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  • Grève à la STIB: plus de sécurité, cela passe par plus de service public

    article de Myriam Djegham d’ Usagers et Travailleurs pour le Développement de Transport Public

    Les travailleurs de la STIB sont partis en grève ce samedi 7 avril suite à l’assassinat d’un de leur collègue durant l’exercice de son travail. Réunis en assemblée le jour même pour interpeller la direction sur les questions de sécurité, les travailleurs ont fait preuve d’une grande maturité. Leur préoccupation première pourrait être résumée par une phrase criée par l’un d’eux « Nous travaillons pour vivre, pas pour mourir ». Ils mettent en évidence les raisons structurelles de la violence dont ils sont victimes. En effet, les causes sont multiples et profondes. Certaines sont directement liées à la gestion de la STIB (Alors qu’il faudrait plus de personnel, les choix budgétaires  privilégient le remplacement des hommes par des machines, contribuant à déshumaniser le service public et à isoler les travailleurs.  Des moyens  utilisés pour contrôler les chauffeurs mais pas pour les protéger,…). 

    D’autres causes proviennent du (sous-) financement par la région et le fédéral. Et plus globalement, les travailleurs remettent en cause une société qui génère de la violence par l’exclusion, le déterminisme social et l’austérité. Les travailleurs des services publics se retrouvent piégés. Alors qu’ils/elles remplissent une mission importante pour répondre au droit à la mobilité, ils deviennent les représentants d’une politique que ni les travailleurs ni les usagers ne cautionnent, une politique qui utilisent les services publics pour mieux les privatiser et qui accroît les inégalités sociales.

    Le problème de la sécurité a souvent été mis en avant par les travailleurs. Comme dans les autres entreprises de transports publics belges. Le tout sécuritaire n’est pas une solution, les travailleurs en sont conscients. Il faut une remise en cause beaucoup plus globale. Pour la mener efficacement,  il est essentiel de lutter ensemble, travailleurs et usagers des transports publics, ensemble STIB, SNCB, TEC, De Lijn, pour défendre une autre société qui passe par des services publics de qualité, avec des travailleurs et des usagers fiers d’avoir collectivement extrait de la logique de marché des secteurs essentiels pour toutes et tous.

  • Appel : mercredi 28 mars 2012 manifestation européenne contre la privatisation du transport

    Nous reprenons ici l’appel du syndicat britannique ‘National Union of Rail, Maritime en Transport Workers’ (RMT) :

    PAS DE PRIVATISATION : NATIONALISATION !

    Le 28 mars 2012, le RMT manifestera avec d’autres syndicats du transport de divers pays européens à Bruxelles contre un texte de l’Union Européenne qui prévoit la privatisation de tous les secteurs du transport.

    Cette manifestation fera partie d’une semaine d’action du 26 au 31 mars contre la politique de libéralisation de l’UE. Durant cette semaine, les syndicats du transport organiseront des manifestations et des activités nationales partout en Europe afin de sousligner que l’UE favorise la privatisation, la fragmentation, le dumping social, la sous-traitance et les attaques contre les conditions de travail et les droits des travailleurs.

    Le point culminant de la semaine sera constitué par une manifestation de masse à Bruxelles le 28 mars. Il est essentiel que les membres du RMT jouent le plus grand rôle possible dans cette manifestation.

    Nous appelons tous les syndicats du transport et les organisations qui défendent le transport public et l’environnement à s’opposer à la destruction systématique des sociétés ferroviaires nationales, des postes de travail et de la sécurité, conséquences de l’application des paquets ferroviaires de l’UE.

    affiche pour le 28 mars 2012

    appel en anglais sur le site de RMT

    Libre Parcours appelle les syndicats belges  CSC Transcom, CGSP Cheminots, SLFP, SIC, SACT, UBOT,… à prendre exemple sur l’ACOD TBM, à signer cet appel et à mobiliser pour le 28 mars !

  • Conférence : Buizingen, deux ans après

    Ce mercredi 15 février, une conférence s’est tenue à l’Université de Mons au sujet de la catastrophe ferroviaire de Buizingen. Le débat qui a suivit opposait des victimes, des cheminots et des délégués syndicaux aux représentants de la direction de la SNCB. L’administrateur SNCB Marc Descheemaecker n’ayant pas trouvé le temps de rendre hommage aux victimes, son représentant et son homologue d’Infrabel ont dû essuyer les critiques et les accusations de négligence de la part de leur société par les victimes et leur famille.

    Bien que l’enquête parlementaire n’ait pas rendu son verdict final (le procès devrait seulement avoir lieu en 2014), il a clairement été démontré que le conducteur du train n’a pas brûlé de feu rouge et qu’on ne peut imputer l’accident à l’erreur humaine. Il est clair que c’est le sous-investissement dans du matériel neuf et fonctionnel ainsi que dans des systèmes de freinage plus performant qui sont les responsables.

    Mr Gilson d’Infrabel annonce l’équipement du TBL1+ sur tout le réseau pour 2015 et du système ETCS pour 2025. On est en droit de se demander pourquoi cela prend autant de temps ! Réponse de l’intéressé : le coût de l’équipement !

    Plus de la moitié des trains ont plus de 30 à 50 ans sur le rail belge, les signalisations sont parfois vétustes et les systèmes de freinage d’urgence obsolètes. Les investissements entrepris ces dernières années par le chemin de fer belge n’ont pas touché la sécurité mais bien dans le prestige, comme c’est le cas avec la nouvelle gare de Liège Guillemins. Les profits grandissants réalisés par l’entreprise ne sont pas assez investit pour le confort ou la sécurité des voyageurs, ils servent à payer la série de topmanagers supplémentaires arrivés après la scission du groupe SNCB en 2005.

    Libéralisation à grande vitesse

    La dotation attribuée par le gouvernement à la SNCB pour l’année 2012 devrait s’élever à 1,7 milliard d’euros selon La Libre. Il s’agit d’argent public avec lequel la société doit investir dans du matériel roulant par exemple. De toutes les entreprises publiques du pays, le groupe ferroviaire SNCB apparaît comme le plus gâté au regard de la dotation financière qu’il perçoit de l’Etat fédéral.  Mais malgré les profits et les dotations, la direction demande aux employés plus de flexibilité horaire, plus d’heures de travail et le personnel qui veut partir en retraite se voit refuser sa demande pour cause de sous effectif.

    La société est gérée comme une entreprise privée où seuls comptent le rendement et le profit maximal, au détriment des cheminots et du personnel accompagnant qui enchaînent des cadences infernales allant parfois jusqu’à 9 heures sans pause ! Et avec les nouvelles mesures européennes de libéralisation du rail, les patrons veulent leur demander de passer à 11 voir 13 heures afin de rester compétitifs.

    Des transports publics de qualité

    La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si on peut encore prendre le train sans risquer un autre accident comme celui-ci.

    Tant qu’un service public sera géré comme une entreprise privée où c’est toujours la loi du profit qui dirige, on peut être inquiet tant pour les conditions de travail des employés que pour notre sécurité. Le train devrait rester un service public, gratuit, bénéficiant de confort et de places assises en suffisances. Il est urgent que des voix s’élèvent contre le démantèlement de tous nos services publics du fait des politiques européennes et du gouvernement belge.

  • Action contre la hausse des prix de la STIB à Bruxelles

    Ce mercredi 1er février, les nouveaux tarifs entraient en vigueur à la STIB (la société de transport en commun bruxelloise). Une vingtaine d’usagers s’étaient donnés rendez-vous devant les portes de la station Parvis de Saint Gilles afin de protester contre cette énième hausse, une action soutenue par le PSL/LSP et EGA/ALS.

    Cette nouvelle hausse couplée aux coupes budgétaires du gouvernement Picqué à Bruxelles pour la STIB est une tentative scandaleuse de faire payer les pénuries aux usagers et aux travailleurs.

    En effet dans les coupes budgétaires, 5 millions ont été retirés du budget salarial. Le gouvernement Di Rupo ainsi que le gouvernement Picqué veulent faire payer la crise aux travailleurs, aux jeunes et à leur famille. Les mesures d’austérité au niveau fédéral s’accompagnent de toute une série d’assainissements aux niveaux régional ou communal.

    A chaque fois les acquis sociaux, les services publics sont attaqués. “Ils prêtent aux banques avec un taux d’intérêt nul et ensuite ils nous disent qu’il n’y a pas d’autres solutions que l’austérité” nous a expliqué un passant.

    Voici le texte du tractque nous avons distribué lors de cette action. Nous invitons toutes les personnes qui veulent continuer cette campagne, prendre des initiatives pour résister à ces mesures de prendre contact avec nous. Usagers travailleurs solidarité!  Nous luttons pour des transports publics gratuits et de qualité, ce n’est pas à nous de payer pour leur crise!

  • TEC, STIB, De Lijn : Personnel et usagers, défendons nos transports en commun !

    Le 1er février, les tarifs des transports en commun seront plus élevés dans tout le pays. A Bruxelles, l’augmentation est de 4,5% en moyenne, avec des titres de transport à bord de 2,50€ ! Le nouvel abonnement scolaire coûtera notamment 40 euros en plus. En Wallonie, l’augmentation est en moyenne de 5,52%, les abonnements annuels étant particulière touchés : + 7,5% ! En Flandre, les tarifs de De Lijn sont majorés de 2,7% et l’abonnement réservé aux plus de 60 ans disparaît.

    Le sous-financement public dont souffrent nos transports en commun à travers tout le pays est payé cash par les usagers, qui subissent chaque année des hausses de tarifs incessantes. Mais ce sont aussi les conditions de travail du personnel qui sont mis à mal par ce désinvestissement.

    A Bruxelles, les coupes budgétaires de 46 millions d’euros appliquées par la coalition Olivier (PS, CDH et ECOLO) pour la STIB comportaient ainsi des attaques salariales à hauteur de 5,5 millions d’euros. La mobilité, priorité de l’Olivier ? C’est tout à fait le chemin inverse qui est suivi.

    En Flandre, après déjà deux ans de sévères économies, la société De Lijn doit à nouveau sabrer 60 millions d’euros de son budget. Le service sera fortement réduit et, en plus des 400 emplois passés à la trappe ces deux dernières années, 600 autres vont suivre le même chemin. Le gouvernement flamand estime encore que 500 millions d’euros d’économies supplémentaires devront être trouvés pour 2012. Jan Peunmans (N-VA), président du parlement de la communauté flamande, avait déjà donné le ton en disant que la ‘‘politique de gratuité’’ n’est plus tenable. Finalement, dans les faits, la logique de la N-VA et celle des partis francophones soi-disant ‘‘progressistes’’ se révèlent fortement similaires une fois au pouvoir.

    La logique est partout la même, et conduit à un cercle vicieux : il n’y a pas assez de rentrées, donc on économise sur l’offre de service (suppression ou compression de lignes,…) et on augmente les tarifs. Du coup, les transports en commun sont moins attractifs pour les usagers, ce qui entraîne une nouvelle tournée de mesures d’assainissements et ainsi de suite. Ce sous-financement crée donc tous les problèmes qui servent ensuite à expliquer que la privatisation est la seule solution face aux dysfonctionnements et aux pénuries.

    Ce dont nous avons besoin, c’est d’une opposition basée sur un plan d’action concret visant à unir usagers et personnel dans la lutte pour la défense de nos transports publics, primordiaux dans le cadre de la lutte contre la pollution et les embouteillages. Dans cet esprit, deux réunions concernant les problèmes de la SNCB ont déjà été organisées à Bruxelles, à l’initiative des syndicats de cheminots. Pourquoi ne pas faire de même dans les services de métros, de trams et de bus ? Parvenir à un véritable service public de qualité, abordable et avec de bonnes conditions de travail ne peut s’obtenir que par un refinancement public massif et par un contrôle exercé sur la gestion du service par les travailleurs et les usagers. Pour l’instant, c’est l’inverse qui se construit. On se dirige notamment vers la privatisation des métros bruxellois, reconnus très rentables.

  • Grève générale : Rapport et photos des cheminots liégeois

    Pour les cheminots, cette grève générale a commencé le 29 à 22h. Au piquet, les mots sont très durs pour dénoncer la politique d’austérité du gouvernement bien entendu, mais aussi plus largement contre la cherté de la vie, contre le syndicalisme de négociation et plus fondamentalement contre le système capitaliste lui-même, un ”serpent qui se mord la queue”, comme nous le disait un délégué.

    Alain Maes est délégué CGSP-Cheminots. Nous avons discuté avec lui de cette grève, en partant de celle du 22 décembre dernier, où les services publics étaient déjà partis en grève générale, faisant du gouvernement Di Rupo 1er le gouvernement à avoir été le plus vite confronté à une grève générale de l’histoire du pays. ”Le 22, la grève avait été lancée, avec succès, très rapidement contre les mesures portant sur les pensions. La mobilisation s’était beaucoup faite par sms, coups de fils,… Là, notre travail en front commun a pu prendre plus de temps pour renforcer la mobilisation, discuter avec les travailleurs. Il y a des arguments chocs : le chômage coûte 7 milliards d’euros par an, les cadeaux fiscaux 10 milliards! Et ils ne créent même pas les emplois promis. Qui sont les voleurs?”

    Il enchaine de suite, ”Mais nous plaçons cette lutte très clairement dans un cadre plus large, celui du capitalisme. L’austérité ne s’arrêtera pas, c’est comme un serpent qui se mord la queue.” Alain est donc persuadé que la lutte devra se poursuivre. ”Il y a encore beaucoup de boulot à faire. Tout le monde n’est pas sensibilisé, et on voit même des idées racistes ressortir à la faveur de la crise, moins ouvertement que ce qu’on a pu connaître dans le passé toutefois, plus insidieusement.” Cette question est directement liée à celle de la création d’un rapport de force ”et pour cela, on doit sortir des explications techniques, revenir à la base, au marxisme, à la gauche. Ce système de spéculation existe sur base d’une production que nous produisons, qui nous appartient. On m’a parfois pris pour un drôle d’oiseau de dire ça, mais là de plus en plus de gens en sont convaincus.”

    Un autre cheminot arrive alors, et fustige les prétendus efforts du gouvernements, comme cette fameuse diminution de 5% du salaire des ministres. ”Il leur reste encore combien de milliers d’euros avec ça ? On se moque de nous, c’est uniquement pour tenter de nous faire passer la pilule. Qu’est-ce qu’on doit payer nous ?”

    Un peu plus tard, nous discutons avec Michel, un ancien militant communiste qui a connu les grèves de ’60-’61. ”A l’époque, j’avais 17 ans. On a vu de ces manifestations énormes! Mais le contexte était différents, avec les grands bastions ouvriers. Et puis moi, on m’avait appris l’histoire syndicale dès tout petit. Aujourd’hui, l’histoire des luttes, ça ne s’apprend plus largement. On reviendra à de grands mouvements, mais il faut reconstruire cela. Ceci dit, les jeunes générations bougent. On l’a vu avec le mouvement contre la mondialisation il y a quelques années, maintenant avec les Indignés par exemple.” Son camarade Serge renchérit: ”Avant, on avait un syndicalisme de combat, on est passé à un syndicalisme de service. Il faut en revenir à ce syndicalisme de combat, de toutes ces luttes, il y avait de véritables dirigeants syndicaux de lutte qui ressortaient. Il ne faut pas avoir peur de se battre pour aller plus loin. Le capitalisme ne sait plus rien apporter, c’est fini, il faut aller ailleurs. La crise n’est pas terminée, et le message à faire passer, c’est de reprendre le chemin de la lutte.”

  • Anvers : piquet à la gare d’Anvers-Berchem

    Dimanche soir, la grève était déjà totale dans les chemins de fer. A Anvers-Berchem, plusieurs dizaines de militants s’étaient réunis pour stopper le trafic ferroviaire. La piquet de grève était bien fourni, tant par le personnel des chemins de fer que par leurs partisans. Le mécontentement est véritablement très profond. La campagne de dénigrement anti-grève dans les médias, ici comme ailleurs, a fonctionné tel un chiffon rouge agité devant un taureau en colère : la détermination n’a fait qu’augmenter. Compte tenu de la nature antisociale de la politique du gouvernement et de la préparation de nouvelles mesures d’austérité, cette colère ne fera qu’augmenter.

  • Sécurité à la SNCB: les travailleurs menaient une action sur les quais à Vilvoorde

    Vendredi en soirée, à partir de 19h, quelques 130 travailleurs de la SNCB se sont réunis sur les quais de la gare de Vilvoorde pour protester contre le manque de sécurité. En effet, les dernières semaines deux travailleurs ont été victimes d’agressions. Dans le communiqué belga la FGTB explique: “L’objectif de l’action est d’exprimer de façon pacifique notre mécontentement à l’égard d’une politique anti-agression de la SNCB inefficace”.

    Par Nico M. (Bruxelles)

    Ce que les accompagnateurs présents sur les quais de Vilvoorde expliquent c’est qu’ils s’opposent à la politique de la direction en matière de sécurité. Ils appuient ‘‘le contrôle social’’, c’est à dire du personnel d’encadrement et d’accompagnement plus nombreux. Or, ce que la direction fait à l’heure actuelle, c’est tout le contraire : elle assainit le service public de transport ferroviaire. Du coup, des postes d’accompagnateurs sautent et des guichets ferment, ce qui mine ce contrôle social nécessaire pour garantir la sécurité du personnel mais aussi des usagers.

    A l’heure actuelle il manquerait 2000 équivalents temps plein par rapport aux accords du secteur. Outre la sécurité dans les gares et dans les trains, c’est le service public qui est menacé. En assainissant, la direction réduit les coûts, rentabilise le service et prépare ainsi sa libéralisation. Aujourd’hui, on parle surtout de la libéralisation du transport de marchandise mais, à terme, la volonté des politiciens traditionnels est de s’aligner sans broncher sur les directives européennes. Augmentation des tarifs, économies sur l’entretient et la sécurité pour réduire les coûts, moins bonnes conditions de travail,… sont les conséquences des libéralisations dans les autres pays.

    Nous devons revendiquer – personnel et usagers ensemble – un refinancement public du transport public opposé aux assainissements. Nous ne voulons pas payer pour leur crise en bradant nos services publics ! Plus de personnel pour plus de sécurité ! Les travailleurs doivent pouvoir travailler dans la confiance, et les voyageurs voyager sereinement.

  • Van Quickenborne à l’offensive contre les cheminots !

    Van Quickenborne part à la chasse contre les retraites au Parlement. Que signifie ce projet de Loi pour le personnel du rail ?

    Comme pour beaucoup d’autres, cela signifie de travailler plus longtemps, pour une pension plus petite.

    Le personnel roulant pourra partir à 57 ans, après 32 ans de service. Aujourd’hui, on peut partir à 55 ans, après 30 ans de services. Le personnel sédentaire pourra quitter le travail à 62 ans, après avoir eu une carrière de 40 ans, contre 60 ans actuellement, après 35 ans de carrière. Le problème, c’est plus principalement ce second point. Quelqu’un qui, par exemple, a travaillé 7 ans dans l’Horeca et 25 ans aux guichets peut, selon le système actuel, partir à 60 ans. Si cette réforme des pensions réussi à passer, il ne pourra partir qu’à 65 ans.

    Aujourd’hui, notre pension calculée sur le ‘’salaire final’’. Le gouvernement veut prendre pour base la moyenne des dix dernières années, un énorme retour en arrière, alors que nous perdons déjà en pouvoir d’achat malgré l’index et la péréquation. Par ailleurs, l’interruption volontaire de carrière ne sera plus comprise que pour un an maximum dans le calcul de la pension.

    Outre les économies déjà prévues dans la SNCB, 300 millions d’euros vont à nouveau être coupés. Cela, en plus des 650 postes qui vont déjà être supprimés dans les ateliers, des près de 2000 postes consécutifs à la centralisation des aiguillages, aux 200 dus à la fermeture de guichets, et de la suppression de 130 trains. Et encore en plus de la préparation de la vente au privé du fret.

    La réaction des cheminots et cheminotes doit faire boule de neige dans le reste du secteur public. Elle doit aussi s’étendre au privé. C’est une bonne impulsion à la mobilisation pour la grève générale du 30 janvier 2012.

    Informer, sensibiliser, mobiliser… pour préparer la grève générale du 30 janvier !

    Van Quickenborne parle d’un train d’assainissements. Il s’y connait pourtant peu en matière ferroviaire, c’est très clair au vu de sa proposition visant à s’attaquer aux pensions des machinistes. Avec lui au volant, pas besoin de signalisation, il y va franchement.

    Les syndicats des services publics, cheminots en tête, entrent en résistance, peut-être même pour plusieurs jours. Espérons que les choses n’en resteront pas là et qu’une nouvelle date arrivera pour à nouveau mobiliser les services publics, plus de 3 jours à l’avance. Ce serait une excellente préparation pour la grève générale, secteurs privé et public confondus, du 30 janvier.

    Avant le 2 décembre, les métallos FGTB Wallonie-Bruxelles avaient communiqué un plan d’action capable de stopper l’avalanche d’assainissements. Par la voix de leur président Nico Cué, cette proposition comprenait une grève générale de 24 heures en janvier et, si le gouvernement n’écoute pas, de 48 heures en avril et si nécessaire de 72 heures en juin. C’était encore avant que Van Quickenborne aie ouvert les hostilités. Il faudra probablement revoir le calendrier, mais le principe reste valable, bien qu’il faille probablement déjà planifier la grève de 48 heures en février ou mars et celle de 72 heures non pas juste avant l’été, mais beaucoup plus tôt.

    Les syndicats doivent négocier, mais pas sans tenir un bon bâton derrière leur dos, avec une campagne d’information dans les entreprises afin de discuter des conséquences des mesures gouvernementales pendant des arrêts de travail et où on peut démocratiquement préparer les actions. Avec des journées d’actions, des grèves et des manifestations régionales et sectorielles, en préparation d’une série de grèves générales allant crescendo. Nous pensons que le message central à faire passer devrait être : nous n’avons pas provoqué la crise, nous ne la payerons pas!

     
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  • Les chemins de fer sous pression – le personnel à l’offensive !

    Ces derniers temps, le personnel de la SNCB a lancé plusieurs actions et appels à la grève. Les mesures d’assainissement se multiplient et menacent tous les domaines, mais la résistance se développe. Pour contrer ces mesures antisociales, le personnel ne se contente pas toujours de suivre les directives des syndicats; la colère est grande parmi la base, et cette colère s’exprime dans des actions spontanées. Lutte Socialiste a interviewé deux militants combatifs.

    Quelle est la situation à la SNCB ? D’où proviennent toutes ces actions ?

    ‘‘Actuellement, il y a des préparations d’attaques contre le personnel de la SNCB, et ce à chaque niveau. Tant les politiciens traditionnels que la direction s’y préparent. Ces plans menacent non seulement les conditions de travail et les emplois des cheminots, mais aussi l’existence de la SNCB en tant que service public abordable. Tout est fait pour que la SNCB devienne une entreprise rentable et concurrentielle, ce qui va directement à l’encontre des intérêts du personnel et des passagers.’’

    ‘‘Les mesures d’austérité les plus drastiques visent actuellement surtout le transport de marchandises. Il est donc logique que c’est ce secteur que nous défendons le plus en ce moment. Une partie de la direction syndicale considère le transport de marchandises comme une cause perdue, nous savions donc très bien que si nous voulions que les choses bougent, il fallait les prendre en main nous-mêmes.’’

    Comment avez-vous mis la lutte en route ?

    ‘‘Cela a été un travail de longue haleine. Durant la période calme, nous nous sommes préparés pour cette lutte qui apparaissait inévitable. Nous avons organisé des réunions avec des militants de tous les syndicats durant lesquelles nous avons constamment mis l’accent sur la nécessité de lutter. C’était important afin que ces réunions aient vraiment un sens et ne conduisent pas simplement à des renégociations. C’était aussi de bonnes occasions pour discuter avec nos collègues et nous préparer ainsi au combat à venir.’’

    ‘‘La SA Logistics a organisé des séances d’information dans des hôtels pour présenter ses nouvelles mesures. En fait, le but était de prendre les travailleurs individuellement et de leur mettre la pression pour qu’ils acceptent ces nouvelles conditions de travail impraticables. Ces séances ont mis le feu aux poudres. La colère parmi la base était énorme, et le développement des actions s’est alors accéléré.’’

    ‘‘Les actions et les piquets de grève ont été l’occasion de constater la grande combativité et l’implication de chacun. A l’un des piquets, des représentants de la direction se sont déplacés afin d’avoir une conversation avec quelques responsables. Nous avons refusé et leur avons demandé de s’adresser à tout le monde. Leurs positions et leurs discours ont encore renforcé la détermination au piquet.’’

    Envisagez-vous de poursuivre la lutte?

    ‘‘Absolument. Lorsque nous sommes confrontés à des attaques de cette ampleur, nous n’avons pas d’autre choix que de lutter. Nous sommes au pied du mur. Les piquets et les actions que nous avons organisés nous ont donné l’occasion de discuter avec nos collègues des mesures et de leurs conséquences.’’

    ‘‘Mais il est crucial d’établir un plan d’action. Il faut avoir des perspectives pour la lutte. Si nous sentons que les actions ne servent qu’à laisser échapper un peu de vapeur pour nous faire finalement accepter les mesures d’austérité, alors elles n’ont pas lieu d’être. Beaucoup de travailleurs ont maintenant le sentiment d’avoir leur propre lutte en main et de pouvoir pousser la direction syndicale dans la bonne direction.’’

    ‘‘Pour obtenir des résultats, nous devons discuter de la meilleure façon de mener la lutte. Nous croyons qu’il sera également nécessaire de regarder au-delà de nos frontières. La Belgique n’est pas le seul pays où les chemins de fer sont attaqués, et elle n’est pas non plus le seul pays où la résistance s’organise. Les grèves générales dans d’autres pays montrent l’exemple, nous avons besoin d’une résistance unifiée en Europe contre les mesures imposées par les autorités européennes. Il n’y a que de cette façon que nous pourrons obtenir des résultats.’’

    Quelles sont vos demandes spécifiques sur le long terme ? Quels résultats voulez-vous obtenir ?

    ‘‘Bien sûr, nous nous opposons aux projets d’assainissements proposés. Nous ne voulons pas d’assainissements dans nos emplois et nos conditions de travail, ni dans les services aux usagers. Nous voulons inverser la tendance actuelle de la libéralisation pour que la SNCB puisse devenir un vrai service public.’’

    ‘‘Pour cela, il faut se concentrer sur ce qui est nécessaire dans la société et ensuite faire correspondre l’offre aux besoins, afin d’être plus efficaces. Par exemple, pendant l’été, les locomotives et leurs conducteurs pourraient être affectés au transport de personnes. Durant cette période, il y a moins de marchandises et davantage de touristes. Ces mesures on ne peut plus logiques sont inapplicables à l’heure actuelle, en conséquence directe de la libéralisation.’’

    ‘‘Le fractionnement infini des services d’organisation (ateliers, transport de marchandises,…) conduit à des pertes importantes. Il faut comprendre que la politique libérale consistant à faire plus avec moins n’est pas seulement absurde mais aussi dangereuse. C’est une menace pour les conditions de travail et aussi pour la qualité des services et leur sécurité. Il faut à tout prix s’y opposer.’’

    Quel rôle les militants individuels peuvent-ils jouer dans la lutte ?

    ‘‘Ils peuvent jouer un très grand rôle. C’est pour cela que nous voulons réintroduire certaines traditions du mouvement ouvrier. Les piquets par exemple sont l’occasion idéale pour discuter avec les collègues et décider de l’avenir de la lutte. Cela nous donne aussi l’occasion de discuter avec d’autres travailleurs.’’

    ‘‘La tradition de solidarité avec d’autres secteurs doit aussi être réintroduite. Nous ne sommes pas les seuls à être menacés. Jetez un coup d’œil à l’enseignement, aux soins de santé,… Là aussi, il y aura des luttes. Espérons que des mouvements se développeront de façon combative. Car c’est uniquement par la lutte qu’on peut espérer gagner. Une lutte unifiée sera d’une importance cruciale pour mettre fin à tous les assainissements.’’

    Merci pour l’interview, et bon succès dans la lutte !