril, et les syndicats ne seront plus liés par l’interdiction légale de grève.

  • Deuxième jour de la grève clandestine des conducteurs de train de Stockholm

    Hier, nous vous avons parlé de la grève clandestine des conducteurs de train du réseau suburbain de Stockholm, exploité par la société privée MTR. Entre-temps, les dernières heures du deuxième jour de grève ont commencé et de nombreuses informations nous sont parvenues, que nous rassemblons dans un deuxième article.

    Par un accompagnateur de train

    Négociations collectives et limitations des syndicats

    Nous avons déjà écrit que la convention collective actuelle est sur le point d’expirer. Les négociations collectives dans le secteur ont apparemment déjà commencé. Lors du piquet de grève, on s’est inquiété du fait que les syndicats ne prennent pas suffisamment au sérieux les revendications des conducteurs de train. L’action déterminée et le soutien massif du public montrent que le maintien des conducteurs de train dans un rôle de sécurité est une préoccupation majeure que les dirigeants syndicaux ne devraient pas négliger à la table des négociations.

    Le fait que les syndicats ne soient pas autorisés à organiser une grève pour le moment, et qu’ils doivent même essayer d’y mettre fin s’ils ne veulent pas être condamnés à payer d’énormes dommages-intérêts, risque d’assombrir les relations. Le comité des grévistes souligne que Seko et ST soutiennent effectivement la grève mais sont liés par la législation. Les grévistes étaient préparés à des déclarations désapprobatrices des syndicats dans la presse. Un représentant de Seko a déclaré par voie de presse que la grève compliquait les négociations en cours. Dès le début, le comité de grève a déconseillé aux représentants syndicaux de participer à la grève, car cela pouvait gravement nuire à leur syndicat. La base juridique en question est l’article 42, deuxième paragraphe, relatif à la participation sur le lieu de travail : “une organisation qui est elle-même liée par une convention collective est tenue, si une action de grève illégale d’un membre est imminente ou en cours, d’essayer d’empêcher ou de faire cesser cette action“. Le comité de grève a une nouvelle fois rappelé aux grévistes qu’ils devaient garder tout cela à l’esprit lorsqu’ils recevraient un appel téléphonique de leur représentant syndical élu.

    L’absence de chef de bord accroît la pression sur le conducteur

    Outre le fait que les conducteurs de train doivent désormais faire les annonces eux-mêmes, on attend d’eux qu’ils surveillent la situation dans les voitures à l’aide d’écrans. Selon la source, cela concerne des trains comptant jusqu’à 1 700 passagers.

    Economies

    En attendant, nous avons découvert que la suppression de l’accompagnateur de train devrait permettre d’économiser 150 millions de couronnes par an. Soit 13,2 millions d’euros.

    Retour de bâton, intimidation et répression

    La direction et le gouvernement tentent de limiter l’impact de la grève.

    Des pressions sont exercées sur les grévistes à titre individuel. Le comité des grévistes a conseillé à chacun d’éteindre son ordinateur et de ne pas s’endormir sur ses courriels. MTR a décidé que les certificats médicaux seraient obligatoires dès le premier jour, ce qui n’est pas la procédure habituelle. Il y a un peu plus de malades que d’habitude. Le comité de grève s’y attendait et a demandé aux malades de prendre immédiatement des dispositions pour obtenir un certificat médical. La direction agit ainsi sous prétexte que les vrais malades n’auront pas à se méfier.

    La Länstrafik (SL) de Stockholm met en place des bus pour acheminer les navetteurs de la périphérie vers le métro. Mais il est impossible de tout prendre en charge : un train nécessite 25 bus. Les journaux locaux parlent de 368 000, voire 400 000 navetteurs par jour. Or, on ne défait pas de sitôt une grève déterminée et bien suivie. Le premier jour, 80 % des trains ne circulaient pas.

    Le métro de Stockholm est également exploité par MTR. Les conducteurs de métro arrivant en retard au travail en raison de la grève sur le réseau suburbain ont été informés qu’ils devaient s’attendre à des déductions de salaire. Il s’agit pourtant du même employeur !

    Comme prévu, certains grévistes ont été traduits devant le tribunal du travail. Tant que le tribunal ne les oblige pas à se rendre au travail, ils continueront. Comme nous l’avons déjà mentionné, un licenciement pour avoir participé à une grève interdite par le tribunal est possible.

    La grève ne tombe pas du ciel

    Depuis deux ans, le personnel proteste contre la suppression du chef de bord. La direction et les responsables politiques ont mis de côté toutes les objections relatives à la sécurité, à la charge de travail, au service et à l’emploi. Le nouveau conseil régional n’est pas revenu sur la décision de ses prédécesseurs et, en mars, la suppression progressive du poste de chef de train a commencé. Selon les sources, il reste encore 300 ou 350 agents de train. Depuis le mois de mars, la moitié des trains auraient déjà circulé sans chef de train. MTR avait prévu que jusqu’à 17 % des trains ne circuleraient temporairement pas en raison de problèmes liés au retrait progressif. En pratique, au cours des deux premières semaines, jusqu’à la moitié des trains n’ont pas circulé, principalement à cause des conducteurs qui, à juste titre, se sentaient incapables de conduire en toute sécurité. Par la suite, la direction a augmenté les arrêts calculés à un quart. Les choses sont donc loin d’aller comme sur des roulettes. Vendredi dernier, la résistance a atteint son sommet : lors d’une réunion à laquelle ont participé 150 conducteurs de train la décision a été prise de tout arrêter très tôt hier matin.

    Solidarité

    À la fin du premier jour de grève, près de 850 000 couronnes avaient déjà été collectées pour le fonds des grévistes. Cela représente environ 74 800 euros. Rappelons que les grévistes risquent une amende de 3 000 couronnes, soit 264 euros. Cet argent représente l’équivalent de 283 amendes. Le nombre le plus élevé de grévistes dont nous avons entendu parler lundi soir était de plus de 200, voire plus. Tout le monde n’était pas censé travailler ce jour-là, par exemple. Mais cela signifie que toutes les amendes pourront être payées et qu’il restera même un peu d’argent pour les frais de justice et la compensation des pertes de salaire.

    Entre-temps, nous avons appris que le soutien au fonds de grève avait atteint 1,3 million de couronnes, soit 114 400 euros, en fin d’après-midi du deuxième jour de grève. C’est l’expression de l’immense solidarité entre les navetteurs et les autres travailleurs.

    De nombreux messages de solidarité internationale ont été envoyés par des syndicalistes et des délégations syndicales. Notamment de Belgique, des États-Unis, du Brésil, du Royaume-Uni et d’Afrique du Sud.

  • Tout notre soutien à grève des conducteurs de train suédois !

    Grève du réseau suburbain de Stockholm

    Ce matin à 3 heures, les conducteurs de train du réseau de banlieue de Stockholm ont entamé une grève sauvage. Ces lignes sont exploitées par l’opérateur privé MTR, mais sont financées par des fonds publics. MTR est basé à Hong Kong mais contrôlé par la Chine. La société exploite également le métro de Stockholm. L’enjeu de la grève est de conserver l’accompagnateur de train. Les trains longue distance sont gérés par les chemins de fer nationaux et des opérateurs privés. Ils ne sont pas impliqués dans le conflit.

    Par un accompagnateur de train

    Depuis deux ans, le personnel de MTR mène toutes sortes d’actions pour conserver les quelque 300 agents de bord. Les grévistes mettent en avant la sécurité, le service et l’emploi. Ils dénoncent également l’augmentation de la charge de travail des chefs de train. Pour la direction de MTR, tout cela doit céder le pas à la maximisation des profits. Il est grand temps de reprendre les choses en main !

    Le comité de grève organise une grève clandestine

    Des actions contre les trains sans chefs de bord sont organisées depuis un certain temps, mais ce matin, elles ont abouti à un arrêt de travail de trois jours. Cette décision a été prise collectivement lors d’une réunion de 150 conducteurs de train vendredi dernier.

    Le droit de grève est inscrit dans la constitution suédoise. Mais d’autres textes législatifs stipulent que les grèves sont interdites pendant la durée d’une convention collective. C’est l’une des raisons pour lesquelles aucun des syndicats ferroviaires n’a appelé à la grève. Un syndicat qui organiserait une grève pendant la durée d’une convention collective serait très probablement condamné à une amende de plusieurs millions de dollars. Les « grévistes sauvages » ne peuvent pas être licenciés pour avoir participé à une grève illégale. Ils risquent cependant une amende de 3 000 couronnes suédoises, soit 264 euros. En outre, ils subissent une perte de salaire. Il ne serait pas non plus possible que les syndicats reconnaissent la grève et versent des indemnités aux grévistes. C’est pourquoi un fonds de solidarité a été créé en coopération avec Förbundet Arbetarsolidaritet et la grève est organisée par un comité de grévistes composé d’employés des chemins de fer sans statut syndical. La grève est bien organisée. Il y a eu une communication claire sur leurs droits, les amendes probables, l’interdiction éventuelle de la grève, la manière d’arrêter le travail (chacun a une heure de début et de fin différente)… Les grévistes sont sur le piquet de grève aux heures de travail prévues et discutent de la situation tous les jours.

    Non aux trains sans accompagnateur !

    Environ un tiers des trains de la MTR circulent déjà sans accompagnateur. Les accompagnateurs seront remplacés par des caméras ! Ils ne seront pas licenciés, mais affectés à un autre poste. Par exemple, celui de nettoyeur ou de sous-chef de gare. Mais beaucoup abandonnent parce qu’ils sont traités comme de la merde et n’ont aucune perspectives d’avenir. Certains dépriment et restent chez eux, malades. Cette situation a affaibli la position et l’influence des chefs de train. En fait, les trains peuvent circuler sans chef de train. S’ils faisaient grève aujourd’hui à la place des conducteurs de train, il y aurait de fortes chances que les trains continuent à circuler. Bien sûr, il y a de nombreux conducteurs de train qui refusent de partir sans accompagnateur. Ce sont donc les conducteurs de train qui sont en grève.

    Choix politique

    En 2021, l’exécutif régional du Moderaterna (Parti conservateur), du Parti du centre, des Démocrates chrétiens, des Libéraux et du parti écologiste (Miljöpartiet de gröna) a décidé de supprimer la présence d’un accompagnateur de train dans chaque train de banlieue. Lors de la campagne électorale de l’année dernière, les sociaux-démocrates ont promis de revenir sur cette décision. Pourtant, le nouveau gouvernement minoritaire du parti social-démocrate (Socialdemokraterna) et du parti écologiste (Miljöpartiet de gröna), toléré par le parti de gauche (Vänsterpartiet), a donné son feu vert en mars de cette année à la suppression du chef de bord. Le Vänsterpartiet devrait menacer de retirer son soutien à ce gouvernement.

    Bon suivi et sympathie des navetteurs

    Jusqu’à présent, la grève a été un grand succès. 150 à 200 conducteurs y participent et 80 % des trains ont été annulés. Le soutien du public est important, malgré les difficultés rencontrées par beaucoup pour se rendre au travail.

    Piquet à Stockholm

    Quelles suites ?

    Il est possible que le tribunal du travail interdise la grève. Dans ce cas, il est possible de licencier les grévistes qui refusent alors de travailler.

    Dans quelques semaines, la convention collective actuelle expirera. Cela offre la possibilité de lancer un appel à une grève reconnue. Le syndicat ferroviaire Seko devrait les saisir, tant en ce qui concerne les négociations salariales que la revendication qui concerne la fonction de sécurité du chef de bord. Le comité de grève montre la voie à suivre. La direction du syndicat doit s’en inspirer et organiser des réunions du personnel pour préparer les grèves. Entre-temps, une manifestation devrait être organisée avec les cheminots et les navetteurs pour montrer le soutien massif qui existe.

    Rättvisepartiet Socialisterna, la section suédoise de l’Alternative socialiste internationale, prône des syndicats démocratiques et combatifs, réclame le droit de grève et insiste pour que les accords préliminaires soient d’abord soumis au vote des syndiqués. Et, bien sûr, le parti exige que MTR soit expulsé et que le trafic ferroviaire soit repris en main par les pouvoirs publics.

    Qu’en est-il pour nous ?

    En Belgique, nous avons également dû faire face à des attaques contre la fonction d’accompagnateur de train. La dernière tentative sérieuse remonte à 2015. Le CEO et la ministre des transports de l’époque, Cornu et Galant, ont alors utilisé ce que l’on appelle le « One Man Car » pour s’attaquer à la fonction de sécurité du chef de bord. Le One Man Car faisait partie du plan Galant. Ce plan prévoyait une réduction progressive de la dotation. Au bout de cinq ans, nous avons dû nous contenter de 21 % de moins. Et cinq années de suite, la productivité devait être augmentée de 4 %. Les syndicats cheminots ont réagi à ce plan d’économies par une bonne campagne de sensibilisation auprès du personnel et des usagers des transports publics. Finalement, le plan Galant a également fait l’objet d’une grève. Tout n’a pas pu être évité, mais la One Man Car a été mise de côté. Le fait qu’Infrabel n’ait pas voulu payer les nombreuses caméras nécessaires sur les quais a également joué un rôle.

    Tôt ou tard, les trains sans accompagnateurs à la SNCB seront à nouveau sur la table. La pénurie de personnel d’accompagnement des trains dure depuis cinq ans. L’argument selon lequel il sera possible de donner des congés si l’on n’exige pas d’accompagnateur à bord de chaque train pourrait bien faire tache d’huile. Bien sûr, ce n’est pas évident financièrement et techniquement et une telle attaque se heurterait à nouveau à une forte résistance de la part des accompagnateurs de train et des conducteurs.

    Quoi qu’il en soit, l’issue de cette bataille affectera également les chemins de fer belges. Une défaite ne ferait que motiver nos adversaires à faire une nouvelle tentative. Une victoire, en revanche, les démotiverait et renforcerait notre position. D’où l’importance de la solidarité internationale.

    Que pouvez-vous faire ?

    Envoyez une déclaration de solidarité à

    vildstrejkpendeln@hotmail.com
    avec en copie : rs@socialisterna.org

  • SNCB. Stoppons la casse ! Moins de charge de travail, plus de collègues !

    De l’argent, il y en a : dans les poches du patronat !

    Trop, c’est trop ! Le conclave budgétaire d’octobre représente des économies de 550 millions d’euros au cours des deux prochaines années. Infrabel menace à nouveau de fermer certaines lignes. Alors que nous avons grand besoin de transports publics sûrs, écologiques et fluides, ce gouvernement veut continuer la casse du service ! Le mois d’octobre marquait la ponctualité la plus mauvaise depuis quatre ans. En deux ans, le nombre de trains supprimés a augmenté de 40 %. Mais le prix des billets augmentera encore de 8 à 10 % en février, principalement en raison des frais d’énergie. Et la SNCB a annoncé que le nombre de trains sera réduit à partir du 11 décembre. Comment peut-on justifier ça auprès des voyageurs ?

    Nous devons déjà nous débattre avec le manque chronique de personnel et les multiples mesures imposées ces dernières années pour augmenter la productivité. La charge de travail est insoutenable et l’offre repose sur des fondations très fragiles qui menacent de s’effondrer à tout moment. Une seule conclusion s’impose : « faire plus avec moins », ça ne marche tout simplement pas. Par contre, le nombre de cadres a presque doublé en cinq ans. La grève du 29 novembre de la CGSP, de la CSC-transcom et du SLFB ainsi que la grève supplémentaire du SACT les 30 novembre et 1er décembre, dans le prolongement des grèves précédentes, indiquent clairement que le personnel en a assez !

    La direction des chemins de fer a tenté de repousser la grève avec une prime unique de 100 euros. C’est une insulte ! La direction a pu cacher certains problèmes sous le tapis pendant des années, mais tout remonte à la surface maintenant. Même le ministre Gilkinet doit admettre que ses ambitions doivent être revues à la baisse. Il défend pourtant son bilan. C’est vrai, certains investissements ont été réalisés au début de la législature, principalement dans les infrastructures. Mais c’est de la gnognotte face au manque de moyens. Ce gouvernement a notamment soigneusement évité de revenir sur les mesures adoptées par le gouvernement Michel et ses plus de 2,1 milliards d’euros de coupes budgétaires dans le rail.

    Personnel et voyageurs sont d’accord : il faut un véritable refinancement public. Ce n’est pas l’argent qui manque : regardons les énormes bénéfices des entreprises du secteur de l’énergie. En fait, les plus grandes entreprises ont vu leurs marges bénéficiaires dépasser les 45 % au deuxième trimestre de cette année.

    L’unité dans la lutte avec les autres secteurs pour des services publics renforcés

    En nous regroupant avec d’autres secteurs, nous pouvons garantir que les profits soient utilisés pour le bien commun et qu’ils ne disparaissent pas dans les poches des actionnaires. Le succès de la grève générale du 9 novembre démontre que la colère existe partout. Les réunions du personnel pour mobiliser et évaluer la lutte sont cruciales. Un plan d’action qui combine des actions sectorielles et intersectorielles peut nous permettre de remporter de véritables victoires. La manifestation annoncée dans la semaine du 12 décembre est un premier pas, mais il faut plus encore pour gagner !

    Lions les revendications du rail à celles du mouvement général !

    • La charge de travail doit être réduite : pour la semaine des 30 heures sans perte de salaire avec recrutement compensatoire, un accord social qui prévoit des mesures pour un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée (par exemple, des horaires de travail sains),…
    • Pour un environnement de travail sûr : des investissements massifs dans des infrastructures décentes et un personnel suffisant pour assurer la sécurité de toutes et tous.
    • Une augmentation significative des salaires pour faire face à la crise : 330 euros de plus par mois pour tout le monde, il y a assez d’argent pour ça !
    • Nationalisation de l’ensemble du secteur de l’énergie sous contrôle démocratique pour des factures abordables et la transition verte.
    • L’expansion de l’offre de trains pour répondre aux besoins de la société et à la crise climatique, grâce à des investissements massifs dans un secteur public des transports en commun.
  • Développer ensemble un plan d’action pour arracher plus de moyens

    Impossibilité de prendre des vacances, cadences infernales, manque de matériel, réformes contre-productives, avenir incertain… Tout le monde s’accorde à dire que la situation des chemins de fer est désastreuse. Si nous ne voulons pas laisser notre avenir aux mains de gestionnaires peu scrupuleux, nous devons agir collectivement. C’est la raison de la grève du 5 octobre.

    Cette grève entend mettre le gouvernement sous pression pendant le conclave budgétaire. La situation budgétaire du chemin de fer est catastrophique. Au début de son mandat, le ministre de la Mobilité a réussi à faire illusion en annonçant une série d’investissements, principalement dans les infrastructures. Mais ce gouvernement n’est jamais revenu sur les coupes budgétaires des gouvernements précédents. Les budgets ont été engloutis par la crise du COVID, et maintenant par la crise énergétique. Les propositions du ministre exprimées dans sa « Vision 2040 » nécessitent beaucoup plus d’investissements, alors qu’il n’est même pas certain que la SNCB continue à remplir ses missions de service public.

    Les patrons de la SNCB et d’Infrabel estiment qu’ils auront besoin de 3,4 milliards d’euros supplémentaires au cours des dix prochaines années. Ce chiffre ne comprend pas d’enveloppe pour le personnel, alors que les salaires n’ont pas été augmentés depuis 2008 et que les conditions de travail n’ont fait que se dégrader. À tel point que le nombre de collègues qui démissionnent d’eux-mêmes est en augmentation constante.

    Pour un véritable cahier de revendications

    Le front commun syndical exige à juste titre plus de personnel, mais il ne sert à rien de recruter du personnel si les gens repartent immédiatement. Les conditions de travail doivent être bien meilleures. Une grève ne peut avoir lieu sans un ensemble clair de revendications, avec des objectifs concrets pour tous les cheminots et pour chaque secteur :

    • Une augmentation fondamentale des salaires.
    • Une date limite à laquelle une demande de congé doit être automatiquement acceptée.
    • De nouvelles mesures pour un équilibre sain entre vie professionnelle et vie privée.
    • Des investissements fondamentaux dans l’infrastructure et les ressources humaines afin de fournir et de développer l’offre promise.

    En élaborant une telle liste de revendications de manière démocratique et transparente, nous pourrions convaincre davantage de collègues d’entrer en action. Il faut dire que les trois syndicats ont attendu longtemps avant de soudainement se mobiliser… Le flou autour du plan d’action actuel suscite la méfiance et certains collègues ne se concentrent plus que sur les problèmes de leur propre catégorie professionnelle. Mais nous sommes plus forts ensemble, y compris pour aborder ces questions spécifiques. Il est préférable de rédiger ensemble notre paquet de revendications, une approche unifiée permet de lutter contre la division. Notre plan d’action doit reposer sur des victoires à arracher.

    Pour un véritable plan d’action

    De nombreux collègues craignent que le plan soit abandonné à la moindre concession du gouvernement. Compte tenu de la situation budgétaire, il ne sera pas facile d’obtenir des fonds pour un protocole social ambitieux. Alors que l’argent ne manque pas ! Les milliards d’euros versés aux actionnaires peuvent être utilisés pour concrétiser nos revendications. Augmenter la pression ne suffit pas, nous avons besoin d’un plan d’action qui renforce le rapport de forces dont nous avons besoin pour imposer le respecter de nos revendications.

    Le 9 novembre, une grève générale sera organisée par tous les secteurs pour soustraire les prix de l’énergie aux griffes du marché et exiger de meilleurs salaires. Nous pouvons nous y préparer par des actions intermédiaires. Par exemple, avec des assemblées générales du personnel ouvertes à tous les collègues, qu’ils et elles soient syndiqués ou non, couplées à des arrêts de travail.

    Il y a quelques jours, l’association francophone Navetteurs.be a publié le communiqué de presse suivant : « […] nous sommes entièrement d’accord avec les revendications de tous les syndicats. Si les utilisateurs veulent voyager dans de bonnes conditions, ils ont besoin d’un équipement fiable, d’une infrastructure solide et d’un personnel suffisant […] ». Le contraste entre les promesses des ministres et la réalité du terrain n’a fait que s’accentuer, tant pour le personnel ferroviaire que pour les usagers.

    L’explosion des prix de l’énergie illustre les conséquences désastreuses d’une politique qui laisse tout « au marché ». Nous devons stopper les projets de libéralisation et de privatisation et défendre des investissements publics massifs dans un service public ferroviaire. Utilisons la grève du 5 octobre comme point de départ d’une nouvelle stratégie pour arracher les moyens dont les transports publics ont si désespérément besoin.